A la mi-décembre 2024, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) de Paris 2024 avait annoncé un excédent budgétaire de quelques 26,8 millions d’euros, confirmant alors les bons chiffres et le succès de cette édition de l’événement planétaire. In fine, ledit excédent s’établira au moins à 76 millions d’euros.

Alors que les semaines approchent avant la liquidation officielle du COJO de Paris 2024, la tenue de l’ultime Conseil d’administration, programmée pour le 17 juin 2025, permettra d’annoncer un excédent budgétaire par-delà les prévisions et au-dessus de ce qui avait été présenté en fin d’année 2024.
De fait, l’excédent sera de l’ordre de 76 millions d’euros au minimum. Une situation qui s’explique par une gestion budgétaire rigoureuse et par les ajustements opérés au fil des mois.
Ainsi que l’a fait savoir en fin de semaine, Fabrice Lacroix, Directeur Administratif et Financier de Paris 2024, qui est l’un des seuls dirigeants encore en poste depuis la fin des Jeux et le démantèlement progressif de l’instance organisatrice :
A l’époque, on était très loin d’avoir terminé nos négociations de clôture avec beaucoup de nos fournisseurs.
De nombreux sujets ouverts, des demandes d’ajustement des contrats, qui pour certains étaient élevées, nous avions donc fait des provisions que nous avons progressivement libérées.
On a passé ces derniers mois à négocier et on a globalement eu de bonnes nouvelles, sur le taux de change, sur les placements, sur les paiements de billetterie ou encore la fin des produits sous licence.
Une bonne nouvelle pour les organisateurs, sachant que l’annonce de décembre 2024 portait sur 26,8 millions de surplus, soit déjà un résultat positif et appréciable tant du côté du COJO que du Comité International Olympique (CIO) qui veille désormais à ce que les efforts des organisateurs permettent de limiter le risque déficitaire.
Avec un tel excédent, Paris 2024 s’apprête à clôturer ses comptes dans le vert, avec dans le détail, des dépenses ayant atteint 4,418 milliards d’euros et des revenus engrangés à hauteur de 4,494 milliards d’euros.
Comme l’a exposé Tony Estanguet, Président du COJO, récemment revenu à la table du CIO :
76 millions d’euros de boni, c’est une excellente nouvelle. Le chiffre n’est pas définitif, définitif, on aura une copie finale dans quelques mois.
C’est de l’argent qui va au sport. C’est un héritage pour le sport. Un héritage très important dans un contexte budgétaire que l’on sait très difficile.
[…] On a toujours été animés par le double objectif de réussir de grands Jeux, des Jeux exceptionnels, et d’avoir l’objectif de l’équilibre.

Dans les faits, 20% de la somme évoquée – soit 15,2 millions d’euros – seront versés au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) à l’heure où l’instance tricolore se trouve dans une situation particulière, entre critiques ouvertes des orientations budgétaires du gouvernement et arrivée prochaine à sa tête de l’ancienne Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra.
Au-delà, 60% seront fléchés vers le Fonds de dotation de Paris 2024 qui accompagne des projets de développement du sport en France et qui est géré par les membres fondateurs, à savoir le CNOSF, le Comité Paralympique et Sportif Français, l’État, la Ville de Paris, la Région Île-de-France, et le Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis, ce qui représente une bagatelle de 45,6 millions d’euros.
Conformément aux dispositions du Contrat Hôte signé en 2017, les 20% restants reviendront enfin au CIO qui en décidera de l’utilisation ultérieure.
En considérant que l’institution de Lausanne (Suisse) a pour habitude de reverser sa part au territoire hôte des Jeux, une partie au moins des 15,2 millions d’euros pourrait dès lors être réinjectée dans la perspective de l’organisation des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 dont l’attribution a été actée l’an passé.
Ainsi que l’a par ailleurs souligné celui qui est à présent membre de la Commission de Coordination des Jeux de Los Angeles 2028 :
Le Fonds de dotation a décidé de pouvoir accompagner des projets avec trois grands objectifs : célébrer les Jeux de Paris 2024 ; accompagner le développement de projets initiés par Paris 2024 (Journée Paralympique, Savoir Nager, etc.) ; accompagner les athlètes, acteurs-clés des Jeux.
Le financement de la vasque qui retrouvera le ciel de Paris à partir du 21 juin entre dans le premier enjeu de célébrer les Jeux dans les prochaines années.
Concernant spécifiquement le sujet de la vasque, la réinstallation de celle-ci dans le Jardin des Tuileries au cours des trois prochaines saisons estivales se traduira par un effort budgétaire de 10 millions d’euros.
Sur cette enveloppe, 5 millions proviendront directement du Fonds de dotation de Paris 2024, l’autre moitié étant apportée par des contributeurs privés, au premier rang desquels, « EDF », qui fut l’un des Partenaires Premium des Jeux de Paris 2024 et un acteur du dispositif entourant la logistique de la vasque.

Après avoir œuvré depuis 2017 aux préparatifs de livraison des sixièmes Jeux Olympiques en France – après les rendez-vous de Paris 1900, Paris 1924 (été), Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992 (hiver) – et de la toute première édition des Jeux Paralympiques d’été orchestrée dans l’Hexagone, le COJO de Paris 2024 est aujourd’hui sur le point de fermer ses portes.
La réunion du dernier Conseil d’administration – qui actera l’excédent précité – précédera de peu la dissolution de la structure du COJO. Une mission confiée entre les mains du liquidateur judiciaire « BTSG ».
Si le nombre de salariés a considérablement baissé depuis la fin des Jeux, et encore davantage depuis le déménagement des locaux de PULSE en Seine-Saint-Denis en direction de bureaux situés dans le 18e arrondissement de la capitale, la fermeture effective du COJO s’engagera le 30 juin 2025 avec une dizaine de personnes à bord, parmi lesquelles Fabrice Lacroix qui ne quittera toutefois pas de sitôt la sphère des Jeux.
Présent au sein du COJO de Paris 2024 depuis le mois de mars 2018, il rejoindra en effet l’organisation des Jeux des Alpes françaises 2030, et plus particulièrement le Comité d’audit de l’instance.
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