Paris 2024 : Des Jeux déjà historiques

Une semaine après une Cérémonie d’ouverture grandiose qui a impressionné spectateurs et téléspectateurs du monde entier, les Jeux Olympiques de Paris 2024 s’imposent déjà comme une référence à l’aune du succès de la billetterie, de l’ambiance dans les stades et arénas, mais encore au regard du cadre général proposé pour les compétitions.

Vue du Stade de France à Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, lundi 29 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Les organisateurs avaient promis du grand spectacle en amorçant pour la première fois de l’histoire l’orchestration de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en dehors d’un stade. Ils ont tenu parole et même davantage.

En dépit de la pluie qui s’est abattue une partie de la journée et durant la soirée du vendredi 26 juillet, le show inaugural proposé sur la Seine, en plein cœur de Paris, a permis de mettre en exergue le savoir-faire français, tout en valorisant la culture et l’histoire de la France, la liberté, l’égalité et la fraternité, sans compter aussi la présence remarquée de figures artistiques reconnues à travers le monde comme Lady Gaga, Aya Nakamura et surtout Céline Dion qui, du haut du premier étage de la Tour Eiffel, a clos en apothéose une Cérémonie grandiose en reprenant le classique de la chanson française, « L’hymne à l’amour », d’Édith Piaf.

Mobilisant les quais de Seine et certains monuments emblématiques de la « Ville Lumière », la Cérémonie s’est déroulée durant près de quatre heures au travers de 12 tableaux tous plus flamboyants les uns que les autres pour un événement que le Directeur Artistique des Cérémonies, Thomas Jolly, avait souhaité résolument disruptif.

Si certaines séquences ont pu être pointées du doigt dans une société où tout est désormais sujet à controverses, la majeure partie du spectacle a clairement impressionné les sportifs, les officiels et les spectateurs par l’aspect audacieux de la mise en scène sur un linéaire fluvial de 6 kilomètres jalonné de tribunes temporaires fortes de plus de 300 000 personnes.

Vue du Court central Philippe Chatrier, Stade Roland Garros, 16e arrondissement de Paris, dimanche 28 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Jusqu’au bout, l’identité du dernier relayeur a en outre été gardée secrète comme le veut la tradition.

Aussi, lorsque Zinédine Zidane arrive sur la scène du Trocadéro en brandissant le feu olympique, chacun sait alors qu’il ne sera pas l’ultime porteur. Mais surtout, en confiant le flambeau à Rafael Nadal, on perçoit à ce moment-là qu’un relais des légendes est en train de débuter. De fait, après Zinédine Zidane et Rafael Nadal, ce sont ni plus ni moins que Carl Lewis, Nadia Comaneci et Serena Williams qui ont transporté la flamme olympique sur une embarcation pour quitter le site du Trocadéro et rejoindre les berges du Louvre où attendait sur place Amélie Mauresmo.

In fine, à l’issue d’un relais collectif de grands noms du sport français, Charles Coste – doyen des Champions Olympiques tricolores né en 1924 – embrasa les torches de deux figures du sport hexagonal, à savoir Marie-José Pérec et Teddy Riner, chacun triple Champion Olympique en athlétisme pour la première et en judo pour le second, qui dès lors ont pu s’avancer vers la gigantesque vasque dessinée par le designer Mathieu Lehanneur, et disposée au sein du Jardin des Tuileries (Paris Centre).

Vue du parvis du Stade de France à Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, avec, au second plan, le Centre Aquatique Olympique, lundi 29 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Preuve à n’en pas douter de l’attente suscitée à la fois par le retour des Jeux d’été en France, 100 ans après la dernière édition, et par la promesse d’une Cérémonie spectaculaire, les audiences planétaires ont été au rendez-vous.

En France, la retransmission de la soirée a ainsi constitué la deuxième plus forte audience de l’histoire, hors allocutions présidentielles, avec plus de 23,24 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 83,1% et même un pic enregistré à 21h56 à quelques 25,2 millions de téléspectateurs.

Aux États-Unis, NBC Universal a comptabilisé 28,6 millions de téléspectateurs, faisant de la Cérémonie d’ouverture de Paris 2024 la plus suivie depuis celle des Jeux de Londres 2012, avec 10 millions de téléspectateurs de plus que pour Tokyo 2020 et 2 millions de plus que pour Rio 2016.

En Allemagne, l’engouement a également été de mise, avec plus de 10,1 millions de téléspectateurs devant ARD, soit la plus large audience pour l’ouverture des Jeux depuis 20 ans.

Au-delà des audiences télévisées supérieures à 1,5 milliard de téléspectateurs dans le monde, le succès des Jeux se mesure aussi déjà à l’aune de l’affluence dans les stades et les arénas, mais encore dans les Clubs 2024, autrement dit les fan-zones, où plus d’un million de spectateurs ont afflué jusqu’à présent.

Vue du Parc des Champions installé au Trocadéro, 16 arrondissement de Paris, lundi 29 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Avant l’ouverture des Jeux, le niveau de la billetterie préfigurait ce succès sans précédent dans l’histoire des Jeux Olympiques, avec plus de 8,7 millions de billets vendus et attribués. A ce jour, ce sont plus de 9,1 millions de billets qui ont été écoulés, les organisateurs pouvant encore espérer franchir la barre des 10 millions de précieux sésames avant la clôture de l’événement, le 11 août.

Ce succès incroyable se traduit immanquablement par des enceintes garnies et un enthousiasme certain de la part des spectateurs français et étrangers. Rien qu’au Stade de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis), la ferveur autour du tournoi de rugby à 7 a par exemple permis d’enregistrer la venue de plus de 530 000 spectateurs – un record – dont 130 000 les 25 et 29 juillet 2024.

Ce succès est d’autant plus marquant qu’il se produit pour partie dans des sites-phares du patrimoine français, conformément à la promesse de Paris 2024 de célébrer des Jeux magnifiés dans des endroits exceptionnels, comme le Grand Palais (8e arrondissement) pour l’escrime et prochainement le taekwondo, l’Esplanade des Invalides (7e) pour le tir-à-l’arc, mais encore la Place de la Concorde (8e) pour les sports urbains, le Parc du Château de Versailles (Yvelines) pour les sports équestres, et bien sûr le Champ-de-Mars (7e) pour le judo sous le Grand Palais éphémère et le beach-volley face à la « Dame de Fer » (7e).

Vue de la Tour Eiffel parée des anneaux olympiques, lundi 29 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Les images spectaculaires de ces sites d’exception ont d’ailleurs rapidement fait le tour du monde, contribuant au succès numérique de Paris 2024 à l’heure des échanges instantanés.

Ainsi que l’a en ce sens fait savoir le Comité International Olympique (CIO), les réseaux sociaux officiels des Jeux enregistrent un niveau d’engagements inédit, avec sur la journée du 28 juillet par exemple, plus d’un milliard d’engagements, soit cinq fois le seuil d’une journée équivalente lors des Jeux de Tokyo 2020. Le lendemain, ledit niveau a même surpassé le niveau atteint par l’édition nippone dans son entièreté avec 6,7 milliards d’engagements et même plus de 7 milliards à fin juillet.

En parallèle, au cours du 28 juillet, le site Internet et l’application Olympics ont enregistré l’afflux de plus 23 millions de visiteurs. Là encore, un record.

Sur le plan du merchandising, le succès des Jeux de Paris 2024 se confirme également, avec des boutiques officielles où les files d’attente se forment dès avant l’ouverture des lieux et où les Phryges, les mascottes olympiques et paralympiques des Jeux, rencontrent un public nombreux. Si le Comité d’Organisation (COJO) se voulait optimiste avec un objectif de vente à 1 million d’exemplaires des petites peluches en forme de bonnet phrygien, le défi semble en passe d’être relevé. De la même manière, les Affiches Officielles des Jeux connaissent elles-aussi un engouement évident, quoique tout de même plus marqué pour la version olympique que pour le pendant paralympique, des ruptures de stocks pouvant être constatées dans certaines boutiques.

Vue de la Place de la Concorde transformée en Parc Urbain, mardi 30 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Autres chiffres qui démontrent eux-aussi la puissance de feu des Jeux de Paris 2024, les écoutes sur les plateformes musicales se sont envolées en ce qui concerne les titres issus de la playlist de la Cérémonie d’ouverture.

« L’hymne à l’amour » par Édith Piaf connaît ainsi un bond de 320% sur Spotify depuis le 27 juillet.

Céline Dion profite également de cette ferveur générale, avec 65% d’écoutes supplémentaires en France et 35% dans le monde, tout comme Aya Nakamura, avec 36% de hausse dans l’Hexagone et 40% dans le monde, toujours selon Spotify.

Il est à noter aussi l’engouement sur Shazam – 320 000 recherches en 48 heures et numéro 1 dans plusieurs pays – autour de « Supernature » du compositeur Marc Cerrone qui, dans une version réorchestrée par Victor le Masne, Directeur Musical de Paris 2024, a accompagné le relais des légendes internationales sur la Seine durant une dizaine de minutes au soir de la Cérémonie d’ouverture.


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