Jeux Asiatiques 2030 : Le Qatar et l’Arabie Saoudite sur les rangs

Rivaux sur la scène diplomatique régionale, le Qatar et l’Arabie Saoudite le sont aussi sur le terrain sportif, comme en témoigne le dépôt de deux candidatures distinctes auprès du Conseil Olympique d’Asie (OCA) dans l’optique d’organiser les Jeux Asiatiques de 2030.

(Crédits – Conseil Olympique d’Asie)

Trois mois après l’appel lancé par l’OCA à destination des 45 Comités Nationaux Olympiques (CNO) membres de l’organisation continentale, deux des CNO ont déposé chacun un dossier de candidature, dossier accompagné de lettres officielles signées par les autorités gouvernementales.

Avec l’appui de leur CNO respectif, les villes de Doha (Qatar) et Riyad (Arabie Saoudite) se sont ainsi positionnées pour accueillir la 21ème édition des Jeux Asiatiques en 2030.

Pour le Président de l’OCA, par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO), Cheikh Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, la réception des deux offres précitées est une aubaine :

L’organisation est ravie de recevoir deux offres solides pour nos Jeux Asiatiques en 2030. Cela montre la confiance dans le Mouvement Olympique en Asie et cela renforce encore davantage notre réputation dans l’organisation d’événements sportifs de classe mondiale.

Avec ces deux candidatures pour 2030, nous avons désormais la sécurité et la stabilité pour notre mouvement sportif afin d’affronter la nouvelle décennie. Cela va permettre à nos CNO, à nos partenaires et surtout à nos athlètes, d’avoir une vision solide pour l’avenir, à court, moyen et long terme.

Bien que le scrutin pour départager les deux prétendantes ne soit prévu que le 29 novembre prochain, à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’OCA, l’institution a d’ores et déjà la certitude de confier les Jeux à un pays de l’Ouest asiatique, après cinq éditions successives programmées sur la partie Est du continent.

En 2010, Guangzhou (Chine) fut en effet le lieu de célébration de l’événement, avant Incheon (Corée du Sud) en 2014, et Jakarta-Palembang (Indonésie) il y a deux ans. La ville de Hangzhou (Chine) se prépare quant à elle à recevoir l’édition 2022, alors que Aichi-Nagoya (Japon) a été désignée pour accueillir les Jeux en 2026. Pour ces deux dernières éditions, la présence de l’Asie de l’Est sur la scène sportive internationale est d’ailleurs renforcée par l’organisation à venir des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Pékin 2022, ainsi que par la venue des Jeux de la Jeunesse dans la province Sud-Coréenne de Gangwon en 2024.

Cérémonie d’ouverture des Jeux Asiatiques de Jakarta-Palembang 2018 (Crédits – Conseil Olympique d’Asie)

Pour l’Arabie Saoudite, les enjeux sont colossaux, le royaume dirigée par le souverain Salmane ben Abdelaziz Al Saoud – avec la participation de l’héritier au trône, le Prince Mohamed ben Salmane – n’ayant jamais eu l’opportunité de recevoir pareil événement sportif sur son territoire.

Pour Doha, l’obtention éventuelle des Jeux Asiatiques 2030 pourrait bien constituer un tremplin en vue d’une nouvelle tentative olympique et ce, après ses échecs pour 2016 puis 2020, la ville ayant alors été recalée à l’issue de la phase de requérance.

En effet, si l’on considère l’ambition sans cesse évoquée du pays de décrocher de grands événements, avec en plus le prisme d’un processus de candidature repensé par le CIO, l’idée d’une nouvelle offre de Doha n’est pas totalement à écarter, même si des doutes demeurent quant à la faisabilité d’une telle entreprise.

En 2014, le Cheikh Ahmad Al-Fahad Al-Sabah en personne n’avait pas négligé un possible projet de la ville pour les Jeux. Comme il l’avait alors affirmé :

Nous sommes capables dans de nombreuses villes du Moyen-Orient d’accueillir les Jeux Olympiques.

Dubaï est prête, Doha est prête.

Vue d’ensemble du gigantesque complexe sportif et académique de l’Aspire Zone au Qatar (Crédits – Aspire Zone)

Hypothétique à ce stade, un nouveau projet pourrait en tout cas bénéficier des dernières réformes olympiques, qui misent sur un dialogue régulier avec les parties et sur une utilisation maximale de sites existants ou temporaires. Surtout, il ne faut pas oublier que le CIO pourrait être enclin à se diriger vers de nouveaux pays, avec un concept olympique rénové, dans le cas où ses alliés traditionnels viendraient à manquer en dépit des efforts déjà réalisés pour relancer la dynamique de projets après les aléas constatés pour 2022, 2024-2028 et même 2026.

Quoiqu’il en soit, l’échéance 2032 est aujourd’hui non-atteignable pour Doha et le reste du Moyen-Orient, le CIO étant en discussion étroite avec le Queensland (Australie), la Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne) et dans une autre mesure, avec l’Indonésie.

En revanche, en fonction des ambitions qui seront exprimées par les uns et les autres le moment venu, une candidature pour 2036 ou au-delà peut apparaître comme envisageable, sauf à penser que le rêve olympique n’en est plus un pour le Qatar.

D’ici-là, Doha – déjà hôte des Jeux Asiatiques en 2006 – devrait immanquablement valoriser la qualité de ses infrastructures pensées au sein de l’Aspire Zone pour convaincre les membres électeurs de l’OCA, tout en profitant aussi de la visibilité offerte par les Championnats du Monde d’Athlétisme l’an passé et par la prochaine Coupe du Monde de Football qui aura lieu dans le pays en 2022 et ce, même si ces deux manifestations ont pu ou peuvent encore soulever nombre de critiques.

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