Le Chili fait un pas supplémentaire en vue de présenter une candidature aux Jeux d’été de 2036. A la demande du Chef de l’État, les autorités sportives chiliennes vont en effet préparer l’entrée du pays dans une phase de dialogue avec le Comité International Olympique (CIO) et ce, conformément à la nouvelle procédure de sélection des Futurs Hôtes de l’événement planétaire.

Ayant organisé avec succès les Jeux Panaméricains du 20 octobre au 05 novembre 2023, le Chili se met aujourd’hui à rêver plus grand et plus loin, avec l’objectif clairement affiché d’obtenir une prochaine édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.
Si le challenge s’annonce colossal, le Chef de l’État entend bien mener la bataille avec détermination.
Profitant de son discours sur les Comptes Publics 2024 devant le Congrès National du Chili, Gabriel Boric a ainsi officialisé l’intérêt du pays pour la course aux Jeux de 2036.
Comme l’a notamment exposé le Président de la République, ce samedi 1er juin 2024 :
Nous avons démontré que le Chili dispose des conditions organisationnelles, de la capacité et du leadership international pour organiser des événements sportifs de classe mondiale.
Aussi, j’annonce que nous allons entamer les démarches nécessaires pour que le Chili soit, pour la première fois de son histoire, candidat à l’organisation des Jeux Olympiques de 2036.
[…] Nous savons qu’il ne sera pas facile de rivaliser avec les puissances internationales, mais comme la génération de [la Coupe du Monde de football] 1962, je vous invite à rêver grand et à vous joindre à ce beau défi d’accueillir pour la première fois l’événement olympique.
Cette déclaration ambitieuse intervient après une précédente sortie médiatique opérée le 06 avril dernier en marge des célébrations de la Journée Nationale du Sport.
Gabril Boric avait alors précisé avoir demandé au Ministre des Sports, Jaime Pizarro, de recueillir les informations utiles pour concevoir in fine une possible candidature, avec déjà cette volonté de porter un message fort à destination du Mouvement olympique et de la population chilienne.
Cela a depuis donné lieu à l’envoi d’une missive écrite par le Ministre précité à destination du Comité Olympique du Chili (COCh), ce dernier étant, du fait de ses prérogatives, l’instance habilitée pour soumettre une candidature auprès du CIO.

Du côté de la sphère politique, le message présidentiel a été parfaitement reçu, Jaime Pizarro assurant le service après-vente à l’issue du discours prononcé ce week-end, en faisant le parallèle entre l’ambition olympique chilienne et la volonté des autorités d’investir dans des domaines-clés comme l’éducation, la culture ou le développement des services publics dans les territoires.
En ce qui concerne cette fois le milieu sportif, la prise de position de Gabriel Boric a été appréciée par le COCh qui se prépare dès lors à relever un défi sans précédent.
Ainsi que l’a énoncé le Président de l’instance, Miguel Ángel Mujica :
Il n’y a personne qui n’aime pas le sport et qui ne rêve pas d’avoir un jour les Jeux Olympiques à la maison. Nous avons cette conversation depuis plusieurs semaines, avec le Ministre et le Sous-Secrétaire d’État, en examinant certains documents de précédentes candidatures aux Jeux et en étudiant les sujets les plus importants.
La première chose que nous allons faire est de communiquer officiellement notre intention auprès du CIO pour entamer une phase de dialogue afin de canaliser la candidature.
Mais au-delà du message enthousiaste, le Président du COCh a aussi plaidé pour un renforcement des investissements dans le sport, estimant que l’établissement d’une candidature ne pouvait avoir lieu sans un accroissement des efforts pour la haute performance à travers le pays.
Comme l’a en ce sens affirmé le dirigeant sportif :
Non seulement nous devrions penser à un plan pour l’organisation des Jeux, mais en parallèle, nous devons également fournir davantage de ressources au sport et aux Fédérations sportives.
Il ne sert à rien de penser aux Jeux sans préparer le sport, et c’est quelque chose dont nous avons aussi parlé aux autorités.

Dans sa quête des Jeux, le Chili pourrait en tout cas être confronté à une vive concurrence internationale en provenance de plusieurs continents.
Bien que la nouvelle mouture du processus de sélection des Futurs Hôtes autorise les potentiels candidats à ne pas se dévoiler publiquement lors de leurs échanges avec le CIO, certains semblent particulièrement intéressés par l’échéance estivale de 2036 dont l’attribution ne devrait pourtant pas survenir avant 2026-2027.
La Corée du Sud a ainsi engagé une réflexion autour de Séoul après avoir accueilli les JO 1988 et, avec PyeongChang et Gangwon, les Jeux d’hiver 2018 et les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2024. L’Inde est aussi sur les rangs, plus déterminée que jamais à inscrire son nom au Panthéon des Jeux, tout comme l’Indonésie, le Qatar, la Turquie, possiblement l’Arabie Saoudite, mais encore l’Égypte.
Ailleurs dans le monde, le Royaume-Uni pourrait être tenté par une nouvelle Olympiade après le succès de Londres 2012 et alors même que l’édile de la capitale semble désormais davantage miser sur 2040.
Alors que la date de 2036 constitue une encombrante problématique calendaire, l’Allemagne pourrait également être de la partie, tout comme la Pologne, forte des Jeux Européens 2023, et la Hongrie, cette dernière restant sur le retrait contraint de sa candidature pour les JO 2024, ou encore l’Espagne qui demeure sur trois échecs successifs de Madrid pour les éditions 2012, 2016 et 2020.
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