Paris 2024 : Le renouveau annoncé de l’Aire des Vents et du Terrain des Essences

Acteur majeur du projet olympique et paralympique, le Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis a présenté aujourd’hui, avec le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) et la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO), les éléments relatifs au réaménagement de l’Aire des Vents, près du futur Village des Médias, ainsi que du Terrain des Essences prochainement réintégré au Parc Georges Valbon.

Visuel de l’Aire des Vents après les Jeux de 2024 (Crédits – Tu Verras / CD93)

Que ce soit durant la phase de candidature aux Jeux ou lors du réexamen du concept ayant abouti fin 2020 à la présentation d’une version consolidée des sites, le secteur de Dugny – Le Bourget a toujours été mentionné comme l’un des deux pôles sportifs de Seine-Saint-Denis et ce, même si le projet de Village des Médias a un temps été menacé et que les compétitions envisagées ont changé à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, alors que Saint-Denis verra prochainement s’établir le Centre Aquatique Olympique, face au Stade de France, ainsi qu’une partie du Village des Athlètes en bord de Seine, le secteur de Dugny – Le Bourget bénéficiera quant à lui de l’aménagement d’un Village des Médias qui sera adjacent au Centre des Médias appelé à prendre place au sein du Parc des Expositions au moment des Jeux.

En ce qui concerne les épreuves projetées in situ, un mur d’escalade sera aménagé pour répondre au besoin des organisateurs et restera en héritage à l’issue des épreuves. Un stand de tir temporaire sera en outre installé sur le périmètre de La Courneuve.

Pour mener à bien ces chantiers, les Collectivités associées au projet olympique et paralympique comptent pleinement se mobiliser, à l’image du Conseil Départemental qui a présenté ce jour les éléments principaux du réaménagement annoncé de l’Aire des Vents et du Terrain des Essences.

Visuel du futur Village des Médias et de l’Aire des Vents après les Jeux de 2024 (Crédits – Tu Verras / CD93)

Pour le premier espace, un écoquartier de 600 logements sortira de terre dans les mois à venir afin de pouvoir héberger une partie des journalistes qui couvriront l’événement planétaire à l’été 2024. Par la suite, conformément à l’accord acté en fin d’année dernière avec l’État, quelques 700 logements supplémentaires seront réalisés pour former in fine une cité-jardin de 7 hectares.

L’achèvement de l’écoquartier hérité du Village des Médias interviendra en parallèle de l’arrivée non loin de nouvelles connexions avec les transports en commun, à savoir les futures lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, qui viendront en renfort des équipements déjà existants (Tramway T11, RER B et lignes de bus). La construction des centaines de logements conduira par ailleurs à l’aménagement de pistes cyclables grâce à la requalification en 2×1 voie de l’avenue Maréchal Leclerc de Hautecloque jusqu’à présent disposée en 2×2 voies.

Au-delà des aménagements énoncés, l’Aire des Vents sera surtout remodelée en profondeur sur une vingtaine d’hectares.

Pour y parvenir, les sols seront désimperméabilisés, les nombreuses manifestations événementielles qui s’y tiennent chaque année et les aménagements antérieurs ayant peu à peu contribué à dénaturer et à saturer le site. En plus de cette opération, 3 hectares seront plantés d’arbres – 8 200 spécimens selon le Conseil Départemental – et 5 autres hectares seront aménagés en prairies afin d’y développer diverses activités sportives ou de loisirs. Une boucle cyclable restituée de 1,5 kilomètre complétera enfin le dispositif.

Au cours de l’année 2021, l’ambitieux projet donnera lieu à une concertation avec les acteurs locaux pour définir les futurs usages de ce secteur connu pour abriter la Fête de l’Humanité ou le Salon de l’Aéronautique.

En résumé, comme l’a exposé Nicolas Ferrand, Directeur Général de la SOLIDEO qui œuvre activement à cette entreprise urbaine et paysagère :

Dans le rayon d’un kilomètre autour du Village des Médias, les futurs habitants auront la possibilité de se reconnecter avec la nature mais également toutes les commodités à proximité : 1 station de tramway, 2 écoles, 1 crèche, 1 gymnase, 1 maison médicale, 1 000 m² de commerces pour faire les courses du quotidien…

Les logements ont été conçus pour être confortables, ergonomiques, à prix abordables, permettant d’envisager un véritable parcours résidentiel pour tous les ménages.

Le projet permet aussi de créer deux nouvelles entrées à l’Aire des Vents et de la reboiser massivement, d’offrir des espaces publics généreux, aménagés avec des jeux pour enfants, des aires de pratique sportive, et conçus pour assurer un confort et une accessibilité universelle.

Vue du Terrain des Essences (Crédits – SOLIDEO / Sennse – C. Badet)

Concernant le deuxième espace présenté ce jeudi par le Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis, la requalification attendue s’annonce là-aussi ambitieuse.

Séparé de l’Aire des Vents par la gare du T11 de Dugny – Le Bourget, le Terrain des Essences doit en effet être dépollué dans la perspective des JO 2024 avant d’être réintégré au Parc Georges Valbon déjà fort de plus de 415 hectares.

L’opération, espérée par les élus locaux depuis plusieurs années, n’avait jusqu’à présent pas pu être menée au regard de la complexité du site. Il faut dire que cet espace, propriété du Ministère de la Défense sur 12,3 hectares et de la SNCF sur moins d’un hectare, a longtemps servi de dépôt d’hydrocarbures et fut aussi, par le passé, bombardé à maintes reprises durant la Seconde Guerre Mondiale.

Aujourd’hui, grâce à un financement de la SOLIDEO à hauteur de 12 millions d’euros, ladite opération va enfin pouvoir être concrétisée sous l’égide du Conseil Départemental.

Ce dernier, qui obtiendra en 2021 la propriété du Terrain des Essences, va d’ailleurs conduire des travaux de dépollution des sols et des nappes phréatiques d’ici la fin de l’année 2022, avant qu’un remodelage du site ne soit réalisé au moyen de l’utilisation des terres extraites du chantier du Village des Médias et ce, dans l’optique des Jeux de 2024.

Cette année-là, le site sera alors l’écrin des épreuves de tir qui se dérouleront dans le cadre d’une enceinte temporaire dont l’agencement exact reste à établir.

En phase de candidature, Paris 2024 avait projeté, à titre d’information, l’installation d’une structure temporaire dont la jauge avait évolué entre le dépôt du premier dossier technique (3 000 places) et la présentation du troisième et dernier volet dudit dossier (4 120 places). L’investissement nécessaire avait également été rehaussé et même réadapté, passant de 5,7 millions de dollars (valeur 2016) de participation publique, à 12,656 millions de dollars à la seule charge du COJO.

Dans l’attente d’un cadrage relatif au site destiné aux compétitions, une chose est sûre à ce stade : le Terrain des Essences devra être en capacité d’accueillir pas moins de 340 compétiteurs – 170 hommes et 170 femmes – sur une dizaine de jours au moment des Jeux Olympiques. Par la suite, ce seront 154 para-athlètes qui devraient se rendre sur place pour concourir dans les 13 épreuves de para-tir programmées lors des Jeux Paralympiques.

Visuel du Terrain des Essences intégré au Parc Georges Valbon après les Jeux de 2024 (Crédits – Tu Verras / CD93)

La transformation du Terrain des Essences en amont des Jeux de Paris 2024 constituera une étape intermédiaire au renouveau du site.

A l’issue des Jeux, d’ultimes travaux seront ainsi menés pour créer trois espaces distincts mais néanmoins intégrés au Parc Georges Valbon.

De fait, 3,65 hectares seront au Nord sanctuarisés comme une zone de refuge pour la biodiversité et la protection d’espèces protégées. Au centre du site, 3,6 hectares seront aménagés pour des activités pédagogiques en lien avec l’observation de la faune environnante. Enfin, 5 hectares situés au Sud seront disposés pour l’implantation d’équipements de loisirs et de détente pour les riverains et habitués du Parc renforcé par un apport d’environ 13 hectares.

Mais que ce soit sur l’Aire des Vents ou sur le Terrain des Essences, les aménagements à venir seront particulièrement scrutés par les collectifs de riverains et les associations de défense de l’environnement qui, aujourd’hui, protestent contre la venue des Jeux sur le secteur.

Pour ces derniers, l’événement représente un risque pour l’écosystème et est en outre signe d’une bétonisation programmée des terres.

Le Conseil Départemental, la SOLIDEO, mais aussi le COJO – qui a récemment emménagé dans son nouveau quartier général en Seine-Saint-Denis – devront être à l’écoute de la contestation qui pourrait perdurer sur le terrain de la justice administrative.

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