Alpes françaises 2030 : La Métropole de Grenoble vise la Cérémonie d’ouverture

Dans un courrier adressé au Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Christophe Ferrari milite pour l’intégration du territoire grenoblois au sein de la cartographie du projet olympique et paralympique des Alpes françaises 2030, avec l’objectif de décrocher l’accueil d’épreuves sur glace et peut-être davantage encore, la réception de la Cérémonie d’ouverture des Jeux.

Christophe Ferrari, Président de Grenoble-Alpes Métropole (Crédits – Christophe Ferrari / Page officielle Facebook)

Après chaque attribution de l’événement olympique et paralympique, des territoires désireux de participer à l’aventure des Jeux se positionnent pour espérer obtenir une compétition, un lieu d’hébergement ou, mieux, une Cérémonie, allant même jusqu’à contester plus ou moins ouvertement une cartographie déjà établie.

Dans le cadre des Jeux de Paris 2024, des Collectivités Territoriales avaient ainsi tenté de doubler Versailles (Yvelines) pourtant sélectionnée dès la phase de candidature pour accueillir les épreuves équestres dans l’écrin prestigieux du Parc du Château du Roi Soleil. De même, plusieurs sites avaient postulé pour convaincre le Comité d’Organisation d’abriter les épreuves de surf et ce, avant que la Polynésie française ne soit in fine retenue.

Ces dernières années, d’autres Hôtes des Jeux ont également dû composer avec les desiderata des uns et des autres, notamment du côté de l’Italie, où Turin a essayé de revenir dans le concert des Jeux d’hiver de 2026 après avoir pourtant décliné l’invitation de concourir dans la candidature aux côtés de Milan et Cortina d’Ampezzo. Ce revirement avait sans surprise suscité l’indignation des élus milanais soucieux de préserver la répartition alors opérée avec la cité des Dolomites, Hôte des JO 1956.

Vue du Stade des Alpes de Grenoble, Isère (Crédits – Site officiel du Stade des Alpes)

La perspective des Jeux d’hiver de 2030 ne déroge pas à la règle et suscite elle-aussi les convoitises, que ce soit pour les sports de neige – avec le cas de Val d’Isère (Savoie) – ou pour les sports de glace.

Il faut dire qu’en plus de la dynamique d’intérêts habituellement constatée, le projet des Alpes françaises doit – à l’instar d’une certaine manière de Milan-Cortina 2026 – composer avec des interrogations persistantes quant à l’implantation des épreuves de patinage de vitesse, en l’absence d’un anneau de vitesse déjà opérationnel en France, et plus globalement des compétitions sur glace.

Jusqu’à présent, la répartition envisagée entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud avait placé lesdites compétitions au sein du cluster de Nice (Alpes-Maritimes), avec l’an passé, l’annonce par les autorités locales d’un projet d’aménagement temporaire de deux patinoires pour le hockey-sur-glace et la construction prévisionnelle d’une nouvelle patinoire pour le patinage artistique et le patinage de vitesse sur piste courte (short-track), patinoire destinée, après les Jeux, à satisfaire les ambitions du club local du hockey tout en apportant une structure moderne pour le grand public.

Si le premier projet doit s’établir au cœur même de l’Allianz Riviera, le second est envisagé sur une parcelle adjacente à ce même stade qui n’est autre que l’antre du club de football de l’OG Nice.

Concernant le curling, Nice est là-encore positionnée pour recevoir les compétitions, avec la mobilisation annoncée du Palais Nikaïa, confirmant dès lors la place centrale de la ville dans le dispositif olympique et paralympique pour 2030.

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Néanmoins, profitant de la récente tenue du Grand Prix ISU de patinage artistique, qui s’est déroulé du 05 au 08 décembre 2024 à la patinoire Polesud de Grenoble, le Président de la Métropole grenobloise a souhaité faire acte de candidature pour décrocher le cas échéant l’un des rendez-vous sur glace des JO 2030.

Ainsi que l’a fait savoir Christophe Ferrari dans une missive portée à l’attention du Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le 23 décembre dernier :

Je réitère la disponibilité de la Métropole. […]

Je me dis que dans la période financière que notre pays peut connaître, il est peut-être bon de s’appuyer sur des équipements déjà existants et des territoires qui ont la connaissance. Soyons raisonnables.

Dans cette référence à peine voilée à l’expérience de Grenoble – Ville Hôte des JO 1968 et candidate à l’investiture tricolore pour les JO 2018 – et plus largement des Alpes du Nord, le Président de la Métropole propose de fait la participation du territoire aux festivités à venir, avec justement l’option présentée par la patinoire Polesud pour la réception d’épreuves sur glace.

Christophe Ferrari va encore plus loin dans sa démarche vis-à-vis des organisateurs des JO 2030, allant jusqu’à préconiser l’installation de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques dans l’enceinte du Stade des Alpes à Grenoble, les Alpes du Nord étant assurée d’avoir la soirée inaugurale des Jeux, la clôture étant planifiée sur le territoire des Alpes du Sud, avec possiblement la Promenade des Anglais à Nice.

Comme il l’a ainsi souligné :

Cela serait quand même assez magistral d’assister à une Cérémonie d’ouverture et de voir les montagnes en même temps.

Tout cela aurait un sens incroyable.

Vue du Stade des Alpes de Grenoble, Isère (Crédits – Site officiel du Stade des Alpes)

Avec le Stade des Alpes – propriété de Grenoble-Alpes Métropole – le projet français bénéficierait d’un site qui offrirait une relative proximité avec les pôles de Haute-Savoie (128 kilomètres du Grand-Bornand) et de Savoie (121 kilomètres de Courchevel).

De surcroît, une telle option assurerait une certaine filiation avec le souvenir des Jeux de Grenoble 1968, soit l’une des trois éditions hivernales orchestrées à ce jour dans l’Hexagone avec Chamonix 1924 et Albertville 1992.

Au printemps 2024, Vincent Jay, Directeur du projet de candidature pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes avait déjà évoqué l’hypothèse du Stade des Alpes, parmi d’autres possibilités.

Celui qui est aujourd’hui pressenti comme l’un des prétendants au poste de Président du futur Comité d’Organisation des Jeux (COJO) avait notamment exposé :

Le Groupama Stadium [de Lyon-Décines] peut être une hypothèse. C’est vrai que c’est un site qui est central.

Aujourd’hui, rien n’est encore décidé. Bien sûr que le Groupama Stadium peut être envisagé ou envisageable.

Il y a aussi le Stade des Alpes qui est à Grenoble.

Il y a le « Chaudron » du côté de Saint-Étienne que l’on peut imaginer.

La partie Stade pour une Cérémonie d’ouverture, elle est facile, car vous avez de la sécurité, vous avez des places de parkings, vous avez des sièges, vous n’avez pas à construire.

Aujourd’hui, il n’y a pas de piste plus qu’une autre.

Laurent Wauquiez, alors Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, lors de la conférence de presse de clôture de la visite de la Commission de Futur Hôte du CIO dans les Alpes françaises, vendredi 26 avril 2024 (Crédits – CNOSF / Pierre-Emmanuel Trigo)

Dans la foulée de ce propos, l’ex-Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes avait esquissé sa vision d’une Cérémonie d’ouverture pensée autour de divers tableaux destinés à mettre en scène les anciennes Villes Hôtes françaises des Jeux d’hiver (Chamonix, Grenoble et Albertville) pour s’achever en un lieu unique idéalement positionné pour offrir une vue sur les montagnes.

Ainsi que l’avait évoqué Laurent Wauquiez en avril 2024 :

Ces Jeux d’hiver sont dans la montagne et dans les Cérémonies, c’est rare que l’on voit les montagnes.

Ce que je voudrais que l’on réfléchisse, c’est de voir comment faire de la montagne l’acteur de la Cérémonie d’ouverture. Il y a des façons de le faire et des façons de le voir et il y a une dernière contrainte, c’est qu’il faut au final se retrouver à un endroit, un endroit qui puisse accueillir un public large.

Le Stade des Alpes pourrait en ce sens répondre à cette approche à la fois symbolique et logistique.

La jauge du site – 20 000 places – serait cependant la plus faible de ces dernières années pour une Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver, Sotchi 2014, PyeongChang 2018 et Pékin 2022 ayant chacune offert une capacité établie au-delà de 35 000 places, tout comme prochainement Milan-Cortina 2026 avec l’emblématique Stade San Siro de la cité lombarde qui n’est autre que le plus vaste écrin du genre en Italie.

Une jauge réduite, mais un spectacle alentour. Peut-être le prix à payer pour s’offrir à moindre coût une vue sur les montagnes environnantes.


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