Paris 2024 fait le bilan de l’année écoulée et se projette sur une année 2021 capitale

Comme attendu, le Conseil d’administration de Paris 2024 a approuvé ce jeudi un concept révisé des Jeux, avec une nouvelle cartographie des sites et l’apport de précisions concernant le budget d’organisation de l’événement.

Visuel du live-site du Trocadéro projeté pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 (Crédits – Paris 2024 / Populous / Luxigon)

A l’issue d’un automne chargé, les parties au projet des Jeux de 2024 se sont retrouvées cette semaine pour l’ultime réunion du Conseil d’administration en cette année 2020.

Plusieurs sujets avaient été inscrits à l’ordre du jour de ce rendez-vous majeur pour d’abord sélectionner les stades destinés à accueillir les tournois olympiques de football en 2024, pour ensuite faire le bilan d’une année fortement marquée par la crise sanitaire liée au Covid-19, et pour enfin tracer les objectifs d’une année 2021 jugée cruciale pour intensifier les démarches liées aux préparatifs des Jeux, tout en suivant l’enclenchement effectif des chantiers majeurs, à commencer par celui du Village des Athlètes sous la supervision de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO).

Aussi, le Conseil d’administration a pu faire le point des derniers dossiers ayant été étudiés par l’ensemble des acteurs engagés dans l’organisation des Jeux depuis l’adoption des grandes orientations de la revue de projet actées à la fin du mois de septembre par ce même Conseil.

Pour rappel, le 25 novembre dernier, le Bureau Exécutif de Paris 2024 a notamment présenté la nouvelle cartographie des sites mobilisés pour recevoir le plus grand événement sportif au monde, une cartographie fondée sur l’utilisation confirmée de monuments emblématiques de la région francilienne comme le Château de Versailles.

Surtout, les choix opérés lors de ce Bureau Exécutif ont permis de planifier des économies de plusieurs dizaines de millions d’euros, conséquence d’une sollicitation renforcée d’infrastructures existantes comme le Parc des Expositions de la Porte de Versailles (15e arrondissement de Paris) et de la suppression d’enceintes temporaires initialement prévues au projet comme le Stade Aquatique Olympique de Saint-Denis et le Pavillon de volley-ball au Bourget.

Ledit Bureau a en outre conforté la place de la Seine-Saint-Denis au sein du dispositif des Jeux et ce, alors que les élus locaux avaient multiplié au cours des semaines précédentes les prises de position sur le terrain et dans les médias pour s’inquiéter d’un possible rétropédalage pouvant toucher les sites du département et encore davantage la promesse d’un Village des Médias, futur écoquartier modèle du département.

Quelques jours plus tard, les 1er et 2 décembre, le COJO a pu se satisfaire des encouragements adressés par la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) pour les JO 2024 concernant les efforts d’ores et déjà réalisés sur l’année écoulée pour revoir et affiner les contours du projet.

Cette réunion de travail a précédé de peu le rendez-vous de la Commission Exécutive de l’instance de Lausanne (Suisse) qui – contexte sanitaire oblige – s’est déroulé le 07 décembre en visioconférence pour entériner le programme des Jeux de Paris 2024 ainsi que les quotas d’athlètes appelés à participer aux compétitions dans un cadre paritaire inédit. Le 10 décembre, le Governing Board du Comité International Paralympique (IPC) a pour sa part validé le concept paralympique présenté par Paris 2024 avec une mutualisation accrue souhaitée autour de sites sportifs communs.

Carte des sites mobilisés pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024)

Au-delà des diverses décisions actées cet automne et qui devaient encore être définitivement validées, le rendez-vous de ce jeudi 17 décembre avait aussi pour objet d’apporter des précisions concernant la révision budgétaire pluriannuelle de Paris 2024 portant le budget d’organisation des Jeux à 3,903 milliards d’euros.

Comme un écho aux engagements pris cet été face au Président de la République, Emmanuel Macron, et au Président du CIO, Thomas Bach, Tony Estanguet, triple Champion Olympique de canoë-kayak, membre du CIO et Président du COJO, a d’ailleurs judicieusement rappelé lors d’une conférence de presse ayant suivie la réunion du Conseil d’administration :

Le budget de Paris 2024 est financé à près de 98% par de l’argent privé et on a toujours cette affirmation et cet engagement de dépenser les revenus qui auront été générés par Paris 2024 dans la livraison des Jeux, et seulement ces revenus, pour ne pas prendre le risque d’avoir un budget qui serait supérieur à nos prévisions.

Aussi, le COJO a fait savoir que deux éléments permettaient aujourd’hui d’envisager un accroissement des revenus, et donc de l’enveloppe budgétaire disponible et utilisable.

De fait, alors que cette dernière était jusqu’à présent mentionnée à 3,8 milliards d’euros, Paris 2024 a annoncé que l’optimisation du concept pouvait être de nature à générer des revenus supplémentaires sur le plan de la billetterie, grâce entre autre à l’utilisation du Stade Pierre Mauroy (Nord) en configuration aréna pour le tournoi de handball et le déplacement du rugby à 7 du Stade Jean Bouin (16e arrondissement) en direction du Stade de France (Saint-Denis) offrant de facto une jauge bien plus conséquente.

Dans le même temps, Paris 2024 a aussi obtenu du CIO la garantie d’un allongement de la contribution financière de l’ordre de 71 millions d’euros et ce, compte-tenu d’une hausse bienvenue des recettes du Programme des Partenaires Olympiques (TOP).

Concernant un autre point stratégique relatif au marketing des Jeux, à savoir le Programme des Sponsors, le COJO a profité du Conseil d’administration de cette semaine pour saluer l’apport de 502 millions d’euros en provenance des premiers Partenaires signataires, soit 46% des recettes attendues pour ce Programme.

Carte des sites mobilisés pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024)

Si l’année à venir sera déterminante pour le COJO dans l’optique de signer de nouveaux partenariats et ce, en dépit des bouleversements consécutifs à la crise sanitaire et économique, les prochains mois seront également décisifs pour accroître l’adhésion populaire et l’engagement des territoires derrière les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Pour y parvenir, le COJO entend s’appuyer sur le label « Terre de Jeux », déjà attribué à 11 Régions, 90 Départements et quelques 1 100 Communes, pour souligner et encourager les initiatives menées en faveur du sport. Il compte aussi miser sur le « Club Paris 2024 » pour établir des rencontres entre le public et les athlètes ambassadeurs des Jeux de 2024.

Le Comité d’Organisation va en outre lancer de nouveaux appels à projet au printemps 2021 dans le cadre du Fonds de dotation de Paris 2024 qui a pour objet de soutenir le développement de projets au sein desquels le sport est un outil d’impact social. Dans le cadre du premier appel à projets, lancé en coopération avec l’Agence Nationale du Sport (ANS), le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), 1 024 projets avaient été sélectionnés.

Comme pour faire le lien entre la tenue à venir des Jeux et l’héritage que ces derniers peuvent fournir avant même que ne débutent les compétitions, ledit Fonds de dotation vise par ailleurs à accompagner les acteurs, notamment issus du Mouvement sportif, les plus durement frappés par la crise actuelle.

Visuel du futur Centre Aquatique Olympique (Crédits – Architectes: VenhoevenCS + Ateliers 2/3/4/ Image: Proloog)

Pour consolider les divers objectifs précités fixés pour l’année 2021 en matière d’engagement, Paris 2024 espère maintenir, sinon accroître le niveau de soutien de la population pour les Jeux. Le COJO n’a d’ailleurs pas manqué de présenter les résultats d’une enquête réalisée par Harris Interactive.

Réalisé en ligne*, le sondage révèle que 84% des personnes interrogées se déclarent favorables à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 en France, un chiffre allant même jusqu’à 89% auprès des moins de 35 ans et même 90% auprès des personnes qui pratiquent une activité sportive en club ou en association au moins une fois par semaine.

De plus, l’enquête précise que 78% des sondés estiment que la tenue des JO 2024 aura un impact positif sur l’attractivité touristique du pays, tandis que 70% pensent que l’événement pourra avoir un effet similaire au niveau de l’emploi.

A l’inverse, seules 36% des personnes interrogées estiment que les Jeux de Paris 2024 permettront de réduire les inégalités sociales, un chiffre légèrement plus élevé (40%) en ce qui concerne l’impact positif des Jeux sur la prise de conscience écologique. Même si ces deux données enregistrent un fléchissement à la hausse depuis la première vague réalisée par Harris Interactive en juillet 2020, avec respectivement 3 et 4 points de plus, il sera intéressant de veiller aux prochaines enquêtes et aux enseignements de ces dernières à l’aune des aménagements aujourd’hui planifiés par Paris 2024 et ses partenaires sur la Seine-Saint-Denis notamment.

Paris 2024 doit en effet faire face à une contestation d’associations et de riverains autour de plusieurs projets prévus en lien avec les Jeux, que ce soit à Aubervilliers, où un centre aquatique destiné aux entraînements puis au grand public est projeté d’ici 2023, ou bien à Saint-Denis concernant l’aménagement d’un échangeur autoroutier pour les axes A86 et A1 non loin du futur Village des Athlètes.

Aussi, comme l’a fait savoir Tony Estanguet ce jeudi :

Nous sommes évidemment à l’écoute de la mobilisation de la population.

La SOLIDEO est également présente sur cette action car cela concerne aussi la construction d’ouvrages olympiques et paralympiques.

Nous avons aussi des actions de terrain. Il faut renforcer ce travail de communication et de pédagogie, car parfois il y a aussi une méconnaissance du projet, un projet qui va générer des opportunités économiques pour le territoire de la Seine-Saint-Denis sachant que plus de 2 milliards d’euros de marchés seront alloués dans les années qui viennent.

Le COJO sera d’ailleurs amené à être au plus près du terrain d’ici un mois, avec le déménagement effectif au 25 janvier 2021 du siège du Comité d’Organisation en direction de la Seine-Saint-Denis, en remplacement des bureaux du Boulevard Haussmann (8e arrondissement).

En plus des Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux, le Stade de France recevra aussi les épreuves olympiques et paralympiques d’athlétisme, ainsi que le tournoi olympique de rugby à 7 (Crédits – Paris 2024 / Elie Stephane Azoulay / DDPI / Luxigon)

En 2021, toujours sur cet aspect portant sur la mobilisation populaire, Paris 2024 tâchera de préciser les modalités de célébration des Jeux, même si la stratégie globale ne sera pas dévoilée avant l’achèvement des Jeux de Tokyo 2020 qui, nécessairement, seront une source d’inspiration pour les organisateurs français.

Ainsi que l’a déclaré Tony Estanguet :

La première étape, l’objectif de 2020, c’était de décider l’emplacement des sites de compétitions.

En 2021, notre objectif sera de travailler autour des concepts de célébration.

Concrètement, le COJO veillera prochainement à étudier le modèle prévu pour les Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux.

Même si certains rêvent de voir de tels manifestations se tenir dans les rues de Paris ou en Seine-Saint-Denis, à l’image des Cérémonies des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018 au cœur de Buenos Aires (Argentine), il ne faudrait pas négliger la dimension sécuritaire qui sera immanquablement au centre des discussions. Cela pourrait dès lors conduire à maintenir l’organisation des Cérémonies dans l’enceinte même du Stade de France (Saint-Denis), comme cela est d’ailleurs mentionné à ce jour sur les documents publiés par Paris 2024.

Des lieux de célébration – autrement dénommés fan-zones – devraient en revanche fleurir au moment des Jeux au sein des territoires mobilisés pour les compétitions, avec aussi une dimension culturelle forte qui sera progressivement établie dans l’Hexagone au travers de l’Olympiade Culturelle dès la fin des Jeux de Tokyo 2020, conformément au Contrat Ville Hôte signé en septembre 2017.

Dans le courant de l’année prochaine, le COJO travaillera enfin autour du relais de la flamme olympique qui traversera le territoire à l’aube des Jeux, entraînant la mobilisation de milliers de volontaires pour assurer le parcours jusqu’au soir de la Cérémonie d’ouverture programmée le vendredi 26 juillet 2024.

*Sondage réalisée en ligne du 14 au 16 décembre 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 15 ans et plus.

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