Une étape majeure dans une année 2026 déterminante. Après avoir amorcé l’entrée de l’Afrique du Sud dans la course à l’organisation d’une future édition des Jeux d’été, les autorités du pays préparent actuellement la présentation officielle de la candidature devant le Comité International Olympique (CIO) avec l’idée de mobiliser trois pôles territoriaux : Le Cap, Johannesburg et Durban.

Pas après pas, l’Afrique du Sud avance sur le chemin d’une candidature olympique et paralympique.
Si les dernières années ont été marquées par des hauts et des bas dans l’expression d’un intérêt pour la quête de l’événement sportif planétaire, les récentes déclarations des représentants institutionnels et sportifs de la « Nation arc-en-ciel » laissent désormais peu de place au doute.
Dans la course aux Jeux, il faudra de fait compter avec l’Afrique du Sud.
Aussi, la montée en puissance du dispositif sud-africain se matérialisera dès cette année avec le déploiement de structures dédiées pour construire, accompagner et projeter l’ambition du pays en direction des Jeux de 2036 ou 2040.
Comme l’a fait savoir le Président de la Confédération Sud-Africaine des Sports et le Comité Olympique (SASCOC), Barry Hendricks, dans une déclaration pour « SABC Sport », le 13 avril 2026 :
Nous allons lancer la Fondation Olympique et Paralympique Sud-Africaine, en travaillant avec l’ancien Directeur Général de la Fondation Nelson Mandela, qui nous accompagnera dans l’élaboration du document de présentation et du programme d’actions.
Nous mettrons également en place un Conseil d’administration pour piloter ces activités.

Au-delà de cette planification annoncée, la mise en œuvre de la candidature de l’Afrique du Sud devra aussi se traduire par une présentation formelle devant l’institution olympique de Lausanne (Suisse) d’ici le mois de juin 2026, certainement à l’occasion de la prochaine Session du CIO, sachant que le pays entend élaborer un projet reposant sur des infrastructures principalement au sein et autour des villes du Cap – qui peut compter sur 84% de sites existants ou temporaires -, de Johannesburg, et de Durban, tout en multipliant les initiatives à l’échelle continentale et internationale afin d’accueillir des manifestations d’envergure au cours des années à venir et ce, dans le but de renforcer l’expérience du pays et surtout la capacité de celui-ci à répondre aux exigences du rendez-vous olympique et paralympique.
Les autorités sud-africaines espèrent en outre pouvoir profiter d’une future visite dans le pays de la Présidente du CIO – première femme et première personnalité africaine à ce poste – pour pouvoir avancer leurs pions avec encore davantage de détermination.
Pour mener à bien cette stratégie, le SASCOC souhaite évidemment s’engager avec l’appui du gouvernement qui avait en ce sens donné son feu vert l’an passé. L’instance veut aussi s’appuyer sur une concertation avec les trois villes précitées où des discussions sont menées pour déterminer la place que chacune pourrait occuper au cœur de la candidature et du projet.
Le mois dernier, le Président du SASCOC avait en tout cas défendu une approche de Jeux pensés sur plusieurs territoires du pays, évoquant ouvertement l’inspiration des Jeux de Paris 2024 qui guident aussi d’autres prétendants à de futures éditions des Jeux d’été.
Ainsi que l’avait exposé Barry Hendricks auprès de « SABC Sport » :
Si l’on regarde ce qui s’est passé à Paris, les Jeux se sont déroulés à Paris ainsi que dans quelques villes en dehors de la capitale et de la France (métropolitaine). C’est donc tout à fait possible, car l’Afrique du Sud est un pays relativement petit.
Si l’on regarde les derniers Jeux Olympiques, les épreuves de surf ont eu lieu sur une île très éloignée. Nous sommes donc tout à fait à l’aise avec ce modèle hybride.

En se mobilisant de la sorte, le SASCOC compte bien refaire son retard sur certaines candidates déjà en course sur les prochains créneaux disponibles, conscient que même si le CIO n’est pas pour l’heure dans une démarche sélective pour 2036-2040, une possible accélération du processus décisionnel est toujours envisageable.
Le SASCOC peut d’ailleurs avoir à l’esprit le souvenir de la course aux JO 2032 qui, en dépit d’un intérêt prononcé par plusieurs villes et pays dans le monde – notamment en Asie – dans le cadre du « dialogue continu », s’était rapidement soldée par l’intégration de Brisbane et du Queensland (Australie) dans la phase de « dialogue ciblé », quelques mois seulement avant une désignation officielle par la Session du CIO.
Aujourd’hui, le contexte est néanmoins différent et la concurrence se veut bien plus intense.
L’Asie demeure un point d’attraction évident, avec les candidatures déclarées de l’Inde, de la Corée du Sud, mais encore du Qatar pour le Moyen-Orient, sans compter aussi l’intérêt toujours vif de la Turquie. L’Europe semble également en mesure de présenter plusieurs postulantes après la réussite des Jeux de Paris 2024. L’Allemagne – engagée dans un processus de sélection interne autour de quatre projets – est ainsi en piste. Il pourrait en être de même avec le Royaume-Uni, l’Espagne, ou encore l’Italie qui a dernièrement orchestré le retour des Jeux dans le pays pour la première fois en deux décennies (Jeux d’hiver). La Hongrie, échaudée par la déroute de Budapest 2024, pourrait à nouveau être sur les rangs, tandis que la Pologne pourrait également viser une édition.
Mais l’élection de Kirsty Coventry à la présidence du CIO l’an dernier pourrait aussi rebattre les cartes du processus de sélection pour les prochaines échéances olympiques et paralympiques.
De fait, si l’installation d’un nouveau modèle sous l’impulsion de Thomas Bach a pu assurer un regain d’intérêt des candidates aux Jeux, la question de la pérennité du modèle se pose et s’impose aux décideurs. En ce sens, les conclusions de la réflexion « Fit for the Future » opérée par Kirsty Coventry dès les premiers jours de sa présidence pourraient conduire à une version repensée du processus de sélection des Futurs Hôtes.
Ce qui pourrait de facto avoir une incidence sur le calendrier et sur les candidates déclarées à ce jour.
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