JO 2036-2044 : Munich pourrait prendre une sérieuse option en cas de succès référendaire

Ce dimanche 26 octobre 2025, le référendum orchestré à Munich constituera une étape déjà déterminante dans le processus de sélection interne de la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) en vue de présenter une future candidature à l’organisation des Jeux d’été. Pour la capitale bavaroise, l’issue du scrutin assurera la poursuite ou la fin de l’aventure.

La mascotte des Jeux de Munich 1972 aux côtés du logo de la candidature de Munich pour l’organisation d’une future édition des Jeux Olympiques et Paralympiques (Crédits – FC Bayern)

Le DOSB scrutera avec la plus grande attention les résultats du référendum qui se tiendra ce dimanche dans la capitale bavaroise.

Ce jour-là, les citoyens seront appelées aux urnes de 08h00 à 18h00. Certains ont d’ores et déjà pu s’exprimer via le vote par correspondance et grâce à l’envoi des plis électoraux entamé dès le mois de septembre et jusqu’au 05 octobre dernier à travers la ville.

Aussi, pour l’instance olympique allemande, le scrutin de ce dimanche sera une véritable épreuve du feu, sachant qu’elle travaille depuis quelques années à l’émergence d’une candidature pour une prochaine édition des Jeux – comprise entre 2036 et 2044 – et qu’elle a surtout veillé à retenir les leçons du passé et à bâtir les conditions d’un projet pouvant tout à la fois recueillir le soutien populaire, l’adhésion politique et institutionnelle, et enfin l’appui des membres du Comité International Olympique (CIO).

Le DOSB souhaite en effet éviter un nouveau fiasco, après les sorties de route de Munich 2022 et de Hambourg 2024, deux candidatures qui furent balayées devant le jugement de l’opinion publique.

Certes, la tenue ou non d’une consultation populaire reste de la compétence des autorités locales et en cela, le DOSB n’y voit pas à redire. Il n’empêche, l’instance olympique espère vivement que les référendums à venir seront tous couronnés de succès ou, en tout cas, qu’au moins une partie permettra de continuer l’aventure vers le dépôt officiel d’une candidature d’ici la fin de l’année 2026.

Pour l’heure, seule Munich a convoqué de façon formelle un tel scrutin.

Hambourg et la Région métropolitaine Rhin-Ruhr solliciteront quant à elles les suffrages de leurs citoyens dans le courant du printemps 2026, sans qu’une date n’ait encore été arrêtée. Une orientation que devrait aussi prendre Berlin où le soutien populaire est pour l’heure relativement mitigé.

Ces dernières semaines, une vaste campagne de communication a été engagée à Munich et dans sa région pour inciter les citoyens à se rendre aux urnes et à dire « Ja » à la candidature olympique et paralympique.

Une candidature – soutenue le week-end passé par les joueurs et dirigeants du club de football du FC Bayern – qui repose largement sur les infrastructures sportives héritées des JO 1972, le Parc Olympique restant à ce jour un modèle du genre pour nombre de ville désireuse de postuler à l’organisation des Jeux.

Si le concept n’est pas révolutionnaire, il se veut avant tout vecteur de confort d’un point de vue organisationnel, tant pour le DOSB que pour le CIO, qui trouveront sur place ce que la capitale de la Bavière a de mieux à proposer pour garantir le succès de l’événement planétaire.

Pas moins de 89% des installations sportives ainsi projetées pour les Jeux sont situées dans un rayon de moins de 30 kilomètres du secteur où doit être implanté le Village des Athlètes au nord-est de Munich.

Surtout, les porteurs de la candidature promettent d’installer environ la moitié des compétitions dans le seul périmètre du Parc Olympique, offrant aux sportifs et aux spectateurs une compacité optimale dans une zone de plus de 2 kilomètres de long.

Cette qualité technique est une chance.

Les partisans de la candidature en ont parfaitement conscience, le site même du Parc Olympique ayant d’ailleurs été un élément-clé des précédents projets soumis à l’appréciation du DOSB et du CIO, pour 2018 et pour 2022.

Bien sûr, cela ne présage pas d’un succès certain pour Munich.

Après avoir passé le filtre de la consultation populaire, le projet développé pour les Jeux d’hiver de 2018 n’était pas parvenu à convaincre la majorité des membres de l’institution de Lausanne (Suisse) qui préférèrent PyeongChang (Corée du Sud), candidate malheureuse pour les éditions 2010 et 2014.

Le projet alors présenté avait sans nul doute des faiblesses, et le CIO n’était peut-être pas encore prêt à franchir le cap de faire d’une ancienne Ville Hôte des Jeux d’été, une cité olympique des Jeux d’hiver. Il attendra quelques années plus tard et le choix de Pékin 2022 qui s’imposa à l’issue d’une curieuse course achevée en duel avec Almaty (Kazakhstan). Une course à laquelle devait participer Munich jusqu’à son retrait contraint par le référendum infructueux.

Depuis toutefois, Munich a pu faire la démonstration de son savoir-faire, en accueillant les épreuves inscrites dans le cadre des Championnats Sportifs Européens en 2022. Un événement qui fut l’un des déclencheurs pour une nouvelle candidature olympique et paralympique.

Présentation des affiches promotionnelles depuis le Stade Olympique de Munich, Allemagne, mardi 02 septembre 2025, en présence du Ministre-Président de Bavière, Markus Söder ; du Maire de Munich, Dieter Reiter ; du Ministre bavarois des Sports, Joachim Herrmann ; de l’athlète Jessica von Bredow-Werndl ; du paracycliste Michael Teuber ; du lugeur Felix Loch ; et de la paracycliste Denise Schindler (Crédits – Tobias Hase / LHM RBS)

Ce dimanche, les citoyens de Munich ont en tout cas l’opportunité d’engager plus avant leur ville dans la course aux Jeux ou, au contraire, de décider de mettre un terme à l’aventure.

Car inévitablement, l’échec de la consultation populaire viendra mettre fin à la candidature bavaroise, avec l’éventualité aussi d’avoir un impact global sur le processus de sélection du DOSB. Tel un effet domino, la dynamique des opposants pourrait ainsi se renforcer et progressivement gagner les trois autres postulantes en lice. Une crainte pour le DOSB qui a récemment vanté la qualité de ses candidates.

Un succès référendaire serait à l’inverse l’occasion pour Munich de se placer dans une idéale position.

Munich prendrait alors une évidente option sur ses poursuivantes allemandes qui devront encore patienter plusieurs – longs – mois avant de sonder par la voie des urnes l’opinion de leurs citoyens. La ville serait de facto en capacité d’affiner son projet sans avoir à se soucier de l’organisation et de la promotion d’une candidature adoubée par sa population.

De surcroît – et même en considérant la récente mise sur pause par le CIO du processus de Futur Hôtes – Munich pourrait directement s’installer comme une rivale de première importance dans la compétition internationale qui se dessine.


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