Pékin 2022 : Avant les Jeux, la problématique de l’enneigement demeure

A moins de 15 jours de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Pékin 2022, les organisateurs ont sans nul doute perçu d’un bon œil les récentes précipitations de neige au-dessus de la capitale chinoise. Malgré cette image de carte postale, la tenue de l’événement planétaire reste néanmoins en grande partie soumise à la production de neige artificielle dans les secteurs de Zhangjiakou et Yanqing.

(Crédits – Beijing 2022 / Duan Xuefeng)

La Chine entend pleinement profiter de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2022 pour s’inscrire parmi les nations de sports d’hiver, tant du point de vue de la haute performance, que de la pratique populaire.

Dès le lancement de sa candidature, Pékin 2022 avait d’ailleurs formulé la promesse de faire venir 300 millions de nouveaux pratiquants. Un argument imparable face à la concurrence et économiquement pertinent. Aujourd’hui, ce pari est tenu – au-delà même des projections – et les organisateurs ont désormais les yeux rivés vers la réussite des compétiteurs chinois qui se sont préparés avec détermination au cours des dernières années.

Ce double challenge était pourtant loin d’être évident lors de la phase de candidature.

A cette époque, Pékin avait en effet face à elle de redoutables projets incarnés par des villes et des pays du « Vieux Continent » qui est historiquement l’un des berceaux des sports d’hiver. Mais le retrait successif des candidatures européennes, parmi lesquelles Oslo (Norvège), Munich (Allemagne) ou encore Cracovie (Pologne), a finalement conduit à une finale avant l’heure entre la capitale chinoise et Almaty (Kazakhstan).

Si cette dernière avait alors grandement misé sur sa position de « vraie ville de sports d’hiver » pour contrecarrer le projet de Pékin, la force de frappe chinoise avait finalement fait basculer l’issue de l’élection de la Ville Hôte, le 31 juillet 2015.

Depuis lors, la Chine a méticuleusement préparé la venue des Jeux qui font de Pékin la première Ville Olympique à accueillir l’événement estival (2008) et hivernal (2022) et ce, en dépit des critiques sur la protection de l’environnement, des polémiques sur les droits de l’Homme, et de la crise sanitaire.

Il n’empêche, le déroulement des Jeux de 2022 sera singulier à plus d’un titre.

Vue du National Speed Skating Oval de Pékin (Crédits – Beijing 2022 / Xinhua)

Au-delà de l’absence de spectateurs étrangers et d’une présence réduite de spectateurs locaux, les Jeux gagneront un territoire jusqu’alors peu pourvu de stations de ski, les montagnes les plus proches de Pékin étant paradoxalement enclavées par rapport à la vaste mégalopole avant la construction de la ligne à grande vitesse reliant la capitale à Zhangjiakou. Surtout, les Jeux seront marqués par une abondante production de neige artificielle afin de combler le manque d’enneigement naturel et ce, même si de récentes précipitations ont été relevées autour des sites destinés aux compétitions.

Face au scepticisme affiché par les détracteurs de ce modèle, Pékin 2022 tâche ces derniers jours de présenter son projet comme étant l’un des plus responsables sur le plan environnemental.

Précisant à juste titre le fait que l’enneigement artificiel n’est pas une nouveauté dans le cadre de l’organisation des Jeux d’hiver, Joe Fitzgerald a ainsi récemment défendu le concept chinois.

Ancien coordinateur au sein de la Fédération Internationale de Ski (FIS), cet ancien skieur acrobatique canadien est aujourd’hui consultant au Genting Snow Park à Zhangjiakou.

Comme il l’a notamment affirmé :

J’ai participé à huit éditions des Jeux Olympiques, et il y a toujours eu de l’enneigement artificiel. Nous utilisons de la neige artificielle pour nous assurer d’avoir une surface homogène.

Cela permet aussi de réduire les blessures, car avec la neige artificielle, vous avez une surface constante sur laquelle opérer.

Depuis déjà quelques semaines, les organisateurs s’appuient sur une armada de 300 canons à neige automatisés qui sont pilotés par un système de contrôle intelligent, ajustant la production au regard des conditions climatiques et des besoins sur site.

Pour produire plusieurs dizaines de millions de litres d’eau projetés en neige artificielle sur les sites, ces canons puisent dans les réservoirs pour partie aménagés dans l’optique des Jeux et pour lesquels des canalisations souterraines ont été installées pour assurer une réutilisation de la neige et de l’eau.

Expert italien, recruté par Pékin 2022 comme consultant en charge du développement des pistes de ski de Zhangjiakou, Davide Cerato affiche lui-aussi une totale confiance dans la stratégie mise en œuvre par les organisateurs.

Ainsi qu’il l’a déclaré :

Nous avons conçu le dernier système d’enneigement artificiel. Il est très efficace en matière de consommation énergétique et d’utilisation des ressources en eau.

En présence de neige naturelle, le travail est plus important. Vous dépensez plus de ressources pour préparer le parcours car vous devez compacter la neige avec des machines et de la main-d’œuvre pour répondre aux exigences de la FIS en la matière.

(Crédits – Beijing 2022 / Cui Jun)

Outre les réponses apportées par Pékin 2022 sur cette problématique de l’enneigement, le volet environnemental des prochains Jeux repose aussi sur la gestion énergétique autour des sites qui vont accueillir les épreuves au début du mois de février.

Que ce soit à Pékin – où les sites hérités de 2008 seront réutilisés, avec en complément le seul aménagement de l’Anneau de vitesse – ou à Zhangjiakou et Yanqing, les organisateurs ont ainsi souhaité agencer des sites qui répondent aux dernières normes, via l’installation de panneaux photovoltaïques, de système de réutilisation des eaux pluviales, ou encore de technologies de pointe pour les patinoires, grâce notamment à l’utilisation du dioxyde de carbone comme réfrigérant.

Concernant les sites de montagnes, les organisateurs ont par ailleurs veiller à végétaliser les surfaces non-bétonnées limitrophes des infrastructures pour permettre une meilleure infiltration des eaux pluviales et des opérations de reforestation ont également été menées.

Sur l’aspect – important – des transports des délégations et des athlètes, Pékin 2022 entend là-aussi faire figure de bon élève, avec pour le seul secteur de Zhangjiakou, le déploiement de 655 véhicules à hydrogène, qui viendront à terme compléter le dispositif déjà existant dans la région reposant sur deux usines de production et sur huit stations de ravitaillement.

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