JO 2030 : Le dossier français toujours confronté au casse-tête autour du ski alpin

A environ 50 jours du choix du Futur Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030, la réflexion demeure quant à une possible participation de Val d’Isère (Savoie) au sein du concept développé par les Alpes françaises pour l’accueil des épreuves de ski alpin.

Vue d’une descente aux flambeaux par l’ESF Val d’Isère sur la Face de Bellevarde (Crédits – Val d’Isère)

Val d’Isère sera-t-elle ou non intégrée à la cartographie des sites des Jeux d’hiver de 2030 qui se tiendront – sauf énorme coup de théâtre – dans les Alpes françaises ?

Alors que le dossier tricolore peaufine ses arguments après la remise d’éléments techniques, plus tôt cette année, puis la visite de la Commission de Futur Hôte du Comité International Olympique (CIO), courant avril, et avant la publication du Rapport de ladite Commission ce mois-ci, la question du positionnement des épreuves de ski alpin reste un véritable casse-tête pour les porteurs de la candidature.

Ces derniers mois, une mission de la Fédération Internationale de Ski (FIS) avait conclu, à l’issue d’un déplacement express sur le site du Praz à Courchevel, à une éventuelle intégration de Val d’Isère, fleuron français de la pratique du ski alpin et de la haute-performance. Les experts avaient notamment pointé du doigt les risques d’un dispositif territorial restreint en cas de conditions météorologiques peu clémentes, tout en soulevant par ailleurs la question du défi logistique posé par l’accueil du public dans une configuration limitée et donc une jauge réduite.

Par la suite, en marge de la visite de la Commission de Futur Hôte dans les Alpes françaises, le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, avait repris à son compte les points de vigilance de la FIS.

Comme l’avait alors affirmé Laurent Wauquiez :

Pour moi, et ce n’est pas une option, Val d’Isère doit être intégrée à la carte des sites.

On garde Courchevel et Méribel comme sites-phares et on ajoute Val d’Isère.

Le premier point de vigilance, c’est que cela charge le calendrier et que donc cela nous met potentiellement en danger si on a trop de jours de mauvais temps.

Il n’empêche, malgré la détermination des élus locaux et l’émotion exprimée l’an passée par Jean-Claude Killy face à la perspective de Jeux organisés sans Val d’Isère, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et ses partenaires institutionnels n’ont pas encore tranché et ce, alors que la Session du CIO doit officiellement désigner les Alpes françaises comme Hôtes des JO 2030, le 24 juillet prochain.

De fait, le Président de l’instance olympique française a fait savoir la semaine dernière qu’une nouvelle mission avait été commandée pour déterminer la faisabilité d’orchestrer les épreuves alpines sur les seuls sites de Courchevel et de Méribel.

Ainsi que l’a précisé David Lappartient à l’occasion de l’Assemblée Générale du CNOSF qui s’est tenue jeudi 30 mai 2024 :

La Commission de Futur Hôte du CIO n’a pas visité le site de Val d’Isère. Cela ne vous a pas échappé.

Il a été demandé, de notre part et en lien avec le CIO, une expertise sur la capacité de Courchevel-Méribel à pourvoir accueillir l’intégralité des disciplines […] et auquel cas de voir en quoi Val d’Isère serait ou non nécessaire.

David Lappartient, Président du Comité National Olympique et Sportif Français, lors de la visite de la Commission de Futur Hôte du CIO dans l’optique des JO 2030, le 25 avril 2024 (Crédits – CNOSF / Pierre-Emmanuel Trigo)

Reste à savoir désormais si cette nouvelle mission confortera ou non celle conduite par la FIS, ce que serait susceptible d’ouvrir les portes des Jeux à Val d’Isère.

Reste à savoir également dans quel délai cette expertise sollicitée livrera ses conclusions, sachant que la Commission de Futur Hôte doit présenter son Rapport devant la Commission Exécutive du CIO lors de la prochaine réunion de l’instance planifiée du 12 au 14 juin 2024, soit à peine plus d’un mois avant que la Session ne se positionne à Paris à l’avant-veille de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’été.

Tout est possible aujourd’hui, surtout en considérant le fait que la nouvelle philosophie dictant les rapports entre l’institution olympique et les territoires candidats laisse une large part au dialogue et, de facto, à la négociation.

Aussi, il est envisageable de penser que le choix des sites pour les épreuves alpines des JO 2030 pourrait in fine être acté après la désignation des Alpes françaises comme Hôte de l’événement planétaire, même si cette éventualité placerait les organisateurs des Jeux dans une position peu confortable, tout comme les partisans de Val d’Isère.


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