Le référendum organisé ce dimanche 26 octobre 2025 dans la capitale bavaroise était attendu avec espoir et crainte, tant les dernières candidatures allemandes ont pu être impactées par cet exercice périlleux. A l’issue de cette journée de vote, le « Oui » l’a emporté avec plus de 66% des suffrages.

Dès l’ouverture des bureaux de vote, ce dimanche matin, partisans et opposants à la candidature olympique et paralympique de Munich savaient que l’issue du référendum serait cruciale pour le devenir d’un projet reposant largement sur les infrastructures héritées des Jeux d’été de 1972.
Si les premiers résultats n’ont été annoncés qu’aux alentours de 19h00, les chiffres de la participation ont rapidement permis d’entériner la validité du scrutin ; un quorum de 10% des inscrits devant de fait être atteint.
Aussi, avec au final une participation comptabilisée à 42%, soit un taux élevé pour une consultation de ce genre, les autorités ont salué un succès, grâce en particulier au vote par correspondance (33,7%) qui avait été orchestré pour ce référendum, avec l’envoi des plis postaux réalisé dès la fin du mois de septembre.
Fort de ce constat, le Maire de Munich – partisan de la candidature – ne cachait pas son optimisme quant à l’issue du vote, rejoint par le Ministre de l’Intérieur de la Bavière, Joachim Hermann qui, lui aussi, s’est montré enthousiaste dans les premières minutes après le début des opérations de dépouillement.
L’annonce tant attendue est finalement survenue peu après 19h15, par une brève déclaration du Maire. Comme l’exprima ainsi Dieter Reiter :
Munich a choisi. Munich a voté et Munich a clairement voté Oui !
Munich postulera pour les Jeux de 2036, de 2040 ou de 2044. Nous pouvons désormais aborder la candidature avec un regain d’énergie.
C’est un bon jour pour Munich.

De fait, en réunissant 66,4% des suffrages, la candidature olympique et paralympique de la capitale bavaroise prend aujourd’hui une sérieuse option dans la course interne décidée par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB).
Le succès est majeur et l’écart conséquent entre le « Oui » et le « Non », ce dernier n’obtenant que 33,6% des voix.
Mais la victoire du « Oui » est d’autant significative qu’elle s’est matérialisée dans chacun des arrondissements munichois, avec jusqu’à 71,7% dans le secteur d’Allach-Untermenzing, 70,9% à Maxvorstadt, ou encore 70,5% à Altstadt-Lehel. Certains des secteurs ont été moins enthousiastes – à l’instar de Bogenhausen, Laim ou Sendling -, mais avec tout de même une large part de votes (61%) en faveur de la candidature olympique et paralympique.
Rien n’était pourtant acquis pour celle qui, après les Jeux d’été de 1972, avait ces dernières années tenté d’obtenir l’organisation des Jeux d’hiver, désireuse alors de devenir la première ville au monde auréolée des deux événements olympiques.
Certes, la candidature pour 2018 parvint jusqu’au vote des membres du Comité International Olympique (CIO), sans pour autant réussir in fine à faire de l’ombre à la grandissime favorite d’alors, PyeongChang (Corée du Sud), qui restait sur deux convenues successives pour 2010 et 2014.
Bien que reprenant les fondamentaux du projet de 2018, avec la mobilisation du Parc Olympique pour les Cérémonies d’ouverture et de clôture et la tenue des épreuves sur glace, et la participation de Garmisch-Partenkirchen – Hôte des Jeux d’hiver de 1936 – la tentative pour l’édition 2022 fut quant à elle balayée dès le stade de la consultation populaire.
Le 10 novembre 2013, plus de 52% des électeurs refusèrent ainsi d’adouber une candidature pointée du doigt par ses opposants sur le terrain et sur les réseaux sociaux et ce, en dépit de la confiance exprimée par les autorités locales et le monde sportif régional.
Près de douze années plus tard, la réorientation de l’ambition olympique et paralympique munichoise vers les Jeux d’été a payé, avec un score au-delà des espérances de ceux qui défendent les couleurs d’une nouvelle candidature.
Il faut dire que la cité bavaroise a su profiter de l’ouverture du processus de sélection interne du DOSB pour faire valoir ses droits, avec un concept mêlant héritage et durabilité pour un projet d’une grande compacité, couplé au souvenir de l’organisation réussie des Championnats Sportifs Européens de 2022.
De surcroît, les images des Jeux de Paris 2024 – élevés en exemple Outre-Rhin – ont sans doute aussi marqué les esprits parmi les habitants de Munich qui, aujourd’hui, ont exprimé un enthousiasme certain à l’idée de vivre eux-aussi une telle ferveur autour des athlètes.

Avec ce résultat, Munich se place immanquablement en position de force face à ses trois concurrentes allemandes que sont Berlin, Hambourg, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr.
Ces dernières sont désormais au défi de réussir à franchir à leur tour l’étape cruciale de la consultation populaire qu’elles doivent chacune orchestrer sur leur territoire respectif d’ici la fin du printemps 2026.
Pour Munich, les mois à venir vont permettre d’aller de l’avant avec davantage de sérénité et ce, afin de consolider et d’affiner un projet déjà étudié par le Groupe de travail du DOSB.
Au-delà de la course interne, la capitale bavaroise montre aussi avec force et détermination sa volonté de revenir sur le devant de la scène olympique alors que la concurrence internationale s’annonce féroce, notamment avec la présence du Qatar pour les Jeux de 2036.
Mais avant d’envisager concourir au niveau mondial, Munich devra réussir à convaincre le Groupe de travail du DOSB et les membres de l’instance olympique allemande qui doivent sélectionner une candidature à l’automne 2026, avec aussi le choix de la meilleure échéance possible pour l’Allemagne, parmi trois éditions déterminées : 2036, 2040 et 2044.
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