Paris 2024 : Projets et subventions à l’ordre du jour du Conseil de Paris

Si la gestion de la crise liée à l’épidémie de Covid-19 a occupé une grande part des échanges de la dernière séance du Conseil de Paris, les élus de la capitale ont également examiné plusieurs dossiers ayant un lien plus ou moins étroit avec la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, un événement-clé selon Anne Hidalgo face au contexte actuel.

(Crédits – Ville de Paris)

Afin de faire face aux répercussions de la crise actuelle, le Conseil de Paris a convenu, ce lundi 18 mai, de la mise en œuvre d’un plan de relance massif de 200 millions d’euros.

De fait, au-delà des mesures d’ores et déjà annoncées par l’État ou la Région Île-de-France, la Ville de Paris va mobiliser une enveloppe budgétaire pour soutenir les entreprises – notamment les TPE / PME – mais aussi les nombreuses associations de la Ville Lumière.

Dans le détail, la capitale va ainsi consentir à 120 millions d’euros d’exonérations de charges (loyers, redevances, fiscalité) pour les acteurs les plus durement frappés par la crise, avec 40 millions d’euros supplémentaires pour d’éventuelles adaptations contractuelles ou exonérations complémentaires en fonction de l’évolution de la situation.

Le secteur du tourisme va pour sa part bénéficier d’un soutien de 5 millions d’euros, tandis que les entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) vont pouvoir compter sur un apport de 4 millions d’euros. Concernant ensuite les acteurs associatifs et culturels, la Ville de Paris a décidé d’un soutien de l’ordre de 10 millions d’euros pour les premiers concernés et de 15 millions d’euros pour les seconds précités. Enfin, les élus de la capitale ont acté le déblocage de 6 millions d’euros pour des appels à projets relatifs à la transition écologique.

Anne Hidalgo, Maire de Paris, lors de la séance du Conseil de Paris du 18 mai 2020 (Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Au cours des échanges entre les élus, la Maire de Paris n’a pas manqué aussi de souligner le rôle que pourrait avoir l’organisation à venir des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024. En réponse à Eric Azière, Conseiller UDI et Président du Groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris qui a aussi fait mention de la perspective des Jeux, Anne Hidalgo a notamment exposé que :

Dans cette épreuve, les Jeux de Paris 2024 sont l’un des moteurs pour inventer un écosystème dans lequel nous pensons la ville durable, solidaire, écologique, résiliente.

Particulièrement engagée dans les préparatifs d’organisation de l’événement planétaire au titre de Ville Hôte, et avec une présence active au sein de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO), Anne Hidalgo en étant la Présidente, Paris poursuit en tout cas ses efforts en vue d’assurer un héritage pérenne des Jeux pour le territoire et ses habitants.

Car si l’événement ne focalise l’attention médiatique que durant un laps de temps relativement réduit, l’héritage, lui, se prépare bien en amont.

Aussi, comme régulièrement au cours des dernières années, plusieurs points ont été inscrits à l’ordre du jour du Conseil de Paris de ce lundi 18 mai, des points qui ont tous un lien avec la tenue prochaine des Jeux.

(Crédits – Dominique Perrault Architecte / TER / Adagp / SOLIDEO)

Le Conseil a ainsi autorisé le Préfet de Police à signer la Convention de transfert de maîtrise d’ouvrage entre la Préfecture de Police et la SOLIDEO pour la construction d’une Base avancée mutualisée près du futur Village des Athlètes en Seine-Saint-Denis.

En avril dernier, la SOLIDEO avait à ce titre présenté les contours du concours de maîtrise d’œuvre pour l’aménagement de cette structure qui demeurera sur site après la clôture des Jeux. Comme il était ainsi exposé :

Cette Base aura la double particularité d’être utilisée et occupée conjointement par différentes directions de préfecture de police (PP), des services de police ainsi que de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), mais également d’avoir deux phases d’exploitation distinctes : transitoire dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 et pérenne à l’issue des Jeux dès 2025, dite Héritage. La Base comportera des équipements terrestres et fluviaux […].

Concrètement, le projet – qui mobilisera principalement la SOLIDEO, la Préfecture de Police, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) de Paris 2024, l’État, les Collectivités Territoriales associées, Voie Navigable de France et HAROPA – prendra forme à la lisière du Village des Athlètes, au Sud-Ouest de Saint-Denis, en contrebas de l’autoroute A86.

Avant et pendant les Jeux, le site – dont le coût prévisionnel est de 11,15 millions d’euros (hors-taxes) – sera le point névralgique du dispositif de sécurité du Village.

A ce moment-là en effet, la Base mutualisée regroupera en son sein, un Poste d’interventions de sécurité et de secours terrestre et fluviale piloté par la BSPP et la Brigade Fluviale (BF) de la Préfecture de Police et deux éléments temporaires, à savoir un Centre de police dédié au Village des Athlètes et un Poste opérationnel logistique et technique.

A la suite de cette phase « Jeux » qui s’étendra de mars à octobre 2024, des travaux de réagencement seront réalisés pour démantelé les structures temporaires et maintenir sur site la seule structure pérenne, qui deviendra dès lors le Centre de secours de la BSPP au service, notamment, du nouveau quartier hérité des Jeux.

Pour ce projet lié à la sécurité de l’événement, le dépôt du permis de construire devrait intervenir au printemps 2021, avant un démarrage des travaux un an plus tard, à horizon mars 2022. Par la suite, après la livraison du site en phase « Jeux », les travaux de reconfiguration des locaux devraient avoir lieu dès novembre 2024 pour un achèvement complet du site en février 2025.

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Outre l’autorisation accordée au Préfet de Police pour engager la mise en œuvre de cet équipement stratégique, le Conseil de Paris a aussi délibéré pour autoriser la Maire de la capitale à signer la Convention cadre pour la coordination générale des différentes opérations d’aménagement de la Place de la Porte Maillot (16e et 17e arrondissements) et à signer la Convention de groupement d’achat avec la RATP pour l’acquisition de dalles de béton pour l’aménagement de ladite place.

Il faut dire que la Porte Maillot – pensée comme l’une des futures places du Grand Paris, tout comme la Porte de la Chapelle (18e arrondissement) avec la future Aréna – constitue un secteur non-négligeable de Paris, s’inscrivant dans l’axe historique allant du Louvre jusqu’au quartier de la Défense et étant l’un des principaux échangeurs du boulevard périphérique.

Dans les années à venir, et en particulier dans la perspective des Jeux de 2024, ce site doit même devenir un nouveau pôle intermodal de transport avec les dessertes du RER E (Éole), du RER C, de la ligne 1 du métro, du tramway T3 mais aussi de la Gare routière internationale et aéroportuaire.

La complexité du chantier et sa localisation géographique impliquent donc une parfaite coordination des différents acteurs engagés – dont la Ville de Paris – pour permettre au tronçon Est d’être livré d’ici la fin de l’année 2022 entre la Gare Haussmann Saint-Lazare et la Gare de Nanterre-La-Folie et ce, avant que le tronçon Ouest ne soit livré à son tour dans le courant de l’année 2024.

Vue des travaux de la future Gare de la Porte Maillot, lundi 18 mai 2020 (Crédits – RER Éole)

Ce lundi, le Conseil de Paris a par ailleurs donné son accord à une série de subventions dans le cadre du plan « Transformations Olympiques » adopté en juin 2019 et qui s’inscrit dans la stratégie d’héritage des Jeux.

De fait, un premier lot de subventions d’un montant global de 50 000 euros a été approuvé dans le cadre de l’appel à projets « Éducation par le sport ». En amont de cette approbation, le projet de délibération présenté ce matin aux élus a mentionné l’objectif de l’appel à projets dans les termes suivants :

L’appel à projets […] vise à ‘mettre fin au décrochage scolaire grâce au sport’.

Les clubs et associations, dans l’exercice de leurs missions, sont les partenaires essentiels de la Ville de Paris dans le développement au quotidien de la vie sportive. Le club donne notamment accès, à côté de la famille et de l’école, à des lieux d’apprentissage des valeurs citoyennes, d’engagement et de respect de l’autre. On peut également parfois y faire du soutien et de la médiation scolaire.

Via une Convention de financement pour subventions entre la Ville de Paris, le COJO Paris 2024 et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), six initiatives ont été sélectionnées et bénéficieront donc de l’appui de la Ville et des deux instances associées.

  • L’Eiffel Basket Club, qui souhaite proposer à 40 à 60 filles des 14e et 15e arrondissements d’intégrer un programme de lutte contre le décrochage scolaire, tout en les sensibilisant à la pratique du basketball, se verra ainsi allouer une subvention de 10 000 euros de la part de la Ville de Paris, somme qui sera complétée par un soutien similaire du COJO et un apport de 2 000 euros de la part du CNOSF, soit un niveau total de 22 000 euros.
  • L’En Avant Paris, club du gymnastique du 14e arrondissement, entend proposer aux élèves du Collège Paul Bert un programme mêlant lutte contre le décrochage scolaire, amélioration de la concentration des élèves – avec notamment la mise en place d’interventions psychopédagogiques – et accroissement du niveau d’activités physiques. Pour cela, la Ville de Paris abondera à hauteur de 9 091 euros, une somme qui sera également déployée par Paris 2024, tandis que le CNOSF participera pour 1 818 euros, soit un soutien financier de l’ordre de 20 000 euros.
  • Le Paris Basket 15 et l’Athletic Club Paris 15 sont deux associations sportives majeures du 15e arrondissement de la capitale. Ensemble, elles entendent favoriser l’installation d’une aide aux devoirs et d’un suivi scolaire au sein du Stade Charles Rigoulot où elles évoluent, avec une attention particulière portée sur les enfants et adolescents issus des quartiers Périchaux, Falguière, Frères voisins et Dupleix. Pour soutenir cette initiative, la Ville de Paris apportera une subvention de 9 091 euros – soit 4 545,50 euros à chacune -, tout comme le COJO Paris 2024. Le CNOSF de son côté abondera pour 1 818 euros (909 euros à chacune). In fine, les deux associations disposeront d’un apport de 20 000 euros grâce à l’engagement des trois parties.
  • Le Paris Basket 18 souhaite proposer à 36 élèves de l’école Jean-François Lépine (18e arrondissement) d’intégrer un programme de prévention du décrochage scolaire, avec par ailleurs un volet dédié à la confiance en soi et la mise en œuvre d’une pratique sportive régulière. La Ville de Paris contribuera à l’instauration de ce projet éducatif à hauteur de 10 000 euros, soit la même somme que ce que fournira Paris 2024, le CNOSF contribuant quant à lui pour 2 000 euros. Au total, l’association bénéficiera donc de subventions d’un montant de 22 000 euros.
  • La Red’s Team enfin, propose la mise en place d’un programme de soutien scolaire à destination de 40 collégiens du 18e arrondissement, programme incluant par ailleurs des séances d’entraînement à la boxe. Pour ce projet, qui entend créer des vocations auprès des jeunes concernés, la Ville de Paris va octroyer une subvention de 11 818 euros, tout comme le COJO Paris 2024. Le CNOSF complétera l’aide globale de 26 000 euros avec un apport de 2 364 euros.

Toujours dans le cadre du plan « Transformations Olympiques » de la Ville de Paris, un second lot de subventions a aussi été approuvé ce jour, avec notamment 42 452 euros destinés à 13 associations pour le volet « Digitalisation ».

Comme l’a exposé le projet de délibération soumis aux élus parisiens :

Face aux enjeux actuels du développement des pratiques sportives à Paris, tels que la croissance du nombre d’adhérents au regard des créneaux restreints dans les équipements, ou la nécessité de diversifier les sources de financement, la Ville de Paris, le Comité d’Organisation Paris 2024 et le Comité National Olympique et Sportif Français sont convaincus que la croissance et la transformation des clubs passera par une meilleure maîtrise des outils pour les bénévoles que pour les adhérents et favoriseront une communication interne et externe plus efficace et mieux maîtrisée.

Pour les treize premières associations, qui entendent s’appuyer sur des projets de digitalisation afin de faire connaître leur activité respective – via des outils spécifiques, des applications, la refonte de leur site Internet, mais encore la création de base de données adhérents, ou la réalisation de vidéos à vocation éducative – et comme pour les subventions précitées, le Comité d’Organisation des Jeux de 2024 et le CNOSF apporteront aussi une contribution financière.

  • Le Bujinkan Alésia (100 licenciés) : 5 000 euros, dont 2 273 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Le Comité départemental de Badminton de Paris (4 246 licenciés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Le Cercle d’escrime franco-cubain Patterson Betancourt : 5 000 euros, dont 2 273 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Championnet Sports (3 000 licenciés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Educ’Hand (93 licenciés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris,
  • L’Entente Paris Est Escrime (130 licenciés) : 1 600 euros, dont 727 euros de la part de la Ville de Paris,
  • L’Horizon Karaté Club (92 licenciés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris,
  • La Jeunesse Sportive et Culturelle Pitray Olier (950 licenciés et 100 bénévoles) : 4 800 euros, dont 2 182 euros de la part de la Ville de Paris,
  • La Ligue Paris Île-de-France du Sport Universitaire (19 500 licenciés) : 8 000 euros, dont 3 636 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Le Sporting Club Universitaire de France (2 556 licenciés, 128 bénévoles et 28 salariés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Le Sporting Paris 20 Tennis de Table (297 licenciés) : 5 000 euros, dont 2 273 euros de la part de la Ville de Paris,
  • La Wado Academy Paris : 4 000 euros, dont 1 818 euros de la part de la Ville de Paris,
  • Le Paris Université Club (8 500 licenciés, 300 bénévoles, 64 salariés) : 10 000 euros, dont 4 545 euros de la part de la Ville de Paris.

Également au sein de ce second lot de subventions, 7 associations se verront attribuer un total de 39 900 euros de la Ville de Paris pour le développement de leur stratégie e-sportive. Comme l’a à ce sujet présenté le projet de délibération :

A l’heure de l’autonomisation des pratiques, et dans l’optique des Jeux de Paris 2024 qui se veulent innovants, la création de sections esportives au sein de nos clubs sera un réel vecteur d’attractivité, de diversification de leur offre, et d’encadrement de la pratique esportive.

  • Le Bujinkan Alésia : 8 000 euros,
  • Le Paris Université Club : 10 000 euros,
  • L’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré à Paris : 4 300 euros,
  • Championnet Sports : 6 600 euros,
  • Le Meltin’Club Paris : 7 000 euros,
  • Le Paris XIV Futsal Club : 1 000 euros,
  • Le Club Athlétique de Paris 14 : 3 000 euros.

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