En dépit d’une concurrence déjà relevée et alors même que l’élection de l’Hôte des Jeux d’été de 2036 n’interviendra pas avant 2026-2027, l’Inde se pose comme une candidate sûre de ses chances et de sa capacité à relever le défi des Jeux.

La course aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2036 n’a pas été officiellement enclenchée, mais nombre de territoires à travers le monde se sont à ce jour positionnés pour accueillir l’événement dans plus de douze années.
Il faut dire qu’avec la nouvelle mouture du processus entourant les candidatures, le schéma qui prévalait jusqu’alors a volé en éclats, permettant à des villes ou des régions d’entrer dans une phase de dialogue continu avec la Commission de Futur Hôte du Comité International Olympique (CIO) et, de facto, de candidater pour une échéance sans avoir à attendre un quelconque top départ.
Aussi, et comme l’a récemment affirmé le Président du CIO en personne, l’intérêt des territoires n’a semble-t-il jamais été aussi élevé, avec un nombre de postulants – déclarés ou officieux – à deux chiffres.
Parmi lesdits postulants, l’Inde entend bien ne pas laisser passer sa chance, elle qui fut tentée à maintes reprises de porter une candidature à l’organisation des Jeux d’été, sans toutefois franchir le pas décisif d’un projet à soumettre à l’appréciation de l’institution olympique.
Dans la foulée des Jeux du Commonwealth 2010, le pays aujourd’hui le plus peuplé au monde avait ainsi souhaité s’affirmer sur la scène sportive internationale, mais les ennuis organisationnels rencontrés lors de la manifestation précitée avaient eu raison de l’ambition indienne. Sur ce point, tandis que l’Inde avait un temps songé à présenter une candidature pour les JO 2024, le Président du CIO et le Premier Ministre Narendra Modi avaient in fine considéré que le moment n’était pas encore venu.

Désormais, l’Inde compte capitaliser sur son expérience – plus ou moins fructueuses jusqu’à présent – de l’accueil de rendez-vous sportifs et de son désir croissant d’obtenir des événements d’importance mondiale, pour bâtir un projet capable de séduire la Commission de Futur Hôte et, plus largement, les membres du CIO et ceux des Fédérations Internationales.
L’Inde avait d’ailleurs choisi de mettre les petits plats dans les grands pour montrer un nouveau visage à l’institution de Lausanne (Suisse) à l’occasion de la réception de la dernière Session du CIO à l’automne 2023. A ce moment-là, si le Premier Ministre avait profité du gala d’ouverture de la Session pour officialisé une candidature, le Président du CIO avait préalablement indiqué qu’il suivait avec attention l’ambition du pays, confirmant ainsi la possibilité pour l’Inde de rivaliser avec des concurrentes pour partie déjà connues.
Aujourd’hui en tout cas, le pays ne craint pas la concurrence et croit plus que jamais en ses chances comme l’a fait savoir ce week-end le Ministre de la Jeunesse et des Sports dans une interview pour « Press Trust of India ».
Ainsi que l’a affirmé Anurag Thakur :
Nous sommes parfaitement préparés.
Nous pouvons le faire très facilement.
De surcroît, il n’a pas manqué de souligner la croissance continue des infrastructures au cours des dernières années, profitant de l’occasion pour vanter la politique menée par Narendra Modi, à l’heure où la population est invitée aux urnes pour les élections législatives desquelles le Premier Ministre sortant est le grand favori.
Comme l’a de fait exposé le Ministre en poste depuis 2021 :
L’Inde d’aujourd’hui est ambitieuse.
Notre infrastructure routière et ferroviaire se développe de jour en jour.
Nous avions 74 aéroports en 2014 et aujourd’hui nous en avons 150. Nous avions 96 000 kilomètres de routes, maintenant nous en avons 150 000. Les routes rurales étaient au nombre de 320 000 km et maintenant, ce chiffre est à 706 000. Les lignes ferroviaires ont doublé pour atteindre 40 000 kilomètres. Nous sommes également presque entièrement électrifiés.
Il y a maintenant 1 117 universités contre 740. Nous avions 16 Instituts de Technologie (ITT) et leur nombre est passé à 24. Nous avions 24 Instituts de Sciences Médicales (AIIMS) alors que nous n’en avions que 7.
Regardez ces chiffres. Ce que le Congrès n’a pas pu faire en 60 ans, Narendra Modi l’a fait en 10 ans, alors imaginez où en sera l’Inde d’ici 2036.

Avec une ambition qui apparaît sans limite, l’Inde se veut prête à affronter n’importe quel concurrent alors que l’Indonésie, la Corée du Sud, la Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Égypte mais également l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, ou le Chili ont évoqué un intérêt plus ou moins marqué, d’autant plus que le pays lorgne aussi sur l’organisation préalable des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2030 comme tremplin à l’établissement d’un projet olympique de plus grande envergure.
Pour rappel, Ahmedabad et l’État du Gujarat sont pleinement engagés dans la création d’un vaste ensemble sportif pour partie basée autour du Narendra Modi Stadium, écrin de 110 000 places édifié le long du fleuve Sabarmati.
Un Plan directeur a en ce sens été présenté en début d’année 2024, démontrant si besoin la volonté des autorités à relever le défi des Jeux, avec notamment six complexes sportifs pouvant abriter une vingtaine de disciplines sur environ 142 hectares.
Outre le Narendra Modi Stadium promis à l’accueil des Cérémonies d’ouverture et de clôture et au déroulement des épreuves d’athlétisme, le secteur de Sardar Vallabhbhai Patel Sports Enclave devrait ainsi voir surgir de terre deux enceintes multifonctionnelles de 6 000 et 10 000 places, de même qu’un Centre Aquatique de 12 000 places pour la natation et le plongeon, et un Centre de Tennis de 10 000 places avec ses courts annexes.
Parmi les autres équipements annoncés, une aréna de 18 000 places est également prévue pour y recevoir des sports collectifs ou les compétitions de gymnastique. Un stade de 50 000 places destiné au football est aussi planifié à proximité.
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