Paris 2024 : Un garant de la concertation pour le projet de Centre Aquatique

Longtemps espéré mais jamais réalisé, le projet d’aménagement d’un Centre Aquatique Olympique en région parisienne est aujourd’hui sur le point de se concrétiser.

Ainsi, avec l’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 à Paris, le projet – évoqué dès le milieu des années 1980 et la candidature de la capitale à l’organisation des JO 1992 – est passé d’une promesse de campagne à un engagement ferme. Cet engagement a d’ailleurs été réitéré par la signature, il y a un peu plus d’un mois, d’un Protocole de cofinancement des Jeux de 2024 par les différentes parties prenantes, incluant l’État, la Région Île-de-France et la Ville de Paris.

En ce mois de juillet, une étape supplémentaire a été franchie pour les préparatifs à la construction de ce site, l’un des deux seuls nouveaux sites envisagés de manière pérenne par Paris 2024.

Par une décision en date du 18 juillet dernier, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a en effet désigné Jean-Louis Laure en qualité de garant de la concertation préalable du projet de Centre Aquatique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

(Crédits – Capture d’écran Sport & Société / Dailymotion)

Comme le précise la CNDP sur son site Internet, « un garant de concertation préalable a pour rôle de s’assurer que le public dispose des informations pertinentes et de garantir sa participation effective à la concertation, notamment à travers la formulation d’observations et propositions ».

La Commission – présidée par Chantal Jouanno, ancienne Ministre des Sports sous la mandature présidentielle de Nicolas Sarkozy – a donc choisi de faire confiance à une personnalité reconnue, diplômée de l’ancien Institut d’Urbanisme de Paris, devenu depuis 2015, l’École d’Urbanisme de Paris.

Au cours de sa carrière, Jean-Louis Laure a eu l’occasion d’occuper diverses fonctions de direction avant de s’installer comme consultant pour l’accompagnement de projets. En parallèle de ses missions, Jean-Louis Laure a aussi exercé comme membre de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) lorsqu’il fut question, en 2014, d’examiner la pertinence du projet de construction du Grand Stade de rugby à Ris-Orangis (Essonne), projet finalement abandonné par la Fédération Française de Rugby (FFR) sous la présidence de Bernard Laporte.

Désormais chargé de superviser la concertation préalable du projet de Centre Aquatique, Jean-Louis Laure aura un rôle essentiel pour mener à bien les débats d’une entreprise qui comprend, outre l’aménagement du Centre Aquatique, la réalisation d’une passerelle piétonne de franchissement de l’autoroute A1 en direction du Stade de France appelé à devenir le Stade Olympique en 2024.

Ce projet global, d’un coût prévisionnel inférieur à 150 millions d’euros, donnera ainsi lieu à une concertation qui s’ouvrira dès le mois d’octobre et se poursuivra deux mois durant jusqu’en décembre 2018. La concertation précisera alors les contours de la structure sportive où s’affronteront les meilleurs nageurs de la planète à l’été 2024.

Visuel affiné du Centre Aquatique, présenté en juin 2018 (Crédits – Paris 2024 / Luxigon)

Mêlant à la fois ambition sportive et impératif d’héritage pour le territoire de la Seine-Saint-Denis, le projet de Centre Aquatique repose concrètement sur l’aménagement de bâtiments pérennes et d’installations temporaires sur le site de la Plaine Saulnier à Saint-Denis.

De fait, deux bassins seront maintenus en l’état après les Jeux et mis à la disposition du public et de la Fédération Française de Natation (FFN) pour l’accueil de grands championnats. Un bassin olympique de 50 mètres sera ainsi dédié à la natation et un bassin de 25 mètres sera consacré au plongeon.

La capacité des tribunes sera toutefois revue à la baisse après les Jeux et ce, afin d’assurer l’utilisation optimale du site, sur le modèle du Centre Aquatique de Londres (Royaume-Uni) ou de celui de Budapest (Hongrie).

Si deux bassins seront pérennisés, trois autres seront néanmoins démantelés à l’issue des compétitions olympiques et paralympiques. Dans une volonté de laisser une marque et un héritage à la Seine-Saint-Denis, ces trois structures seront par la suite installées sur ce territoire qui enregistre aujourd’hui des inégalités dans la maîtrise de la natation par les enfants et une carence concernant le nombre de piscines disponibles.

D’autres bassins limitrophes de la capitale bénéficieront par ailleurs des Jeux avec, là-encore, la volonté de créer un héritage matériel fort. La Piscine de Marville doit ainsi être rénovée dans l’optique des compétitions de 2024 et un Centre Aquatique doit être édifié dans le secteur du Fort d’Aubervilliers. Durant les Jeux, ces deux sites serviront d’espaces d’entraînement pour les nageurs inscrits aux épreuves.

Visuel du Centre Aquatique (Crédits – Paris 2024 / Populous / Luxigon)

Bien que dépendant de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, le projet de Centre Aquatique s’inscrit surtout dans un cadre plus large de régénération urbaine pour ce qui deviendra à terme la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) de la Plaine Saulnier.

Ce chantier d’ampleur, pour lequel une concertation préalable spécifique a été ouverte le 10 juillet, doit permettre un désenclavement du site cerclé par d’importants axes autoroutiers (A1, A86) et implanté à quelques encablures du Stade de France, mais également du futur Village Olympique et Paralympique.

Deux phases distinctes de travaux seront dès lors réalisées en tenant compte du calendrier des Jeux dans un premier temps, et du réaménagement urbain, au sens large, dans un second temps.

L’aménagement du Centre Aquatique et de la passerelle piétonne de franchissement de l’A1 sera le premier élément de ce qui sera in fine un nouveau quartier de Saint-Denis. Car à l’issue des Jeux, quelques 500 logements, des bureaux, des services, mais aussi un groupe scolaire prendront place au sein de la ZAC Plaine Saulnier. Ces structures, qui cercleront pour partie le Centre Aquatique, seront accompagnés de l’installation d’activités sportives de plein air et d’un mobilier urbain adapté aux nouvelles pratiques sportives.

La programmation prévisionnelle du quartier de la ZAC Plaine Saulnier, avec le Centre Aquatique et le franchissement piéton en direction du Stade de France (Crédits – Dossier de concertation)

In fine, l’instauration de la concertation préalable pour la ZAC Plaine Saulnier et celle à venir pour le projet global de Centre Aquatique illustrent parfaitement l’importance que peut revêtir l’organisation des Jeux comme tremplin à une transformation urbaine de grande ampleur.

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