JO 2032 : L’ambition indienne fragilisée par l’attitude des autorités

Le Comité International Olympique (CIO) tient au respect des règles inscrites dans la Charte Olympique et le fait savoir lorsque cela est nécessaire.

La semaine dernière, la Commission Exécutive de l’institution de Lausanne (Suisse) a ainsi révoqué le statut d’épreuve de qualification olympique du pistolet vitesse 25 mètres de la Coupe du Monde de Tir actuellement organisée à New Delhi (Inde).

La raison de cette décision tient au fait que le CIO a été informé d’un refus de visa d’entrée de la part des autorités indiennes à l’égard d’une délégation pakistanaise composée de deux athlètes et d’un officiel.

(Crédits – CIO)

Or, l’épreuve pré-mentionnée – qui devait avoir lieu à compter du samedi 23 février – avait pour finalité d’attribuer deux places de qualification pour les prochains Jeux Olympiques d’été de Tokyo 2020. Le refus d’accorder un visa d’entrée à la délégation pakistanaise n’a donc pas permis aux athlètes pakistanais de pouvoir défendre leurs chances et ce, contrairement aux athlètes issus d’autres délégations présentes jusqu’au 28 février en Inde.

Aussi, comme l’a précisé le CIO dans un communiqué :

Depuis connaissance de cette affaire, et en dépit des efforts de dernière minute menés conjointement par le CIO, la Fédération Internationale de Tir Sportif et le Comité National Olympique Indien, et des pourparlers avec les autorités gouvernementales indiennes, aucune solution n’a été trouvée pour permettre à la délégation pakistanaise d’entrer en Inde à temps pour participer à la compétition.

Cette situation va à l’encontre des principes fondamentaux de la Charte Olympique, en particulier des principes de non-discrimination, ainsi que de la position du CIO et du Mouvement Olympique, réaffirmée à maintes reprises au cours des dernières années, selon laquelle l’égalité de traitement doit être garantie à tous les athlètes et délégations sportives participant aux manifestations sportives internationales, sans aucune forme de discrimination ou d’ingérence politique du pays hôte.

Compte-tenu de cette impasse, le CIO a donc pris des mesures drastiques à l’encontre de l’Inde, montrant et illustrant dès lors sa capacité d’intervention diplomatico-sportive.

Concrètement, la Commission Exécutive du CIO a décidé de suspendre l’ensemble des discussions avec le CNO et les autorités gouvernementales de l’Inde, ce qui inclus les échanges sur la potentielle candidature du pays à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2032.

Jusqu’à ce que des garanties soient obtenues de la part des autorités pour une mise en conformité avec la Charte Olympique, le CIO a par ailleurs recommandé aux Fédérations Internationales de ne pas attribuer ou organiser d’événements sportifs dans le deuxième pays le plus peuplé de la planète.

Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, et Narendra Modi, Premier Ministre de l’Inde, le 27 avril 2015 (Crédits – CIO)

La décision olympique constitue ni plus ni moins qu’un coup de frein pour l’Inde, alors que le pays réfléchit depuis plusieurs années maintenant à la façon de s’affirmer aux yeux du monde olympique et ce, afin de rivaliser avec les autres puissances continentales, à commencer par la Chine.

Après les Jeux du Commonwealth 2010, le pays avait un temps évoqué la possibilité de présenter une candidature pour les Jeux de 2024, un projet finalement avorté après des discussions entre le Président du CIO, Thomas Bach, et le Premier Ministre de l’Inde, Narendra Modi.

Au cours des dernières années, le CNO Indien avait à nouveau affiché son ambition, avec l’espoir de conjuguer organisation d’événements d’ampleur et formation de jeunes athlètes.

Aujourd’hui, force est de constater que les tensions entre l’Inde et le Pakistan – récurrentes entre les deux pays voisins – ont des conséquences immédiates sur le plan sportif et pourraient avoir de lourdes répercussions sur les ambitions olympiques et paralympiques du géant asiatique.

De fait, outre la fragilisation évidente d’une éventuelle candidature aux Jeux de 2032, le CIO pourrait aller plus loin encore si les autorités gouvernementales ne montrent pas un geste d’apaisement.

L’institution dispose en effet d’une batterie de mesures mentionnées dans les développements de la Règle 59 de la Charte Olympique consacrée aux sanctions. Cela peut notamment conduire à la suspension du CNO, voire même à un retrait de la reconnaissance provisoire ou définitive dudit CNO, autrement dit, le retrait des droits et prérogatives et l’impossibilité de pouvoir concourir aux Jeux.

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