Tandis que les Alpes françaises 2030 s’enfoncent chaque semaine davantage dans la crise – entre incapacité à établir à date le Comité d’Organisation et problématiques majeures en suspens – le dossier de Salt Lake City – Utah 2034 offre au contraire une image et un cadre de travail bien plus aboutis.

Désigné le 24 juillet 2024 pour être Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques dix années plus tard, Salt Lake City – Utah 2034 n’entend pas perdre de temps.
Comme ils l’ont démontré durant la phase de candidature, les porteurs du projet américain sont en effet déterminé à établir les priorités et à agencer au fur et à mesure les préparatifs d’organisation de l’événement hivernal qui fera son retour aux États-Unis, trente-deux ans après l’édition des JO 2002 et six ans après l’orchestration des Jeux d’été de Los Angeles 2028.
Aussi, les semaines à venir permettront aux organisateurs d’amorcer des étapes capitales, avec en particulier l’instauration du Comité d’Organisation des Jeux (SLOC).
Ce dernier devrait être piloté – sauf surprise et au moins dans un premier temps – par Fraser Bullock, Directeur Général de la candidature et déjà à la manœuvre au sein des Jeux de Salt Lake City 2002 en sa qualité alors de Directeur des Opérations et Directeur Financier, soit le bras droit de Mitt Romney qui présidait à l’époque l’instance organisatrice.
Pour le Comité International Olympique (CIO), la structuration à venir est évidemment des plus appréciées, d’autant plus en considérant les errements relevés sur les préparatifs de Milan-Cortina 2026 et les hésitations persistantes autour des Alpes françaises 2030.
D’ailleurs, l’annonce de la composition du SLOC pourrait coïncider ou en tout cas succéder à la venue dans l’Utah de représentants de l’institution olympique.

Une délégation conduite par Christophe Dubi, Directeur Exécutif des Jeux Olympiques au sein du CIO doit en effet se rendre sur place les 13 et 14 février 2025 pour rencontrer les leaders de SLC-Utah 2034 et s’entretenir avec ces derniers quant aux prochains paliers à franchir.
Une chose est sûre : la confiance est pleinement de mise. Le CIO ne s’en cache pas, et Christophe Dubi n’en fait pas mystère.
Ainsi que l’a notamment affirmé cette figure du CIO dans une récente interview pour le quotidien « Deseret News ».
[Les organisateurs des Jeux de 2034 sont dans] une situation très inhabituelle. Nous avons devant nous une période de près de dix ans.
Nous avons très peu à faire concernant les fondamentaux des Jeux, c’est-à-dire les sites. Nous sommes dans une situation parfaite.
Au-delà de ce témoignage d’enthousiasme, Christophe Dubi a insisté sur la nécessité de travailler le temps long, en évoquant de facto l’établissement de priorités dépassant le cadre strict de l’organisation des Jeux.
Une façon de préparer l’héritage de l’événement avant même la tenue de celui-ci et alors que la majeure partie du concept olympique et paralympique de SLC-Utah 2034 repose sur la réutilisation des infrastructures héritées des JO 2002.
Comme il l’a déclaré :
Nous avons maintenant des conversations régulières sous toutes les formes [concernant le futur Comité d’Organisation].
Quels sont les premiers programmes que nous allons mettre en place pour impliquer les communautés et les jeunes en particulier ? Il est urgent d’attendre en ce qui concerne l’organisation des Jeux.

Tout en tenant compte de la marge de manœuvre calendaire somme toute conséquente offerte aux organisateurs, la perspective ainsi tracée se veut également un message adressé aux Futurs Hôte dans leur globalité, sachant que le CIO pourrait être amené ces prochaines années à installer les JO 2036 et 2038 avec peu ou prou une décennie d’avance. Voire même davantage encore.
A l’instar de la double désignation opérée pour les Alpes françaises 2030 et SLC-Utah 2034, lors de la 142e Session du CIO l’an passé, l’institution de Lausanne (Suisse) pourrait bien se réserver le droit de renouveler l’expérience, avec une double attribution qui n’est pas à exclure pour les éditions estivales 2036-2040.
Eu égard à l’adoption et à la mise en application progressive des réformes insufflées par Thomas Bach, dont le second et dernier mandat à la tête du CIO s’achèvera dans les semaines qui viennent, la Maison olympique se doit en conséquence de se mettre en quête d’un double objectif.
Celui-ci passe à la fois par le désir de sanctuariser les Jeux – et le modèle de ces derniers – sur un espace-temps déterminé par souci de sécurité logistique et financière, et par l’impérieuse nécessité d’accompagner plus en profondeur les organisateurs qui se retrouvent in fine à devoir gérer un calendrier inédit qui peut s’apparenter à un saut dans l’inconnu.
Une désignation par-delà le créneau jusqu’alors fixé de sept années peut en effet constituer aussi bien une aubaine pour les organisateurs qu’un véritable challenge.
Si certains peuvent vouloir engager les préparatifs dans un délai appréciable – aussi pour lisser les investissements – d’autres en revanche peuvent d’une certaine façon se perdre dans les priorités à mettre en place.
A titre d’exemple, le projet de Salt Lake City – Utah 2034 apparaît immanquablement positionné dans la première catégorie, le dossier estival de Brisbane 2032 – désigné Hôte dès 2021 – étant en revanche plus orienté dans la seconde.

A l’évidence, avec un partenaire aussi préparé que Salt Lake City, le CIO sait déjà qu’il sera dans une position confortable.
Certes, des aléas peuvent survenir au cours de la décennie devant conduire à l’ouverture effective des JO 2034, mais dans cet espace-temps, les organisateurs auront à n’en pas douter l’opportunité de s’adapter pour dépasser d’éventuels blocages.
LA 2028 s’était affirmée dès sa candidature comme l’incarnation d’une nouvelle ère et d’un nouveau modèle pour les Jeux d’été. Force est de constater que jusqu’à présent, SLC-Utah 2034 prend le même chemin pour repenser cette fois l’expérience des Jeux d’hiver.
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