Avec la présentation d’un budget excédentaire, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) de Paris 2024 confirme le succès de l’événement planétaire, grâce notamment à une forte dynamique des recettes de billetterie et à un rehaussement des revenus issus du sponsoring.

Au sortir des Jeux de Tokyo 2020, repoussés d’une année en raison de la survenance de la pandémie mondiale de Covid-19, le Comité International Olympique (CIO) avait déjà les yeux rivés sur l’édition tricolore de Paris 2024, espérant alors ne conserver qu’un lointain souvenir de cette période d’une inédite complexité avec une gestion de crise hors normes.
Trois ans plus tard, l’institution olympique a de quoi être satisfaite et son Président, Thomas Bach, a de quoi avoir le sourire, lui qui quittera ses fonctions en juin prochain.
Les Jeux de Paris 2024 ont en effet permis un sursaut majeur pour l’audience de l’événement planétaire et pour l’attractivité sportive de celui-ci, avec un record pour la billetterie olympique et un intérêt particulièrement poussé pour la billetterie paralympique.
Les spectaculaires images des stades et arénas affichant une ferveur populaire massive – avec souvent le concours de sites patrimoniaux à la renommée mondiale comme la Tour Eiffel ou le Château de Versailles – sans compter aussi la magie offerte par la vasque olympique trônant au-dessus du Jardin des Tuileries, ont également contribué à faire de l’édition 2024 une réussite.
Pour les organisateurs, les mois ont passé, les équipes ont été en grande partie dissoutes et le Comité a déménagé de la Seine-Saint-Denis et l’imposant immeuble PULSE, pour gagner des locaux de moindre envergure dans la capitale et ce, afin d’assurer le suivi des affaires courantes et in fine la dissolution de la structure.
Avant cela néanmoins, les organisateurs et les parties prenantes aux Jeux ont tenu, jeudi 12 décembre 2024, un Conseil d’administration au siège de la Maison du Sport Français (13e arrondissement de Paris) pour adopter le budget pluriannuel final du projet.
Un exercice attendu et forcément lourd de sens, d’autant plus lorsque l’on sait les critiques qui ont pu être portées à l’endroit des Jeux et des préparatifs au cours des sept dernières années.
Aussi, ledit Conseil d’administration a dévoilé une cinquième et ultime révision budgétaire présentant un excédent d’au moins 26,8 millions d’euros, avec des revenus de l’ordre de 4,4807 milliards d’euros pour des dépenses établies à 4,4539 milliards d’euros. Ce calcul a été rendu possible grâce à la prise en compte des recettes certaines et des dépenses possibles, comprenant même celles qui n’ont pas encore été engagées.
Comme l’a sur ce point fait savoir le COJO :
Le dernier budget de Paris 2024 comprend ainsi un dispositif de provisionnement protecteur constitué pour couvrir les derniers risques résiduels et aléas potentiels.
Tout ou partie pourra être libéré à la liquidation du Comité d’Organisation et venir enrichir l’excédent présenté à date.

Les chiffres ainsi révélés reposent grandement sur le succès de la billetterie, élément essentiel des recettes, tout comme le poids – inédit à cette échelle en France – des partenariats noués au fil des ans entre le COJO et pas moins de 69 sponsors selon des degrés d’engagement plus ou moins marqués.
De fait, avec un global de 12,1 millions de billets écoulés pour les Jeux Olympiques et Paralympiques, l’édition des Jeux de Paris 2024 s’est inscrite au sommet de la hiérarchie des Villes Hôtes.
Ce succès se retrouve bien entendu dans le montant du chiffre d’affaires prévisionnel qui, avec 1,489 milliard d’euros, dépasse de quelques 348 millions d’euros l’objectif de recettes de billetterie et d’hospitalité présenté durant la phase de candidature.
De surcroît, l’objectif du Programme des Partenaires a été dépassé de 150 millions d’euros – notamment grâce à la venue de « LVMH » comme Partenaire Premium à l’été 2023 – pour atteindre la bagatelle de 1,238 milliard d’euros.
Certes, ce montant n’est en rien comparable avec le record enregistré par Tokyo 2020 au-delà des 3 milliards d’euros dès l’été 2016. Il n’empêche, il inscrit Paris 2024 comme l’événement organisé sur le sol français ayant permis d’amasser la plus vaste enveloppe de sponsoring.
En considérant dès lors ces données issues des recettes de billetterie et de partenariats, le COJO a pu intégralement couvrir les dépenses supplémentaires qui ont dû être engagées à mesure de l’approche de l’événement.
Concernant d’ailleurs les dépenses supplémentaires de Paris 2024, la révision régulière du budget et l’adaptation non moins régulière du projet ont permis de limiter la hausse à 17% par rapport au budget d’organisation prévisionnel défini durant la candidature.
Cette hausse est ainsi, selon le COJO, la plus faible jamais enregistrée par un Comité d’Organisation des Jeux de l’ère moderne entre la phase de candidature et la livraison effective de la manifestation.

La satisfaction est d’autant plus grande pour Paris 2024 que la moitié au moins des dépenses complémentaires consenties l’ont été eu égard aux répercussions de l’inflation survenue après la crise sanitaire et ce, alors même que le COJO devait encore dépenser près de 90% de son budget.
Au-delà du contexte économique, les autres postes majeurs de dépenses supplémentaires sont à retrouver du côté de la sécurité, avec une adaptation à l’aune de l’aggravation des menaces. Indépendamment des moyens mobilisés par l’État pour encadrer les Jeux, les dispositifs de sécurité à la charge du COJO sur les sites ont ainsi été rehaussés de 100 millions d’euros par rapport aux projections initiales – soit un niveau que Paris 2024 estime dix fois supérieur à celui de Londres 2012 – pour un global au-dessus des 300 millions d’euros.
En outre, la révision du projet a aussi eu des conséquences sur l’afflux de dépenses supplémentaires, en particulier autour de la mise en place d’initiatives comme le « Marathon pour tous » ou l’établissement du « Parc des Champions » au Trocadéro pour célébrer les médaillés et surtout de la tenue des Cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques au cœur de Paris, le long de la Seine pour la première et sur la Place de la Concorde pour la seconde.
En considérant l’organisation des quatre Cérémonies, l’enveloppe dédiée se situe à hauteur de 154 millions d’euros, bien au-dessus des prévisions de départ tablant sur une tenue dans le seul cadre du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Comme le justifie cependant le COJO, ce choix d’organisation en dehors d’un stade et dans un périmètre aussi large a permis d’attirer d’ultimes sponsors et de renforcer l’enthousiasme autour des Jeux avec, pendant l’événement, un accroissement important des demandes de billets.
Pour preuve, Paris 2024 a fait savoir qu’au lendemain de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques génératrice à elle-seule d’un gain de plus de 100 millions d’euros de billetterie – Cérémonie marquée par le retour triomphale de l’icône de la musique, Céline Dion, depuis le premier étage de la Tour Eiffel – les ventes de billets ont grimpé de 26% pour les épreuves olympiques et même de 83% pour les compétitions paralympiques.
Les hausses de recettes compensent bien sûr les dépenses. Elles compensent aussi des prévisions ambitieuses qui n’ont pas pu être atteintes, à l’image des revenus engendrés par la vente de produits sous licence qui ont permis au COJO d’amasser 80 millions d’euros contre 130 millions projetés au départ, bien que le succès desdits produits ait été sans équivalent jusqu’alors en France.

Quoiqu’il en soit, avec un excédent de cette nature – propre aux résultats du COJO et qui ne tient pas compte des investissements réalisés par les pouvoirs publics tant sur le plan local que régional – le Comité d’Organisation de Paris 2024 sera en mesure, au moment de sa liquidation plus tard cette année, de reverser les près de 27 millions d’euros susvisés au bénéfice du sport français, comme un témoignage supplémentaire de l’héritage des Jeux.
Sur cette enveloppe, et comme le prévoit le Contrat Ville Hôte signé après la désignation de Paris 2024, 60% iront vers des projets de développement du sport dans le pays, tandis que 20% iront dans les caisses du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), soit un niveau équivalent à celui reversé au CIO qui devrait toutefois le réorienter pour des initiatives sportives dans l’Hexagone.
Paris 2024 pourra également rétrocéder – indépendamment de l’excédent évoqué précédemment – quelques 9 millions d’euros au CNOSF qui devrait en diriger un million à destination du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF).
La révélation de l’excédent budgétaire assure en outre l’absence de recours à une rallonge de financements de la part des pouvoirs publics, sachant que ces derniers avaient provisionné une enveloppe dont pouvait encore se servir Paris 2024 pour 43 millions d’euros environ.
Ainsi, au regard du succès de la billetterie paralympique, Paris 2024 n’aura pas à appeler la garantie de 12 millions d’euros que l’État lui avait accordé en cas de mauvais résultat sur ladite billetterie, tout comme il n’aura pas à appeler la garantie de 13 millions d’euros elle-aussi accordée par l’État concernant les recettes de loterie.
Outre ces garanties de l’État, Paris 2024 n’aura pas non plus à activer les subventions complémentaires prévues par la Ville de Paris pour 7,5 millions d’euros, la Région Île-de-France et la Métropole du Grand Paris pour 5 millions d’euros chacune.
Si l’on considère en tout cas la part des subventions publiques allouées au COJO et intégralement fléchées vers le financement des Jeux Paralympiques, ces dernières s’établissent à un niveau global de 204,1 millions d’euros, soit moins de 5% du budget d’organisation.

Les mois à venir devraient permettre de connaître le montant global de l’effort budgétaire réalisé en lien avec les Jeux de Paris 2024, par-delà les seuls engagements du Comité d’Organisation.
En juin 2022, près d’un an après la tenue des Jeux reportés de Tokyo 2020, les organisateurs nippons avaient présenté une facture de l’ordre de 1,423,8 milliards de yens, soit à l’époque, 13 milliards de dollars ou, en considérant le taux de change, 9,97 milliards d’euros.
Le Comité d’Organisation de Tokyo 2020 (TOCOG) avait à lui seul présenté un budget de 5,8 milliards de dollars.
Sur ce montant, Tokyo 2020 avait déboursé plus de 900 millions de dollars pour l’aménagement des sites temporaires, 300 millions pour les transports des athlètes et des officiels, ou encore 200 millions de dollars pour la sécurité des sites sportifs accueillant les Jeux.
Les opérations liées à l’événement avaient quant à elles généré des dépenses de 1,4 milliard de dollars, tandis que les opérations de marketing avaient mobilisé la somme de 1,2 milliard de dollars. Parmi les autres postes de dépenses, la gestion énergétique des sites avait de son côté eu un poids de 100 millions de dollars.
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