Si le flottement des derniers mois semblait affaiblir la candidature berlinoise par rapport à ses concurrentes, les autorités locales ont finalement confirmé cette semaine le concept « Berlin+ » et de facto la présence de la capitale fédérale dans la dernière ligne droite du processus de désignation d’une candidature aux Jeux d’été de 2036, 2040 ou 2044 initié par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB).

Comme dans l’optique des Jeux Olympiques et Paralympiques de l’an 2000 ou, plus récemment, de 2024, Berlin compte bien être à nouveau au rendez-vous de l’événement planétaire.
Si pour 2000, Berlin s’était inclinée devant la Session du Comité International Olympique (CIO), pour 2024, la capitale fédérale allemande avait en revanche été balayée par sa rivale interne, Hambourg, dont le concept innovant avait séduit les membres du DOSB.
Plus d’une décennie après ce revers cuisant, la ville revient au premier plan en se positionnant parmi les cités allemandes désireuses d’abriter les Jeux en 2036, 2040 ou 2044, l’instance olympique allemande devant encore trancher sur l’échéance la plus appropriée au regard aussi des discussions menées avec le CIO.
Cette semaine, une nouvelle étape a en tout cas été franchie par Berlin, avec l’appui du Sénat qui s’est concrétisé ce mardi 05 mai 2026, marquant un indéniable sursaut alors que l’année 2025 avait été marquée par une relative timidité concernant l’engagement des autorités locales. Un écueil d’autant plus important que ce manque d’entrain était à l’opposé de la détermination affichée par les trois concurrentes allemandes de Berlin que sont Hambourg – de nouveau -, Munich, et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr autour de Cologne.

En présence du Maire de Berlin, Kai Wegner, et de la Sénatrice en charge de l’Intérieur et du Sport, Iris Spranger, la réunion de l’instance sénatoriale a permis de surcroît de réaffirmé les clés du concept « Berlin+ » qui repose sur 97% d’infrastructures sportives déjà existantes ou tout du moins temporaires, parmi lesquelles, bien sûr, le monumental Stade Olympique, mais aussi des sites présents dans d’autres Länder allemands comme le Brandebourg, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et la Saxe.
Comme l’a salué Kai Wegner :
Le Sénat est uni derrière la candidature aux Jeux Olympiques Olympiques et Paralympiques. Cette unité souligne la volonté politique commune de prendre cette direction.
Nous voulons saisir cette opportunité pour notre ville et pour toute l’Allemagne.
Les Jeux Olympiques et Paralympiques peuvent être un moteur d’investissement, de cohésion et d’attrait international. Berlin est cosmopolite, diversifiée et efficace. C’est exactement ce que nous voulons montrer. Nous sommes convaincus que les Jeux à Berlin seraient un succès – bien au-delà du sport.
Les Jeux peuvent donner à notre ville une impulsion importante et présenter l’Allemagne comme un hôte moderne et fiable.
L’annonce du soutien sénatorial à l’égard du projet berlinois a aussi été l’occasion de rappeler la dimension urbaine et culturelle du concept visant à faire des Jeux à Berlin une expérience unique pour les athlètes et pour les spectateurs, loin de l’image encore persistante du souvenir des Jeux de 1936.
Un souvenir qui, en cas de sélection de Berlin par le DOSB, pourrait impacter le choix de l’édition future sur laquelle se positionnera in fine l’Allemagne.
Quoiqu’il en soit, et ainsi que l’a exposé Moritz van Dülmen, Directeur Général de Kulturprojekte Berlin qui a œuvré à la conception du projet :
Berlin sera la scène mondiale des Jeux Olympiques.
L’intégration d’un parcours dans la ville sera le signe visible de la combinaison du sport, de la culture et de l’urbain. Il mènera du Stade Olympique jusqu’au Parc de Tempelhof, lieu de la Cérémonie d’ouverture, et fera des Jeux une expérience pour tout le monde.
Toile de fond mondialement connue, la Porte de Brandebourg devant laquelle les médailles seront décernées, symbolise le lien entre le passé et l’avenir et la capacité de surmonter les obstacles et de connecter les gens. Seul Berlin peut le faire.
En citant deux hauts lieux de la culture et du patrimoine berlinois, Moritz van Dülmen évoque ici clairement la volonté des autorités locales de faire vivre les Jeux dans toute la ville en y associant les monuments et en permettant aussi la création artistique et contemporaine pour souligner le modernisme de la ville.
Ainsi, durant les Jeux, l’ouest de la Porte de Brandebourg verrait l’aménagement d’une rampe dorée, tandis qu’un fil conducteur de même couleur – comme une voie olympique – tracerait des perspectives ailleurs dans la ville, avec un point culminant au sein du Parc de Tempelhof où une imposante structure pyramidale dorée serait agencée.
En validant le concept olympique et paralympique de « Berlin+ » à environ un mois de la date limite (04 juin 2026) fixée par le DOSB pour soumettre le projet affiné à l’appréciation de l’instance allemande qui fera un choix définitif cet automne, les autorités de la capitale fédérale démontrent leur envie d’aller de l’avant en misant sur une approche durable et un budget maîtrisé.
Comme l’ont d’ailleurs souligné les parties prenantes lors d’une conférence de presse le 05 mai, le coût d’organisation des Jeux s’établirait à 4,82 milliards d’euros, tandis que les recettes sont aujourd’hui projetées à 5,24 milliards d’euros, soit une balance positive de 420 millions d’euros que les autorités entendent mobiliser sur le sport amateur et sur l’éducation.
Une projection ambitieuse qui devra néanmoins être affinée pour Berlin en fonction de l’échéance calendaire sur laquelle le DOSB se positionnera entre 2036 et 2044.
A ces chiffres, Berlin a aussi précisé qu’un vaste Plan de développement urbain serait engagé pour moderniser les infrastructures, notamment dans le domaine des transports, moyennant une enveloppe de 1,59 milliard d’euros sur 14 ans, enveloppe partagée entre fonds publics et fonds privés.
Le projet olympique et paralympique ainsi exposé ne sera toutefois pas soumis à l’approbation des citoyens berlinois et ce, à l’inverse de Munich (26 octobre 2025), la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr (19 avril 2026) et de Hambourg (31 mai 2026) où des consultations populaires ont été ou vont être menées.
L’absence de référendum qui, en cas de résultat négatif, aurait immanquablement conduit à une sortie de piste de la candidature, est un choix totalement assumé par les porteurs de ladite candidature et les autorités locales qui se sont dernièrement appuyés sur les conclusions d’un sondage réalisé par l’Institut « Dimap » auprès de 1 205 personnes du 19 au 25 mars 2026.
L’enquête sondagière a notamment permis d’afficher une opposition limitée à 34% des sondés et à l’inverse, un soutien à la perspective des Jeux à Berlin exprimé à hauteur de 60%, soit un chiffre semblable aux standards constatés à l’issue des référendums orchestrés à Munich (66,4%) et dans la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr (66%), mais qui diffère cependant de la tendance relevée l’an passé dans la capitale fédérale allemande.
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