JO 2022 : Le développement du métro, argument majeur pour Cracovie

La ville polonaise de Cracovie songe depuis quelques années à se doter de lignes de métro. Ces dernières permettraient en effet de désengorger le centre-ville traversé par les voitures mais aussi d’offrir un moyen de transport propre pour les habitants et les touristes.

Chaque année, plus de 9 millions de visiteurs parcourent le cœur historique de la seconde ville de Pologne, tandis que plusieurs centaines de milliers de personnes doivent utiliser leur voiture ou les transports en commun chaque jour.

De fait, un projet de trois lignes de métro a vu le jour et pourrait bénéficier du coup de projecteur accordé par la candidature olympique sur la ville.

Lignes de métro - Cracovie

Ainsi, les promoteurs du projet espère la réalisation d’une première tranche de travaux entre 2014 et 2020 et ce, afin de livrer une ligne de métro fonctionnelle au moment des Jeux en 2022.

Face aux coûts d’un tel projet, les autorités polonaises devraient toutefois faire appel à l’Union Européenne.

L’aménagement d’une ligne de métro nécessiterait en effet le déploiement de 9 à 11 milliards de zloty (soit 2,14 à 2,6 milliards d’euros). Cet investissement comprendrait la réalisation de tunnels sur une partie du trajet estimé à 17 kilomètres ainsi que l’aménagement des voies et l’achat du matériel roulant.

Dans ce financement global, l’Union Européenne pourrait apporter une garantie de 4 à 5 milliards de zloty (950,7 millions à 1,2 milliard d’euros). C’est en tout cas l’espoir des autorités polonaises. Le reste des dépenses serait pris en charge sur la base d’un partenariat public-privé.

Une étude de faisabilité devrait livrer ses conclusions dans le courant de l’année 2014-2015 avant la recherche de constructeurs et la signature des contrats de réalisation entre 2016 et 2017. Les premiers travaux pourraient de fait avoir lieu dans la foulée.

Ce n’est pas la première fois qu’une ville, requérante ou candidate aux Jeux, souhaite profiter du prestige de l’événement pour entreprendre une réorganisation de son tissu urbain.

Au début des années 2000, Athènes (Grèce) avait par exemple entrepris un plan d’aménagement particulièrement conséquent afin de faciliter et de fluidifier la circulation dans et autour de son territoire.

Dès 2001, la capitale grecque avait ainsi lancé la construction d’un nouvel aéroport international disposant d’une capacité de 16 millions de passagers par an, pour un coût de 2,5 milliards d’euros.

En parallèle de cet aménagement important, les autorités grecques s’étaient engagées dans l’extension des lignes de métro existantes (1,6 milliard d’euros), de même que la construction d’un tramway (350 millions d’euros) ou encore le prolongement du réseau de transport suburbain, équivalent du RER francilien (640 millions d’euros).

Mais l’un des investissements majeurs fut sans conteste la réalisation de l’Attiki Odos, véritable périphérique autoroutier de 65 kilomètres.

A l’époque, ce projet vieux de plusieurs années, avait pu se concrétiser grâce au soutien économique de l’Union Européenne, notamment au travers de son Fonds Structurels et de Cohésion de la Communauté Européenne. Ainsi, le coût global (1,3 milliard d’euros) fut partagé entre l’État grec et l’UE pour 35% (420 millions d’euros) et la compagnie de concession « Attiki Odos SA » pour 65% (880 millions d’euros).

Aujourd’hui, la Pologne semble vouloir s’inspirer du modèle grec pour moderniser ses réseaux de transports en commun.

Mais la bonne gestion des deniers publics et surtout la mise en œuvre d’un plan de développement post-olympique s’avère néanmoins une nécessité absolue afin de ne pas reproduire les erreurs commises par la Grèce. Car bien que le pays devait moderniser ses transports, la ville organisatrice n’avait pas su établir une stratégie à long terme.

Illustration : Crédits – DziennikPolski24.pl

6 pensées

  1. C’est assez courant de voir des villes requérantes ou des villes hôtes profitées des JO entre autre pour se rénover au niveau urbain, notamment au niveau des transports ! C’est d’ailleurs souvent l’un des coûts majeurs ! Rien d’étonnant à ce que Cracovie veulent faire de même.

    Athènes l’avait fait elle aussi… Rio compte aussi profité de la multiplication d’événements sportifs pour se rénover en particulier avec son nouveau tramway. Et outre mesure, Pékin et Londres se sont servit des JO pour rénover leur métro vieillissant… Des travaux qui auront pesé lourd dans la facture, mais nécessaire au développement des villes. Sinon elle n’aurait jamais connu ses modernisation.

    Mais il faudra également voir si cela est faisable d’un point de vue archéologique. Cracovie est une ville ancienne et historiquement importante… Rome a connu un véritable calvaire pour construire son métro le siècle dernier à cause de tous les sites historiques protégés (d’où le fait qu’il n’y ait que 2 rames de métro, étonnant pour une capitale !)… J’espère que Cracovie ne connaîtra pas le même problème !

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