Alors que les Jeux d’été de Los Angeles 2028 seront les plus grands jamais orchestrés, le Comité International Olympique (CIO) entend revoir le concept du Programme olympique avec désormais une évaluation discipline par discipline pour jauger au mieux les besoins et les contraintes logistiques dans un cadre plus flexible et durable.

Si les Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 ont été les premiers de l’ère Coventry, ils n’ont en revanche pas imprimé la marque de la Présidente du CIO depuis 2025.
Aussi, dans l’optique des prochains rendez-vous olympiques, Kirsty Coventry et ses équipes entendent bien moduler et adapter la physionomie des Jeux en repensant le modèle olympique selon une vision davantage basée sur les fondamentaux et de facto un certain retour à l’essentiel.
Inscrite dans le cadre de la réflexion globale « Fit for the Future », cette vision doit dès lors irriguer l’ensemble des domaines olympiques, de la gouvernance au financement, en passant bien sûr par l’organisation et les contours des Jeux.
A cet égard, la 146ème Session du CIO qui s’est réunie la semaine dernière – 24 et 25 juin 2026 – au SwissTech Convention Center de Lausanne (Suisse), a adopté une nouvelle méthodologie relative à la définition du Programme olympique sur la base d’une proposition de la Commission Exécutive du CIO ayant fait suite à une recommandation du Groupe de travail sur ledit Programme.
Ainsi, à compter des Jeux de Brisbane 2032, le Programme qui rassemble les sports inscrits aux Jeux sera évalué discipline par discipline pour un cadre plus flexible et durable, sachant que la notion même de discipline a été définie de la manière suivante, à savoir :
Une discipline olympique est constituée d’une ou plusieurs épreuves au sein d’un sport qui nécessitent soit une aire de compétition spécifique, soit une modification significative d’une aire de compétition partagée avec une autre discipline olympique, impliquant généralement un groupe distinct d’athlètes.

Via cette définition, le CIO compte ici bâtir un processus de révision du Programme olympique qui s’articulera autour de deux volets, que sont les disciplines existantes, déjà inscrites au Programme des Jeux et mentionné dans le Contrat Hôte de l’édition concernée ; et les disciplines candidates qui prétendent intégrer le Programme mais qui ne figurent pas sur l’édition concernée.
Pour formaliser ce processus, un cadre d’évaluation en trois étapes sera opéré avec une série de critères pour aboutir à la conception d’un Programme olympique équilibré et raisonnable.
Concrètement, toutes les disciplines feront l’objet d’un examen préalable qui se focalisera sur la gouvernance, l’intégrité, la conformité aux règles antidopage et la protection des athlètes.
Cet examen préalable permettra un filtrage avant que les disciplines ne soient évaluées à l’aune de trois éléments essentiels reposant sur leur attrait mondial, leur coût et leur complexité opérationnelle, et enfin la représentation des athlètes.
Par la suite, une évaluation comparative sera réalisée en mettant en balance les disciplines candidates jugées les plus performantes et les disciplines existantes considérées à l’inverse comme étant les moins performantes et donc les plus susceptibles de quitter la scène des Jeux. Sur ce critère d’évaluation, les Fédérations Internationales (FI) seront évidemment associées, sachant par ailleurs que les disciplines non-retenues pourront rester éligibles à une intégration ou à une réintégration future.
La nouvelle méthodologie adopte en outre un calendrier décisionnel clairement défini qui sera porté à la connaissance de toutes les parties prenantes.
De fait, le programme de base des sports et des disciplines sera confirmé sept ans avant le début des Jeux, ou tout du moins lors de la Session élective de l’Hôte dans l’hypothèse où le scrutin interviendrait selon un calendrier plus contraint, à l’instar des Alpes 2030 qui furent désignées en 2024.
Le programme final des épreuves et des quotas d’athlètes sera quant à lui sanctuarisé par la Commission Exécutive du CIO à l’issue de l’édition qui précédera l’échéance olympique concernée.

Apport des réformes olympiques conduites sous la présidence de Thomas Bach, l’ajout de compétitions sera toujours possible à l’avenir, mais selon un schéma repensé pour maintenir l’événement planétaire à une taille raisonnable, tant du point de vue des sports et disciplines présents que du nombre d’athlètes participants.
Ainsi, alors que les Comités d’Organisation des Jeux pouvaient jusqu’alors proposer un nombre non déterminé de sports additionnels, ils seront désormais limiter à quatre disciplines supplémentaires pour les Jeux d’été et deux pour les Jeux d’hiver.
De plus, lesdits Comités devront choisir les disciplines supplémentaires parmi le catalogue des Fédérations Internationales reconnues dont les disciplines font leur entrée dans le Programme ou qui régissent déjà des disciplines figurant audit Programme.
Derrière cette exigence, le CIO entend aussi maximiser les possibilités de mutualiser les enceintes sportives, à l’image de ce qui a pu être opéré avec brio au cours des Jeux de Paris 2024 ou de ce qui est prévu pour les Jeux de Los Angeles 2028, notamment quant au flag-football et au lacrosse qui bénéficieront de la même structure d’accueil.
Point essentiel à retenir, les propositions formulées devront tenir compte des limites définies et de la condition de prise en charge intégrale des coûts des éventuels ajouts au Programme des Jeux.
En repensant de la sorte le processus d’intégration de nouvelles disciplines, le CIO entend maîtriser l’ampleur des Jeux, tout en offrant de la souplesse aux Comités d’Organisation avec un examen d’une durée d’environ cinq années avant l’ouverture de l’édition olympique concernée.
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