JO 2036-2044 : Des référendums dans la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr et à Hambourg

Après le succès – surprenant par son ampleur – de la consultation populaire à Munich, certaines des rivales allemandes de la capitale bavaroise entendent bien elles aussi valider leur stratégie respective dans le cadre du processus de sélection d’une candidature aux Jeux d’été et ce, en orchestrant des référendums au printemps 2026.

Pupitre de l’Assemblée Générale du Comité Olympique d’Allemagne (Crédits – DOSB)

La quête des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été va s’intensifier l’an prochain du côté de l’Allemagne.

Alors que la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) engagera un vote quant au choix d’une candidature pour les Jeux de 2036, 2040 ou de 2044 au cours de l’automne 2026, les premiers mois de l’année qui s’annonce seront cruciaux pour les quatre prétendantes en lice.

De fait, Munich, Berlin, Hambourg, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr avec Cologne comme figure de proue, devront affiner leur concept respectif et présenter leurs propositions qui seront dès lors examinées par des Groupes de travail et les instances du DOSB jusqu’à une recommandation formelle auprès de l’Assemblée Générale Extraordinaire du DOSB qui se réunira à Baden-Baden, le 26 septembre 2026, et enfin un vote de confirmation planifié à Francfort pour le 05 décembre.

Si les précisions apportées aux projets en concurrence sur le plan logistique, notamment quant à l’intégration de tel ou tel site existant et à l’aménagement prévisionnel d’enceintes temporaires ou nouvelles, constitueront un socle majeur pour la future décision de l’instance olympique allemande, un élément-clé pourrait toutefois venir contrecarrer les plans, tant de ladite instance que des prétendantes : la consultation populaire.

Dans le cadre de la nouvelle méthodologie approuvée ces dernières années pour faire émerger et concevoir une candidature aux Jeux, le DOSB laisse en effet la possibilité aux territoires candidats d’orchestrer des référendums pour entériner ou non la suite de l’aventure en direction d’une candidature olympique et paralympique sur la scène internationale.

Des quatre concurrentes aujourd’hui en lice, trois se sont en tout cas engagées à formaliser une telle consultation dont l’issue – incertaine – peut coûter très cher, car en cas d’échec, aucune autre option que la sortie de piste ne saurait être acceptée.

Face à ce risque parfaitement assumé par Munich, Hambourg, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr – contrairement à Berlin qui refuse pour l’heure d’organiser un référendum dans une période de fragilité – la capitale bavaroise a récemment pris une sérieuse longueur d’avance.

La mascotte des Jeux de Munich 1972 aux côtés du logo de la candidature de Munich pour l’organisation d’une future édition des Jeux Olympiques et Paralympiques (Crédits – FC Bayern)

Désireuse de se présenter sous son meilleur jour au travers d’un projet à taille humaine reposant largement sur l’héritage des Jeux de 1972, Munich avait choisi d’organiser un vote dès le 26 octobre dernier pour tenter de prendre les devants rapidement afin de pouvoir se démarquer en cas de réussite référendaire.

Grâce à son projet sans fioritures et aussi avec une campagne promotionnelle menée au cours de l’été écoulé, Munich a su convaincre par-delà les espérances formulées par ses partisans, avec une participation bien supérieure aux standards habituels dans la région et surtout une adhésion de quelques 66,4% des votants.

Couronné de succès, le référendum de la Ville Hôte des Jeux de 1972 a surpris jusque dans les hautes sphères du DOSB et sans doute aussi du côté du Comité International Olympique (CIO) qui, depuis trois décennies, constate régulièrement l’intérêt de l’Allemagne pour les Jeux, sans que le pays ne soit en mesure de remporter la mise, soit en raison d’une féroce concurrence (Berlin 2000, Leipzig 2012, Munich 2018) ou en raison de désaveux populaires (Munich 2022, Hambourg 2024).

Désormais, la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr et Hambourg se préparent à leur tour à passer sur le gril, consciente qu’une déconvenue leur sera fatale.

Visuel du concept de Stade Olympique modulable avancé par la candidature de la région métropolitaine Rhin-Ruhr en Allemagne (Crédits – Region Rhein-Ruhr)

Pour le territoire englobant une large part de la Rhénanie du Nord-Westphalie, l’heure du choix aura lieu le 19 avril 2026.

Sachant que le concept développé jusqu’à présent intègre plusieurs villes, dont Cologne, Aix-la-Chapelle, Düsseldorf, ou encore Gelsenkirchen, la consultation populaire sera démultipliée, avec le risque singulier qu’un échec dans l’une des 17 villes concernées dans la région n’entraîne la chute de la candidature d’un territoire qui avait un temps misé sur les Jeux de 2032.

Comme l’a toutefois justifié Hendrik Wüst, Ministre-Président de la Rhénanie du Nord-Westphalie :

L’approbation de la population a joué un rôle central pour le gouvernement régional depuis le début du processus de candidature.

Parce que les Jeux modernes et durables ne peuvent exister qu’avec et non contre la volonté de la population.

Visuel du Volksparkstadion de Hambourg, Allemagne, configuré pour les épreuves de natation (Crédits – Hamburg+)

Pour Hambourg, la date à retenir est le 31 mai 2026.

Ce jour-là, les citoyens de la ville hanséatique des bords de l’Elbe seront appelés aux urnes, plus de dix ans après avoir écarté le projet pour les Jeux d’été de 2024 qui prévoyait à l’époque un vaste réaménagement du quartier portuaire de Kleiner Grasbrook et une enveloppe prévisionnelle au-dessus des 10 milliards d’euros.

Plus sobre et misant davantage sur des installations existantes, le concept des « courtes distances » déployé par Hambourg pourrait tirer son épingle du jeu et rejoindre Munich dans la dernière ligne droite du processus de sélection du DOSB.


En savoir plus sur Sport & Société

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire