Se baigner dans la Seine est à nouveau possible. Trois sites aménagés au cœur de la capitale française permettent aux baigneurs de profiter d’un fleuve dont la dépollution a été orchestrée ces dernières années dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Un an après les Jeux d’été qui furent une ligne d’horizon pour les acteurs institutionnels engagés dans les colossaux travaux de dépollution de la Seine, et plus de cent ans après l’interdiction de la baignade in situ, le fleuve parisien est de nouveau accessible pour le plus grand plaisir – ou l’étonnement – des habitants et des touristes.
Depuis ce samedi 05 juillet et jusqu’au 31 août inclus, des sites de baignade aménagés et surveillés sont ainsi ouverts en divers points de Paris.

Dans le secteur de Bercy, le plus grand site dédié à la baignade parisienne se déploie face à la Bibliothèque Nationale de France (13ème arrondissement) et non loin de la Passerelle Simone-de-Beauvoir.
Deux espaces ont ici été agencés, l’un de 35 mètres de long pour 12,5 mètres de large et l’autre de 67 mètres de long pour 11 mètres de large, tandis qu’un solarium a été disposé pour permettre un temps de détente pour les visiteurs du site en capacité d’accueillir jusqu’à 700 personnes, dont 300 dans les zones de baignade.
Pour accéder au site de Bercy ouvert chaque jour de 11h00 à 21h00, il est essentiel de savoir nager, d’avoir au moins 10 ans et de mesurer 1,20m au minimum. Tout mineur de moins de 14 ans doit par ailleurs être accompagné par un adulte, à raison de trois mineurs maximum par adulte.
Bercy dispose d’un poste de secours, de vestiaires, avec des casiers sécurisés pour y déposer ses affaires et effets personnels, de même que des douches et des sanitaires.

Au cœur du Paris historique, le second site de baignade est accessible au pied du Pont de Sully et face à l’île Saint-Louis, dans le secteur du Bras Marie.
Un espace de baignade de 70 mètres de longueur pour 20 mètres de largeur peut accueillir un public âgé d’au moins 14 ans et mesurant 1,40m minimum, avec toujours la présence obligatoire d’un adulte pour les mineurs.
Le site – adjacent aux activités de « Paris Plages » – offre une jauge réduite à 150 personnes au maximum, avec un accès à la baignade possible selon des créneaux adaptés, du lundi au samedi de 08h00 à 11h30 et le dimanche de 08h00 à 17h30.
Des casiers sécurisés ont été installés sur place, ainsi qu’un poste de secours, des douches et des sanitaires.

Plus à l’Ouest dans la capitale, le site de Grenelle (15ème) se veut un espace peut-être plus familial que les deux autres. De fait, un bassin sécurisé d’une profondeur de 40 à 60 centimètres a été aménagé pour permettre un accès aux familles avec des enfants dès l’âge de 3 ans.
Un espace de baignade sans fond est également présent, ce dernier étant en revanche accessible au public à partir de 14 ans, selon les mêmes règles que pour le site du Bras Marie.
Ce troisième lieu, d’une capacité de 200 personnes, dont 150 pour l’espace de baignade, se trouve près de l’île aux Cygnes et non loin de la Tour Eiffel, pour des moments récréatifs du lundi au mercredi et le vendredi de 10h00 à 17h30, et le samedi de 10h00 à 16h45. Le dimanche, des horaires adaptés sont proposés et consultables sur les plateformes officielles de la Ville de Paris.
Au-delà du panorama d’exception qu’il propose, le site de Grenelle offre également un accès à une base nautique et à des kayaks.

Ces trois sites – qui préfigurent l’ouverture probable d’autres espaces de baignade au cours des prochaines années le long de la Seine – représentent l’aboutissement d’une vieille promesse que certains ont longtemps perçue comme utopique pour ne pas dire farfelue.
Comme l’avait alors affirmé l’ancien Maire de Paris, devenu par la suite, Président de la République, Jacques Chirac, dans un propos célèbre de 1988 :
Dans la Seine, la variété des espèces est en constante augmentation. Au dernier recensement, plus de 25 poissons différents trouvaient des conditions de vie adéquates dans la Seine…
Voilà pourquoi j’affirme qu’on peut rendre un fleuve propre, et j’ai d’ailleurs indiqué que dans trois ans, j’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre.
Il aura toutefois fallu attendre près de quarante ans pour que cette promesse de rendre le fleuve baignable se concrétise et ce, grâce à une politique publique menée conjointement et principalement par les services de l’État, la Préfecture de la Région Île-de-France, et bien sûr la Ville de Paris, au travers d’un investissement massif de l’ordre de 1,4 milliard d’euros.
Mis en œuvre ces dernières années pour être au rendez-vous des JO 2024 qui ont été un véritable marqueur-clé pour l’accélération des travaux et un test grandeur nature en présence des athlètes, cet investissement a permis une nette amélioration de la qualité de l’eau du fleuve pour pouvoir prétendre aujourd’hui à en diversifier les usages.

Résolument ambitieux, les travaux réalisés – qui n’empêche pas des prélèvements quotidiens – ont notamment porté sur la modernisation ou la construction d’ouvrages visant à réduire les déversements d’eaux usées en cas d’intempéries orageuses, à l’image du bassin d’Austerlitz (13ème arrondissement) pouvant recevoir l’équivalent de vingt piscines olympiques.
Un effort majeur a par ailleurs été engagé en ce qui concerne le raccordement des habitations au réseau public d’assainissement.
Ainsi, outre le traitement de près de 23 000 mauvais branchements le long de la Seine et de la Marne à proximité de Paris, il est à noter que les biens immobiliers à usage d’habitation faisant l’objet d’une vente sont soumis, depuis le 1er juillet 2022, à un contrôle obligatoire de conformité du raccordement au réseau public d’assainissement et ce, dans quelques 71 communes d’Île-de-France, dont les rejets d’eaux usées et pluviales ont une incidence sur la qualité de l’eau de la Seine.
Dans le même esprit, le raccordement des bateaux au réseau assainissement a aussi été engagé, via l’installation d’équipements spécifiques dans les ports et sur les quais, avec le concours des structures HAROPA Ports de Paris et Voies Navigables de France (VNF).
Au-delà de ces travaux importants, un autre effort majeur a été mené quant au traitement dit de « désinfection » des eaux rejetées par les stations d’épuration gérées par le Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) en amont de Paris. Des opérations ont ainsi en particulier été réalisées sur les sites de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et de Valenton (Val-de-Marne) dans l’optique des Jeux de Paris 2024.
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