Présidence du CNOSF : Amélie Oudéa-Castéra à la manœuvre du sport français

Après avoir été au cœur des préparatifs d’organisation des Jeux d’été de Paris 2024 et de la promotion de la candidature fructueuse des Alpes françaises 2030, en sa qualité de Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques entre 2022 et 2024, Amélie Oudéa-Castéra accède aujourd’hui aux fonctions de Présidente du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), succédant à ce poste à David Lappartient.

Amélie Oudéa-Castéra à la tribune lors de l’Assemblée Générale élective du CNOSF, jeudi 19 juin 2025 à Paris (Crédits – CNOSF / KMSP)

A l’issue d’une campagne où ses concurrents se sont retirés, soit pour lui apporter un soutien-clé, soit au contraire pour dénoncer une iniquité dans la démarche élective, Amélie Oudéa-Castéra a réussi son pari de devenir Présidente du CNOSF.

Seule candidate encore en lice après les retraits de Cédric Gosse et de Didier Séminet, Amélie Oudéa-Castéra a été élue – avec 100% des suffrages exprimés, soit 920 voix sur les 982 présentes – par l’Assemblée Générale de l’instance olympique française, ce jeudi 19 juin 2025.

La co-fondatrice et responsable de l’association « Rénovons le Sport Français » (2018-2022) voit ainsi s’ouvrir devant elle un mandat d’une durée de quatre ans.

Une consécration pour celle qui fut, après une carrière de sportive émérite (1990-1996), une dirigeante au sein de groupes comme « AXA » et « Carrefour » et, sur le plan sportif, une figure du tennis français – successivement membre du Groupe de travail de la Fédération Française de Tennis (2011-2012) sur la reconversion des athlètes de haut niveau, puis membre élue du Comité Directeur de la FFT (2015-2017), avant d’intégrer le Comité Exécutif (2020), puis de devenir Directrice Générale de ladite Fédération (2021-2022) – avant de rejoindre le gouvernement tricolore où elle a été Ministre chargée des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques deux années durant dans la dernière ligne droite des préparatifs de Paris 2024.

Comme l’a d’ores et déjà fait savoir la nouvelle Présidente du CNOSF qui succède à David Lappartient, candidat malheureux à la présidence du Comité International Olympique (CIO) au printemps :

Je suis honorée par la confiance accordée. Elle m’engage pleinement et nous avons une responsabilité immense : faire du CNOSF une institution forte, utile, moderne, tournée vers l’avenir.

Ce mandat sera celui du rassemblement, de l’action et de l’audace. Je veux être la Présidente de toutes les Fédérations, de tous les bénévoles, éducateurs, dirigeants et athlètes qui portent le sport chaque jour sur notre territoire.

Notre ambition est claire : faire du sport un pilier de notre société, défendre sa place dans le débat public, simplifier la vie de nos structures, et poser les fondations solides du sport de demain.

David Lappartient et Amélie Oudéa-Castéra, jeudi 19 juin 2025 à la Maison du Sport français à Paris (Crédits – CNOSF / KMSP)

Les défis ne manqueront pas.

A l’heure où la problématique de la rigueur budgétaire continue d’agiter la sphère politique nationale, avec des répercussions déjà constatées sur les finances accordées au sport dans l’Hexagone, l’expérience de la nouvelle leader du sport français sera cruciale.

Le réseau qu’elle a pu constituer au fil des ans et ses relations avec les acteurs gouvernementaux – sans parler de sa proximité avec le Chef de l’État, Emmanuel Macron – seront également les bienvenus pour tenter de faire pencher favorablement les arbitrages qui s’annoncent dans l’optique des débats autour du budget de la France pour 2026.

L’accompagnement des Fédérations sportives nationales, le soutien à l’égard des initiatives locales et régionales, ainsi que la relation avec le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), seront aussi des éléments majeurs du travail à venir au sein de la nouvelle présidence du CNOSF qui devra en outre trouver un point d’équilibre alors que le sport hexagonal est composé de pléthores d’instances aux rôles et missions parfois similaires.

La question de la gestion du Fonds de dotation de Paris 2024 – constitué par une large part de l’excédent budgétaire de 76 millions d’euros du Comité d’Organisation dont la dissolution a récemment été actée – constituera un autre challenge des mois et années à venir et ce, afin de faire perdurer autant que possible l’héritage d’une édition olympique et paralympique record.

Bien sûr, le CNOSF et Amélie Oudéa-Castéra seront au cœur des préparatifs d’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030.

Après avoir été actrice de la mise en route de la candidature tricolore à l’été 2023 et avoir accompagné celle-ci jusqu’à la désignation officielle par le CIO à l’avant-veille de l’ouverture des JO 2024, la Présidente du CNOSF devra immanquablement se retrousser les manches pour rentrer pleinement dans les discussions parfois tendues qui devront permettre de tenir les délais stricts pour la livraison des Jeux d’hiver dans moins de cinq années.

Sur ce point, Amélie Oudéa-Castéra a prévue d’être sur le pont dès les jours qui viennent, avec d’abord une rencontre organisée en présence d’Edgar Grospiron et Cyril Linette, respectivement Président et Directeur Général des Alpes françaises 2030.

Peu après l’élection de l’ancienne Ministre, Edgar Grospiron n’a pas manqué de féliciter celle qui sera l’une de ses principales interlocutrices dans les années à venir.

Ainsi que l’a déclaré dans un communiqué celui qui fut Champion Olympique de bosses aux Jeux d’Albertville 1992 :

Amélie est, elle aussi, une ancienne sportive de haut niveau.

Elle a connu la haute compétition, dans le sport comme en politique, et nous savons tous combien, en tant que Ministre chargée des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, elle a contribué à la réussite des Jeux de Paris 2024.

Elle a également soutenu, dès l’origine, la candidature française aux Jeux d’hiver 2030. Elle connaît parfaitement les ambitions et les exigences de ce projet. Son expérience et sa vision stratégique seront des atouts précieux pour la suite.

Je me réjouis de pouvoir collaborer avec elle dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030.

Dans le courant de la semaine, la Présidente du CNOSF fera ensuite un point d’étape du dossier avec Pierre-Antoine Molina, Délégué Interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP), jeudi 26 juin, avant de prendre part au Comité Interministériel aux JO 2030 qui se tiendra à Briançon (Hautes-Alpes), le lendemain, vendredi 27 juin, où elle retrouvera notamment la Ministre des Sports en exercice et ancienne de Paris 2024, Marie Barsacq.

Jean Gracia, Président de la Fédération Française d’Athlétisme ; Dobromir Karamarinov, Président d’European Athletics ; Amélie Oudéa-Castéra, Présidente du CNOSF ; et Sebastian Coe, Président de World Athletics ; dans l’atrium de la Maison du Sport français, vendredi 20 juin 2025 (Crédits – CNOSF / KMSP)

Rapidement, Amélie Oudéa-Castéra ne devrait pas manquer par ailleurs l’occasion de réaffirmer ses positions concernant la présence du sport français et la représentation de celui-ci sur la scène internationale.

Au-delà d’une probable future rencontre avec la nouvelle Présidente du CIO – en poste dès ce lundi 23 juin – une première séquence a en ce sens eu lieu dès le lendemain de son élection, avec l’accueil au sein de la Maison du Sport français, ce vendredi 20 juin, de Sebastian Coe, Président de World Athletics et membre du CIO, ainsi que de Dobromir Karamarinov, Président d‘European Athletics, en présence de Jean Gracia, Président de la Fédération Française d’Athlétisme et ce, en marge du Meeting de Paris organisé au Stade Charléty depuis 2017.


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