JO 2036 : A Berlin, le choix du calendrier divise

Moins de deux ans après l’attribution des Jeux d’été de 2024 et 2028 et alors même que l’échéance 2032 n’a pas encore donné lieu à un processus de candidature défini, des initiatives se construisent d’ores et déjà autour de projets olympiques et paralympiques pour 2036.

La ville de Berlin (Allemagne) pourrait notamment retenter sa chance pour redevenir Ville Hôte des Jeux d’été. Depuis sa défaite face à Hambourg dans le cadre d’une procédure de sélection interne pour la course aux JO 2024, la capitale fédérale semble en effet décidée à revenir sur le devant de la scène.

En février 2018, le Maire de Berlin, Michael Müller avait d’ailleurs relancé l’idée d’une candidature, en réitérant son soutien à un tel projet, tout en faisant mention de la nécessité de créer les conditions d’un concept olympique et paralympique porté par l’ensemble des parties, à savoir – au-delà de la Ville – le Land et l’État Fédéral.

Andreas Geisel, Sénateur en charge de l’Intérieur et des Sports à Berlin (Crédits – Andreas Geisel / Page officielle Facebook)

Cette semaine, une telle entreprise a une nouvelle fois été évoquée.

A l’image de Der Tagesspiegel, la presse allemande s’est ainsi fait l’écho d’une déclaration prononcée par Andreas Geisel, Sénateur en charge de l’Intérieur et des Sports à Berlin.

Au cours d’une soirée organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie, ce dernier a publiquement abordé la possibilité de mettre en œuvre une candidature pour les Jeux de 2036, voyant en cette échéance, deux opportunités fortes.

Selon l’élu du Parti Social-Démocrate (SPD), une candidature berlinoise pourrait d’abord permettre d’améliorer et de moderniser les infrastructures régionales. Une candidature serait ensuite de nature à montrer une image renouvelée de la capitale fédérale, jeune et cosmopolite, bien loin du souvenir de la propagande nazie déployée lors des Jeux de Berlin – et de Garmisch-Partenkirchen – en 1936.

L’évocation de cette dernière date a toutefois soulevé de vives critiques Outre-Rhin, à l’instar de formations politiques de gauche comme les Verts. Les commentaires virulents font d’ailleurs écho au propos de l’ancien Chancelier allemand, Gerhard Schröder.

Il y a à peine plus d’un an, l’ancien leader politique – également issu des rangs du SPD – avait pointé du doigt la perspective d’une candidature pour les JO 2036, estimant que l’impact historique pourrait nuire à la dimension sportive de l’événement :

Je pense que ce serait bien si nous pouvions postuler à nouveau pour l’organisation des Jeux. Berlin serait le seul endroit qui aurait une chance de réussir.

L’Allemagne devrait candidater, mais soit avant ou après 2036 car, sinon, la question historique serait au premier plan au détriment de l’aspect sportif.

(Crédits – Site officiel de l’Olympiastadion Berlin)

Si pour l’heure, l’idée d’une candidature n’en est qu’au stade de propos par voie de presse, il conviendra cependant de suivre – dans les mois et années à venir – le positionnement de la Ville et surtout du Comité Olympique Allemand (DOSB).

Échaudé par le rejet référendaire de la candidature de Hambourg 2024, ce dernier pourrait en effet réfléchir à deux fois avant de retenter sa chance. Il faudra avant toute chose que la population berlinoise soit en adéquation avec la perspective d’une candidature.

Pour 2024, l’opinion publique avait à ce sujet joué un rôle déterminant dans le choix du DOSB et dans la préférence accordée à Hambourg. Si celle-ci disposait d’un projet innovant, Berlin avait pour elle le soutien des Fédérations sportives, la qualité des infrastructures existantes – notamment héritées de la candidature aux Jeux de 2000 – et le positionnement de capitale.

La ville avait en revanche rencontré des difficultés à convaincre sa propre population et ce, sondage après sondage. Une faiblesse remarquée alors que les deux prétendantes et le DOSB s’étaient engagés dans la tenue d’un référendum au sein de la cité candidate.

Plan des sites olympiques de Berlin 2024 (Crédits – Dossier de candidature à l’investiture du DOSB)

La question du financement de la candidature et, le cas échéant, du projet olympique et paralympique sera aussi une problématique majeure que les pouvoirs publics devront aborder.

Pour 2024, Berlin avait envisagé la mobilisation de 15 sites existants, l’aménagement de 6 nouvelles enceintes sportives et la construction de 9 installations temporaires. Le projet reposait alors sur un investissement de 2 milliards d’euros, dont 1,5 milliard consacré à l’édification des nouvelles structures et des équipements temporaires.

In fine, la candidature avortée de Berlin avait représenté des dépenses publiques de l’ordre de 1,62 million d’euros, sans compter une somme quasi-équivalente en provenance du secteur privé.

Ironie de la situation, la majeure partie des fonds avait été consacrée à la promotion du projet et à sa diffusion auprès de la population locale.

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