Si le nouveau processus qui entoure les candidatures permet aux territoires d’avancer en toute confidentialité dans la quête des Jeux, le Comité International Olympique (CIO) semble satisfait de l’intérêt exprimé jusqu’alors auprès de la Commission de Futur Hôte pour les Jeux d’été.

Sans dévoiler l’identité des prétendantes actuellement positionnées pour les futures échéances disponibles, le Président du CIO a tout de même récemment évoqué ce qu’il convient de considérer comme une attractivité retrouvée pour le modèle olympique.
Dans le cadre d’un entretien pour l’Agence France Presse (AFP), Thomas Bach a ainsi confirmé qu’il y avait pour l’heure un nombre à deux chiffres de territoires intéressés à travers le monde par les Jeux d’été, dont la première édition non encore attribuée est celle de 2036.
Comme l’a notamment exposé celui qui préside l’institution de Lausanne (Suisse) depuis 2013 :
Nous n’avons jamais été dans une position aussi favorable. Nous n’avons jamais vu un tel intérêt pour l’accueil des Jeux Olympiques.
[…] Nous sommes maintenant à 12 ans de ces Jeux [de 2036], il est donc bien trop tôt pour commenter ces marques d’intérêt.
En restant volontairement flou dans son propos, Thomas Bach entretient habillement le mystère quant au nombre exact de territoires ayant fait part d’un intérêt et étant aujourd’hui dans une phase de dialogue continu avec la Commission de Futur Hôte.
Car contrairement à l’ancienne mouture du processus décisionnel qui établissait une première séquence avec les Villes Requérantes identifiées et une deuxième séquence avec les Villes Candidates autorisées à poursuivre l’aventure pour aboutir in fine à l’élection d’une Ville Hôte, la nouvelle procédure permet aux territoires – villes, régions ou pays – de pouvoir avancer masqués.

De fait, au moins jusqu’au stade déterminant du dialogue ciblé avec le CIO qui décide alors de s’engager dans des discussions poussées avec un ou plusieurs potentiels Futurs Hôtes, les territoires intéressés n’ont pas l’obligation de se dévoiler.
Certains le font à des degrés divers, à l’instar de la Corée du Sud, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Égypte, de la Turquie, du Qatar, mais encore de l’Allemagne, de la Hongrie, de la Pologne, voire de l’Arabie Saoudite. D’autres en revanche n’évoquent pas publiquement leur ambition olympique et paralympique respective, mais dialoguent tout de même avec la Commission de Futur Hôte présidée par Kolinda Grabar-Kitarović. Là-encore à des degrés divers.
Avec un modèle privilégiant désormais le dialogue à une sélection drastique qui faisait nombre de déçus par le passé, le CIO entend donner un nouvel élan pour les Jeux d’été après plusieurs attributions orchestrées dans le cadre d’un processus avec peu de candidats. L’édition de 2020 s’était ainsi soldée par la présence de trois finalistes, tandis que l’édition 2024 avait conduit le CIO a acter à l’été 2017 le principe d’une double désignation pour permettre à Paris (France) et à Los Angeles (Californie, États-Unis), seules en piste, d’obtenir les échéances 2024 et 2028 sans faire apparaître un perdant.
Les éditions hivernales ont elles-aussi connu un effritement certain du nombre de candidats en l’espace d’une décennie, rendant le nouveau processus d’autant plus pertinent même si pour les Jeux d’hiver, la question climatique a une incidence singulière.
Cette stratégie « gagnant-gagnant » prônée par Thomas Bach semble en tout cas porter ses fruits à en croire le principal intéressé et acteur de ce changement de paradigme.
En mai 2023, à l’occasion d’une visite en Chine, le Président du CIO avait déjà salué une tendance bienvenue pour l’institution.
Ainsi qu’il l’avait exposé :
[Nous avons] déjà un nombre à deux chiffres de CNO ou de régions intéressés qui souhaitent organiser les Jeux Olympiques en 2036.
Il reste encore du temps [avant l’attribution des Jeux]. Nous aurons peut-être une meilleure idée de ce à quoi ressemblera le monde en 2036 qu’en ce moment même.

Auparavant, dès l’automne 2022, le Directeur Général du CIO avait fait mention des discussions engagées avec de possibles hôtes.
Comme l’avait notamment affirmé Christophe De Kepper, en marge de l’Assemblée Générale de l’Association des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) qui s’était tenue à Séoul (Corée du Sud) :
Nous travaillons actuellement avec 10 CNO et régions intéressés sur quatre continents.
[Les projets] sont à des stades très différents les uns des autres, et développent leurs ambitions en fonction de leurs propres calendriers régionaux et nationaux.
Quoiqu’il en soit, le choix du Futur Hôte pour les JO 2036 ne devrait pas se produire avant au moins 2026-2027, l’enclenchement de la phase de dialogue ciblé avec une ou des prétendantes n’étant pas non plus à l’ordre du jour, le CIO restant pour l’heure concentré sur la livraison des Jeux de Paris 2024 et sur l’attribution des Jeux d’hiver de 2030 et de 2034.
Sauf surprise, les Alpes françaises et Salt Lake City (Utah, États-Unis) se verront d’ailleurs auréolées des anneaux olympiques pour ces deux éditions successives lors de la Session du CIO annoncée pour le 24 juillet prochain.
Par la suite, l’institution sera focalisée sur les derniers préparatifs de Milan-Cortina 2026, mais aussi sur les actions menées du côté de Los Angeles 2028 et de Brisbane 2032.
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