Paris 2024 : Démission annoncée de la Maire de Marseille

Élue cet été après une campagne municipale des plus mouvementées jusqu’au jour-même de l’installation du Conseil Municipal de Marseille, Michèle Rubirola va annoncer ce mardi après-midi sa démission de ses fonctions de Maire de la deuxième ville de France.

Célébration de la victoire du Printemps Marseillais lors des élections municipales de juin 2020 à Marseille (Crédits – Michèle Rubirola / Compte officiel Twitter)

Figure de proue de la liste du « Printemps Marseillais », attelage transpartisan mêlant des personnalités de la société civile et des représentants de la gauche marseillaise, allant des socialistes aux communistes en passant par les écologistes et les insoumis, Michèle Rubirola devait incarner le changement dans la Cité Phocéenne après 25 ans de contrôle par la droite de Jean-Claude Gaudin.

Aussi, bien que les caractéristiques du scrutin municipal marseillais – par arrondissement – et les résultats proclamés le 28 juin 2020 ont pu contribuer à l’incertitude plusieurs jours durant, les élus du « Printemps Marseillais » étaient finalement parvenus à remporter les clés de l’Hôtel de Ville et ce, à l’issue de tractations menées avec Samia Ghali.

Aujourd’hui néanmoins, les cartes pourraient être rebattues, avec la démission annoncée de Michèle Rubirola qui, pour des raisons de santé et peut-être aussi au regard de la pression exercée au sein de son équipe, préfère laisser la main pour le reste de la mandature, soit près de six années.

Si la logique est respectée, l’actuel Premier Adjoint, en la personne de Benoît Payan, devrait être installé dans le fauteuil de Maire de Marseille, lundi prochain à l’occasion de l’ultime séance du Conseil Municipal en 2020.

Cependant, le profil de celui qui fut le leader socialiste sous la dernière mandature (2014-2020), après avoir été membre du Cabinet de Michel Vauzelle, Président socialiste du Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (1998-2015), pourrait cristalliser des oppositions internes, les mêmes qui l’ont empêché d’incarner la tête de liste du « Printemps Marseillais » au lancement du mouvement.

Michèle Rubirola et Benoît Payan, le 21 novembre 2020 (Crédits – Benoît Payan / Compte officiel Twitter)

Dans l’attente de l’élection du nouveau Maire de Marseille, nul doute que la situation locale sera scrutée avec attention par les différentes composantes politiques nationales, mais également par les acteurs en charge de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

La deuxième ville de France doit en effet accueillir les épreuves de voile à l’été 2024, de même qu’une partie du tournoi olympique de football avec l’emblématique Stade Vélodrome. Sur ce point, l’intégration de l’enceinte de plus de 67 000 places – comme d’ailleurs celle des stades destinés au football – doit encore être validée par Paris 2024, ce jeudi 17 décembre.

Acquise dès l’automne 2015 durant la candidature de Paris 2024, la participation de Marseille au dispositif des JO a toutefois connu quelques péripéties au cours des derniers mois.

La majorité municipale conduite par Michèle Rubirola avait ainsi souhaité renégocier la participation financière de la Ville de Marseille dans les aménagements prévus pour moderniser les équipements de la Marina du Roucas Blanc.

Visuel de la Marina de Marseille dans le cadre du projet aux JO 2024 (Crédits – Paris 2024 / Populous / Luxigon)

Initialement, la Ville devait débourser 20,733 millions d’euros, soit la plus forte contribution au projet, le Département des Bouches-du-Rhône abondant pour sa part à hauteur de 20 millions d’euros, tandis que la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) devait apporter 3 millions, et que l’Agence Nationale du Sport (ANS) devait participer pour 1,267 millions d’euros. In fine, en conditionnant l’accueil des épreuves précitées, l’équipe municipale marseillaise a obtenu un réexamen du projet et une baisse drastique du reste à charge laissé à la Ville (9,733 millions d’euros).

Comme il fut alors indiqué, dans le cadre d’une délibération soumise au Conseil Municipal du mois d’octobre dernier :

Un accord financier a été trouvé, sous la forme d’une dotation de 2 millions d’euros supplémentaires de la part de l’État dans le cadre du Plan de Relance, et de 3 millions d’euros de subvention de la Région. Cet accord, qui prendra la forme d’une Convention multipartite, sera présenté à un prochain Conseil Municipal.

Ce soutien financier a été complété par une évolution substantielle du programme des travaux maritimes, opérée en lien étroit avec le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques, afin de réduire les travaux envisagés aux besoins strictement nécessaires à l’accueil des Jeux et à l’amélioration du fonctionnement du bassin du Roucas Blanc.

Le montant des travaux maritimes à réaliser a ainsi été ramené de 15 millions d’euros à 9 millions d’euros.

Visuel des tribunes temporaires de la Corniche Kennedy à Marseille (Crédits – Paris 2024 / Populous / Luxigon)

Nul doute que les jours à venir seront déterminants pour établir un nouveau visage à la tête de Marseille.

Ils seront aussi cruciaux pour sceller définitivement la participation de Marseille au sein du dispositif des Jeux de Paris 2024, un dispositif qui, pour l’heure, doit encore composer avec les vicissitudes de la vie politique marseillaise.

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