Milan-Cortina 2026 : L’État italien amorce son entrée dans la gouvernance

En accordant récemment une rallonge de 400 millions d’euros supplémentaires pour les travaux d’infrastructures complémentaires aux préparatifs des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, le gouvernement italien a également souhaité investir le Comité d’Organisation et ce, afin de reprendre la main pour assurer un contrôle plus rigoureux des dépenses et des délais.

Mario Draghi, après sa rencontre avec le Président de la République italienne, lors de la présentation de l’équipe gouvernementale, vendredi 12 février 2021 (Crédits – Presidenza della Repubblica)

Si Giovanni Malago conservera sa casquette de Président du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, en plus de ses fonctions de Président du Comité National Olympique (CONI) et de membre du Comité International Olympique (CIO), il devra néanmoins composer avec une nouvelle gouvernance.

De fait, ce jeudi 11 août, à l’issue d’une réunion du Conseil des Ministres, Mario Draghi pourrait annoncer le choix du représentant de l’État qui intégrera sous un mois les rangs du Comité d’Organisation en qualité de nouveau Directeur Général, remplaçant de facto Vincenzo Novari, annoncé partant ces dernières semaines, mais toujours en place depuis sa nomination en novembre 2019.

Ce changement à la tête de l’exécutif de Milan-Cortina 2026 pourrait par ailleurs s’accompagner d’autres départs et arrivées au sein de la structure organisationnelle et ce, afin de donner une dynamique nouvelle à moins de quatre années des Jeux et alors que les retards commencent à se faire ressentir, notamment en ce qui concerne le stratégique dossier du sponsoring.

Plusieurs candidats potentiels au poste de Directeur Général ont en tout cas été présentés dans la presse transalpine, sans qu’aucune piste claire ne se détache pour autant.

Giovanni Malago, Président du Comité d’Organisation des Jeux de Milan-Cortina 2026, à gauche, et Vincenzo Novari, Directeur Général dudit Comité, à droite, lors de la visite d’une délégation nippone au siège du Comité, à la mi-juillet 2022 (Crédits – Milano-Cortina 2026)

Le nom de Flavio CATTANEO avait ainsi été évoqué, mais ce dernier aurait décliné avant même la moindre proposition gouvernementale.

Son profil pouvait néanmoins correspondre, au regard de son expérience passée et des fonctions qu’il a pu exercer au sein de grandes entreprises italiennes.

Diplômé en architecture de l’École Polytechnique de Milan, Flavio Cattaneo est également diplômé en finances et gestion d’entreprises de l’École de Commerce milanaise SDA Bocconi School of Management.

Grâce à ce cursus universitaire, il a pu gravir les échelons de plusieurs entreprises du secteur de l’immobilier, de l’énergie, des médias et, plus récemment, des transports. Il s’est notamment illustré à la Direction Générale de la RAI (2003-2005), puis au sein de Terna – Rete Elettrica Nazionale S.p.A (2005-2014), avant de rejoindre l’opérateur ferroviaire privé NTV – Nuovo Trasporto Viaggiatori (2015-2016), puis Telecom Italia (2016-2017) et de retrouver NTV où il occupe depuis 2018 les fonctions de Vice-Président.

Concernant Andrea ABODI, les élections législatives anticipées lors desquelles il portera les couleurs du parti Fratelli d’Italia (droite à extrême droite) sont pour l’heure une priorité, lui qui se rêverait en futur Ministre des Sports.

Là-encore, le parcours professionnel de ce dernier semble pourtant cocher bon nombre de cases.

Président de l’Istituto per il Credito Sportivo, Andrea Abodi est diplômé de la Libera Universita degli Studi Sociali Guido Carli de Rome où il s’est spécialisé dans la gestion du sport et le développement des activités de marketing sportif.

Dès la fin des années 1980, il exerça d’ailleurs comme Directeur du marketing de la filiale italienne de la multinationale américaine IMG (International Management Group) et ce, jusqu’en 1994.

Il a par la suite été l’un des co-fondateurs de Media Partners Group, alors leader italien dans l’économie du sport, avant d’intégrer les structures du secteur routier et autoroutier de l’Azienda Strade Lazio SpA et Arcea Lazio SpA en qualité de Président.

Mais celui qui fut l’un des administrateurs du CONI (2002-2008) a surtout été Directeur Général du Comité d’Organisation pour la phase finale de la Coupe du Monde de baseball 2009, dont la tenue fut coordonnée par plusieurs pays européens, dont l’Italie, et Directeur du marketing au sein du Comité de Candidature de Rome 2004.

Malgré l’échec du projet olympique et paralympique italien, Andrea Abodi a maintenu son intérêt pour l’ambition transalpine, ayant ainsi été l’une des chevilles ouvrières du Comité de Candidature de Rome 2020.

Enfin, le profil de Michele UVA a également été avancé en raison de son parcours et de ses fonctions internationales actuelles au sein de l’UEFA, où il est Directeur du Football et de la Responsabilité Sociale depuis 2020, après avoir été membre du Comité Exécutif et Vice-Président de l’instance européenne (2017-2020) et, encore auparavant, Directeur Général de la Fédération Italienne de Football (2014-2018).

Diplômé de l’Université de Bologne, il s’est d’abord distingué auprès de structures de volleyball, avant de rejoindre, un temps, le monde du basket, mais surtout, celui du football.

Ainsi, dès 1996, Michele Uva occupa le poste de Directeur Général du club de Parme qui, à l’époque, remporta plusieurs trophées majeurs. Il occupera ensuite ces mêmes fonctions au sein d’un autre club important du Championnat italien, en devenant en 2001, Directeur Général et Vice-Président de la Lazio de Rome.

Au cours des deux dernières décennies, Michele Uva a aussi été Chef de projet pour la candidature italienne à l’organisation de l’UEFA EURO 2016 – finalement attribuée à la France – avant d’épauler le CONI, où il a côtoyé Giovanni Malago plusieurs années durant, et où il fut notamment Chef de mission pour les Jeux d’hiver de Sotchi 2014.

L’emblème « Futura » dans sa version olympique et dans sa déclinaison paralympique (Crédits – Milano-Cortina 2026)

La révélation sur l’identité du futur Directeur Général du Comité d’Organisation des Jeux n’est plus qu’une question d’heures, ou de jours.

Quoiqu’il en soit, le dernier mot reviendra au Président démissionnaire du Conseil, Mario Draghi.

Ce dernier – qui a accompagné les préparatifs de l’événement olympique et paralympique depuis sa prise de fonction en février 2021 – compte choisir un profil qui correspondra à ses exigences pour une organisation la plus efficace possible, et qui sera en capacité d’affronter à la fois le résultat des urnes en septembre, avec les possibles incidences sur les engagements de l’État consentis jusqu’alors, mais aussi les futurs chantiers à conduire d’ici 2026.

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