Paris 2024 : Le Grand Palais éphémère, un chantier singulier

Actuellement en cours d’aménagement sur le Champ-de-Mars (7e arrondissement), entre l’École Militaire d’un côté et la Tour Eiffel de l’autre, le Grand Palais éphémère s’affirme résolument comme un modèle d’infrastructure temporaire mais néanmoins durable.

Vue du chantier du Grand Palais éphémère sur le Champ-de-Mars à Paris, en octobre 2020 (Crédits – Paris 2024)

Au cœur d’un vaste site paysager, écrin de la Dame de Fer et autrefois théâtre des Expositions Universelles, le chantier du Grand Palais éphémère s’active depuis le 15 juillet dernier.

En l’espace de quelques mois, les travaux – réalisés sous la houlette du spécialiste de l’événementiel, GL Events, et selon les plans de l’architecte Jean-Michel Wilmotte – se sont accélérés et permettent aujourd’hui de visualiser ce que sera l’ouvrage une fois sa construction achevée.

Les premières semaines ont été consacrées à l’installation de palissades pour délimiter l’emprise du chantier, et donc le zoning du futur édifice. En complément, un marquage au sol a été réalisé et des panneaux d’information ont été disposés à proximité des stations de métro et ce, pour faciliter l’accès au Champ-de-Mars en toute sécurité pour les riverains et les promeneurs.

Mais surtout, au regard des spécificités d’un site figurant parmi les plus grands espaces verts de Paris, les ouvriers présents sur place se sont attelés à la mise en protection des fontaines et autres éléments architecturaux et paysagers, comme la statue du Maréchal Joffre, via un système de coffrage.

Chantier du Grand Palais éphémère sur le Champ-de-Mars (Crédits – Paris 2024)

A l’issue de cette phase préparatoire indispensable, couplée à une concertation voulue comme exemplaire avec les riverains des 7e et 15e arrondissements, les travaux du Grand Palais éphémère ont pu débuter, avec le montage progressif d’une charpente conçue par l’entreprise Mathis, société française spécialiste de la construction en bois, avec le concours du bureau d’ingénierie Chabanne, également à l’œuvre sur le site du futur Centre Aquatique Olympique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mais aussi sur l’Aréna de la Porte de la Chapelle (18e arrondissement) ou sur l’aménagement passé du Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines).

Ainsi, durant le mois de septembre, les premiers portiques de ladite charpente sont arrivés sur site après avoir été pré-fabriqués en atelier. Cette technique choisie répond à un double souci d’efficacité et de logistique, compte-tenu des impératifs calendaires d’une part, et d’une volonté de limiter au maximum les nuisances sonores et environnementales dans un espace urbain densément peuplé, d’autre part.

L’assemblage et le levage des éléments ont dès lors pu être enclenchés, à raison d’une journée et demie consacrée pour chaque arche, avec l’aide de deux grues et la présence de dizaines d’ouvriers. Au cours des semaines à venir, jusqu’à la fin du mois de décembre, l’intégralité des arches sera agencée, tout comme les éléments de la future toiture pour partie translucide, et les aménagements extérieurs.

Vue des arches déjà assemblées en octobre 2020 pour constituer le Grand Palais éphémère sur le Champ-de-Mars à Paris (Crédits – Paris 2024)

A son ouverture au public – et si les conditions sanitaires le permettent bien sûr – la structure du Champ-de-Mars avec ses 10 000 m² accueillera dans un premier temps les manifestations culturelles et autres défilés de mode habituellement organisés dans l’enceinte du Grand Palais (8e arrondissement), sous la responsabilité de la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais (RMN-GP). Pour rappel, le monumental édifice va devoir fermer ses portes pour trois années de rénovation, avant une réouverture programmée dans l’optique des Jeux de 2024 au cours desquels l’emblématique nef verra se dérouler les épreuves olympiques d’escrime et de taekwondo, ainsi que les compétitions paralympiques d’escrime-fauteuil et de para-judo.

Dans un second temps, le Grand Palais éphémère sera mis à la disposition du Comité d’Organisation des Jeux (COJO) qui pourra y accueillir des événements en amont des compétitions, notamment dans le cadre de la Semaine Olympique et Paralympique avec des visites à destination des scolaires des 7e et 15e arrondissements par exemple. Surtout, le site doit permettre le déroulement des épreuves olympiques de judo et de lutte à l’été 2024, sans oublier la tenue du tournoi paralympique de para-tennis de table.

Pour l’occasion, la structure – dont la jauge pourra atteindre 9 000 places – sera renommée Champ-de-Mars Aréna, afin de mieux localiser le site pour les médias et les futurs spectateurs, en le distinguant de facto du Grand Palais historiquement implanté sur l’autre rive de la Seine.

Durant les Jeux, le site fera face à une autre structure temporaire – le Stade Eiffel – où auront lieu le tournoi olympique de beach-volley et le tournoi paralympique de football à 5 dans une configuration à 12 860 spectateurs. De l’autre côté de la Dame de Fer, le Pont d’Iéna sera pour sa part au cœur de l’organisation des épreuves de natation en eau libre et du triathlon, avec en outre le passage à proximité des athlètes engagés dans le marathon, la marche, et la programmation du départ et de l’arrivée du para-cyclisme sur route.

Pour offrir un cadre de détente optimal, un live-site – ou fan zone – devrait par ailleurs être aménagé au niveau du Trocadéro (16e arrondissement). De quoi compléter un dispositif olympique et paralympique pensé dans un secteur mondialement connu qui devrait connaître une profonde métamorphose avant et après les Jeux.

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Avant d’établir le Grand Palais éphémère dans la configuration que l’on connaît à présent, trois propositions issues des cabinets de trois architectes distincts furent présentées, l’option portée par Jean-Michel Wilmotte étant finalement choisie. En parallèle, GL Events, seul candidat alors en lice pour assurer l’édification et l’utilisation de la structure du Champ-de-Mars fut désigné dans le cadre d’un contrat de concession, avec rachat de ladite structure à la fin des Jeux.

Cette entreprise, qui est un acteur majeur dans le domaine de l’événementiel, assure régulièrement la conception et la réutilisation de structures métallo-textiles à travers le monde. Ce fut par exemple le cas avec des terrains d’entraînement de handball et de basketball en marge des Jeux de Londres 2012.

Aujourd’hui, GL Events est engagé dans un défi logistique pour concevoir un écrin entièrement modulable de 10 000 m² aux dimensions imposantes : environ 150 mètres de long en direction de la Tour Eiffel, pour une largeur de 32 mètres, et une transversale, le long de l’École Militaire, d’une longueur de 130 mètres et d’une largeur de 50 mètres. Pour ce qui est de la hauteur extérieure, l’ouvrage achevé s’élèvera à 20 mètres – 17 mètres en intérieur – ce qui n’impactera pas la perspective sur le toit du monument voisin du XVIIIe siècle qui, lui, culmine à environ 35 mètres.

Techniquement ambitieux, le chantier de 40 millions d’euros – financé par la RMN-GP et Paris 2024 – ne se limite toutefois pas à une simple opération de montage et de démontage. De fait, la mission de GL Events réside surtout dans les conditions d’aménagement de la structure et dans son réemploi après la clôture des Jeux.

A chaque étape, l’aspect environnemental et le principe de durabilité sont donc pris en considération pour une installation faisant la part belle au bois, avec un assemblage en kits assurant dès lors une grande souplesse quant à l’usage – intégrale ou segmentée – que l’on souhaite en faire d’un événement à un autre.

Vue du chantier du Grand Palais éphémère sur le Champ-de-Mars à Paris, en octobre 2020 (Crédits – Paris 2024)

Pour GL Events, l’ouverture du Grand Palais éphémère dès le mois de janvier 2021 devrait constituer une étape-clé dans la promotion et la valorisation de ce type d’installation pour l’avenir. Sur ce point, l’objectif espéré et affiché par l’entreprise est de pouvoir annoncer, avant même que ne débutent les Jeux de 2024, un ou plusieurs lieux pour une implantation ultérieure de la structure.

Au début du mois d’octobre, une délégation du Comité International Olympique (CIO) en visite à Paris a en tout cas déjà pu mesurer l’engagement des porteurs du projet pour assurer un héritage pérenne pour un équipement qui sera in fine la première infrastructure nouvellement établie pour les Jeux de 2024 à être livrée et pleinement opérationnelle.

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