Trois jours après l’audition des porteurs de la candidature par la Commission de Futur Hôte du Comité International Olympique (CIO), le projet helvète visant l’organisation des Jeux d’hiver à l’horizon 2030 a obtenu l’appui unanime du Parlement du Sport, renforçant de facto un concept pensé à l’échelle de la Suisse toute entière.

Comme ses rivales – la France et la Suède – la Suisse sera bien de la partie, la semaine prochaine, au moment où la Commission de Futur Hôte recommandera un ou plusieurs projets à la Commission Exécutive du CIO afin de permettre à cette dernière d’engager la phase de dialogue ciblé qui aboutira, courant 2024, à la désignation de l’Hôte des JO 2030.
En effet, tandis que les pouvoirs publics s’étaient déjà rangés en faveur du projet helvète, celui-ci devait encore recueillir l’aval des Fédérations sportives olympiques réunies au sein du Parlement du Sport de Swiss Olympic.
Aussi, ce vendredi 24 novembre 2023, la 27e Assemblée dudit Parlement s’est prononcée à l’unanimité pour la poursuite des discussions jusqu’à présent menées avec l’institution olympique selon la nouvelle procédure établie pour accroître les échanges et insuffler une dynamique repensée en ce qui concerne le modèle des Jeux.
Ainsi que l’a fait savoir Swiss Olympic dans un communiqué diffusé à l’issue de la grand-messe du sport helvète orchestrée à Ittigen, près de Berne :
Grâce à la décision favorable prise par les délégués aujourd’hui, le projet Switzerland 203X reste à l’ordre du jour.
Ce projet prévoit des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver organisés en Suisse en 2030 (ou 2034) selon un nouveau concept : des Jeux décentralisés, se déroulant aux quatre coins du pays, utilisant les infrastructures existantes et préservant les ressources au maximum.
Le Parlement du Sport a approuvé la requête du Conseil Exécutif visant à entamer la phase finale du dialogue avec le CIO en vue d’organiser de tels Jeux d’hiver et à permettre aux deux parties de procéder à un examen approfondi de la candidature.
Signe de l’importance de la décision adoptée par le Parlement du Sport et, de surcroît, de l’unité constatée au niveau du projet olympique et paralympique, la Vice-Présidente du Conseil Fédéral, Viola Amherd, était présente sur place.
A la tête du Département de la Défense, de la Protection de la population et des Sports (DDPS), la Conseillère a d’ailleurs salué l’engagement des autorités sportives du pays en ces termes :
C’est une grande chance pour la Suisse comme pour le Mouvement olympique.

A présent, la candidature – qui a été examinée et auditionnée mardi 21 novembre par les membres de la Commission de Futur Hôte du CIO – va devoir patienter au moins jusqu’au mercredi 29 novembre pour être fixée sur son sort.
Tandis que trois concurrentes se sont officiellement positionnées sur la première échéance, la seconde est en revanche privilégiée par Salt Lake City (Utah, États-Unis) qui devrait être seule en piste pour décrocher l’an prochain l’édition 2034. Concernant 2030, les trois concepts présentés offrent tous la garantie de disposer les Jeux dans des territoires ayant une forte connaissance et expertise des sports d’hiver.
Les Alpes françaises se proposent ainsi d’accueillir les Jeux entre deux régions – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur – et au sein de quatre clusters identifiés pour recevoir les compétitions de neige et de glace dans la lignée des éditions de Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992.
La Suède pour sa part, en dépit de huit tentatives passées, dont la dernière pour 2026, attend toujours de pouvoir organiser les premiers Jeux d’hiver de son histoire. Une sorte d’anomalie alors que le pays est l’un des fleurons des sports d’hiver et possède l’un des plus beaux palmarès en la matière. Pour réceptionner les anneaux olympiques, Stockholm a dès lors choisi de faire alliance avec Are, Falun et Östersund pour convaincre du bien fondé de son projet, avec également le concours de la Lettonie pour les épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton.
Quant à la Suisse, une réflexion a été conduite au printemps 2023 pour identifier les forces et faiblesses d’un possible projet, tout en réévaluant les critères pour déposer une candidature susceptible de satisfaire tant aux exigences institutionnelles qu’à l’appréciation d’une opinion publique qui s’est régulièrement élevée contre une telle entreprise dans le pays. Pour ce dernier, l’accueil des Jeux serait une première – exception faite des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Lausanne 2020 – depuis l’édition de St-Moritz en 1948.

En prévision de l’étape décisive de la semaine à venir – et, le cas échéant, de la sélection de la candidature pour poursuivre le dialogue avec le CIO – une structure ad hoc a été créée pour assurer la gestion du projet pour lequel une dotation de 2,1 millions de francs suisses (2,17 millions d’euros) a été allouée par le Parlement du Sport.
L’association sera coprésidée par Ruth Wipfli Steinegger, Vice-Président de Swiss Olympic, et Urs Lehmann, Président de Swiss Ski.
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