La Seine-Saint-Denis ne sera pas la seule bénéficiaire des bassins olympiques des Jeux de Paris 2024. L’une des structures ayant abrité les entraînements des compétiteurs l’été dernier sera en effet prochainement agencée à Lille (Nord, Hauts-de-France) où une Piscine Municipale modulable est en cours de construction.

Après avoir vibré au rythme des Jeux de Paris 2024 avec l’accueil de matchs dans le cadre des tournois olympiques de handball et de basketball au sein du Stade Pierre Mauroy, le Département du Nord s’apprête à recevoir dans les prochains mois l’un des bassins utilisés pour l’entraînement en marge des épreuves de water-polo, de natation synchronisée et de plongeon.
Implanté à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au niveau du Centre Aquatique Olympique jouxtant le Stade de France, ledit bassin de 50 mètres de long pour 25 mètres de large s’intégrera en effet à une nouvelle piscine dont la Ville de Lille a récemment engagé la construction sur le Boulevard de Strasbourg.

Destinée à répondre au double objectif de pallier les besoins locaux après la fermeture de la vieillissante piscine Marx Dormoy édifiée en 1972 et d’offrir un équipement flambant neuf à la population – et notamment aux scolaires – la future Piscine Municipale se distinguera par sa conception pensée pour être modulable.
Dans un souci de gestion des deniers publics d’une part et de réduction de l’impact environnemental d’autre part, la « Capitale des Flandres » a ainsi fait le choix d’une structure qui sera démontable et réutilisable.
La construction de l’ouvrage mobilisera d’ailleurs des matériaux réemployables, l’ossature étant planifiée en aluminium, tandis qu’une toiture en textile tendue sera installée pour coiffer l’édifice qui comprendra en son cœur – outre le bassin olympique doté de 10 lignes d’eau pour une profondeur de 2 mètres – des gradins, des vestiaires, des plages, ainsi que des espaces techniques et des bureaux.
La question de la durabilité passera également par le raccordement de la piscine au réseau de chaleur urbain et par l’utilisation d’un système de récupération et de traitement des eaux usées du bassin, l’ouvrage devant aussi intégrer une ventilation naturelle pour assurer la régulation thermique du site.

Alors que la cérémonie de pose de la première pierre a eu lieu ce jeudi 05 juin 2025, en présence notamment du Maire de Lille, Arnaud Deslandes, du Vice-Président de la Métropole européenne de Lille, Eric Skyronka, mais également du Vice-Président de la Région, Antoine Sillani, et du Préfet de Région, Bertrand Gaume, l’installation du bassin olympique devrait intervenir à la fin de l’été.
De septembre à octobre 2025, l’ouvrage sera ainsi assemblé in situ, avant que les travaux de second œuvre portant sur les aménagements intérieurs et les divers éléments techniques ne s’opèrent entre la fin de l’année et le printemps 2026.
A cette échéance, la piscine sera livrée et prendra le nom de Camille Muffat, Championne Olympique de natation tragiquement disparue dans un accident d’hélicoptère en 2015.
Avec l’aménagement de ce nouvel équipement, le territoire de la métropole lilloise s’apprête en tout cas à faire vivre une part de l’héritage des Jeux d’été de Paris 2024.
Des Jeux qui se sont déroulés vingt ans après l’édition visée par Lille qui, dans le courant de la décennie 1990 fut choisie par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) au détriment de Lyon (Rhône) pour tenter d’obtenir l’organisation des JO 2004.

Si la ville fut écartée de la course par le Comité International Olympique (CIO) qui désigna in fine Athènes (Grèce), le concept alors développé faisait la part belle à une mobilisation régionale selon une approche sans doute avant-gardiste pour l’époque.
Parmi les sites envisagés, la Piscine Marx Dormoy précitée aurait été consacrée aux épreuves de plongeon, ainsi qu’à l’accueil du tournoi olympique de water-polo.
Une rénovation de l’ouvrage fut évoquée dans le dossier de candidature, avec des travaux projetés au cours du second semestre 2003 pour un coût prévisionnel de 25,6 millions de dollars, dont 1,9 million à la charge du Comité d’Organisation des Jeux.
Comme l’avait énoncé à l’époque la candidature lilloise au sujet de la piscine existante :
Réhabilitée et dotée d’un nouveau bassin de plongeon, elle offrira aux habitants des quartiers environnants, aux universités de la ville, lycée, collèges et écoles primaires, aux clubs et ligues régionales, une infrastructure permettant de nombreuses disciplines aquatiques et l’accueil de compétitions régionales et nationales.

Cette réhabilitation – illustrée par des croquis joints au dossier de candidature – aurait permis de disputer les compétitions avec une jauge fixée à 5 270 places.
Pour compléter ce dispositif aquatique, la candidature lilloise avait en outre proposé la construction d’une piscine pérenne de 12 000 places au sein du Parc Olympique imaginé à Villeneuve d’Ascq.
Le site – largement vitrée et ouvert sur l’environnement paysager adjacent – aurait alors pu recevoir les compétitions de natation et de natation synchronisée.
Ainsi que l’avait exposé la candidature concernant le projet évalué à 95,6 millions de dollars au moment de sa présentation :
La piscine olympique, destinée aux compétitions régionales, nationales et internationales, accueillera, durant l’année scolaire, les étudiants des universités et lycéens de Villeneuve d’Ascq et tous les habitants de la métropole lilloise.
Celle-ci, dotée de multiples accompagnements ludiques, sera particulièrement appréciée par sa qualité environnementale, son accessibilité, sa transparence et ses diverses possibilités scéniques extérieures.
La gestion de cette piscine fera l’objet d’une attention particulière.
La défaite de la candidature de Lille porta néanmoins un coup de frein à l’ambition aquatique incarné par ce double projet qui aurait pu doter la France d’un site olympique de grande capacité pour la natation.
Après les errements ayant suivi la défaite de Paris 2012, il faudra finalement attendre l’attribution des Jeux de Paris 2024 pour enfin voir émerger dans l’Hexagone un équipement sportif en mesure d’abriter des compétitions européennes ou internationales, avec la construction du Centre Aquatique Olympique à Saint-Denis.
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