JO 2024 : La candidature de Paris séduit à présent près de 70% des Français

En avril 2016, une enquête de l’institut Odoxa pour RTL et Winamax avait révélé que 61% des Français soutenaient le projet de candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Aujourd’hui, après la remise du deuxième et du troisième volet du dossier de candidature, les contours du concept tricolore sont davantage connus, notamment sur le plan des financements et de la gouvernance. De fait, une nouvelle enquête sondagière a été menée par l’institut précité et les conclusions de celle-ci ont été dévoilées hier*.

(Crédits - Institut Odoxa pour RTL et Winamax)
(Crédits – Institut Odoxa pour RTL et Winamax)

Ainsi, 69% des Français se disent favorables à l’organisation des JO 2024 dans la capitale et dans les villes associées à la candidature. Dans le même temps, le nombre d’opposants est en baisse à 30% alors que ce score s’établissait à 39% en avril dernier.

Parmi les amateurs de sport, le soutien à la candidature française est encore plus marqué : 77% contre 23%.

Outre cet enseignement important avant la venue à Paris de la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) du 14 au 16 mai 2017, le sondage Odoxa fait aussi mention d’un taux de confiance en forte hausse en ce qui concerne la perception des chances de victoire de la candidature de Paris face à celle de Los Angeles.

En effet, 65% des Français pensent aujourd’hui que la « Ville Lumière » sera désignée organisatrice des Jeux par le CIO, lors du scrutin olympique du 13 septembre prochain, soit 16 points de mieux qu’au moment de la précédente enquête (49%).

Mais au-delà de ces bons chiffres pour la candidature française – en hausse aussi par rapport à un sondage de novembre 2016 -, la révélation, le 03 février dernier, du slogan de campagne de Paris 2024 semble néanmoins avoir dérouté les Français.

Ainsi, 69% d’entre eux se disent choqués par le choix d’un slogan en Anglais et ce, alors même qu’une version Française a été dévoilée.

« Made For Sharing » est ainsi transposée dans la langue de Molière en « Venez Partagez ». Ce double slogan marque de fait la prise en compte des deux langues officielles du Mouvement Olympique. Surtout, il traduit un réel effort par rapport aux précédentes candidatures olympiques et paralympiques de la France.

(Crédits - Paris 2024)
(Crédits – Paris 2024)

Exit « Oui Paris 2008 » et plus récemment « L’Amour des Jeux », place désormais à un discours qui se veut davantage universel.

Comme ce fut le cas lors de la première présentation du concept de Paris 2024 à Doha (Qatar) en novembre dernier, la candidature entend communiquer et promouvoir son projet à l’attention du plus grand nombre. Car si l’utilisation d’un slogan strictement français aurait pu convenir pour un autre type de candidature, il convient ici de s’ouvrir et de parler à l’ensemble des acteurs du Mouvement Olympique.

Sur les 95 membres électeurs du CIO, seule une partie est en effet Francophone. Cela suppose dès lors une adaptation du discours. A Doha, la délégation française avait ainsi décliné sa présentation en trois langues : le Français bien sûr, mais aussi l’Anglais et l’Espagnol.

Sur les trois Villes Candidates alors en course – Budapest était encore présente – Paris fut la seule à tenir une présentation avec des interventions de plusieurs phrases et de plusieurs minutes dans chacune des trois langues. A l’inverse, Los Angeles s’était contenté d’une seule phrase et d’une mention dans un clip vidéo de la langue du Baron Pierre de Coubertin, tandis que Budapest n’avait effectué son grand oral que dans la langue de Shakespeare.

Les règles bien singulières du Mouvement Olympique imposent implicitement de se conformer à l’évolution d’une institution qui n’est plus celle qu’avait connu et contribué à développer, Pierre de Coubertin.

Il y a deux ans, en amont des Jeux de Sotchi 2014, le Français Jean-Claude Killy avait d’ailleurs affirmé à l’attention des porteurs d’une candidature, que « le CIO romantique n’existe plus ». La flamme nostalgique et l’évocation récurrente du célèbre Baron n’ont plus le même impact que ce qui pouvait être le cas il y a quelques décennies.

Cela s’explique par la mondialisation du sport et l’ouverture à de nouveaux territoires. Les dernières années ont d’ailleurs parfaitement démontré ce constat, entre l’Olympiade de Pékin 2008 ou plus récemment celle de Rio 2016.

A présent, les Jeux sont davantage tournés vers l’Asie – le continent organisera les trois prochains événements olympiques – que vers le Vieux Continent.

(Crédits - Paris 2024)
(Crédits – Paris 2024)

Face à cette évolution, qui suit d’ailleurs celle de l’économie et du commerce, il est donc nécessaire pour une candidature francophone de se démarquer et d’utiliser au mieux les nouveaux outils et langages de la communication pour s’adresser à ce public bien ciblé et si exigeant que sont les membres du CIO.

Et là encore, la nomination de certains membres au cours des dernières années illustrent l’internationalisation du sport et de l’Olympisme.

Mais que les tenants d’un discours de la perte de l’influence française se rassurent toutefois. Les Villes Candidates doivent toujours fournir les éléments de leur dossier de candidature – ou Bid Book – en Anglais et en Français et ce, qu’il s’agisse d’une candidature anglophone ou francophone.

En faisant le choix stratégique d’un slogan en Anglais avec une déclinaison en Français, Paris 2024 n’hypothèque donc pas ses chances de victoire comme cela a pu être le cas par le passé. Bien sûr, le slogan n’est pas le seul élément qui fait ou défait les candidatures aux Jeux, mais il en constitue un indéniable poids.

Sur ce point, Londres 2012 et son « Inspire A Generation » en est l’exemple le plus percutant.

* Sondage réalisé du 22 au 23 février 2017 auprès d’un échantillon de 980 personnes représentatif de la population française et interrogé sur Internet. Marge d’erreur de 2,5 points.
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5 Thoughts

  1. Bonjour,

    Je trouve que vos arguments concernant l’utilisation de l’anglais peu convaincants. En effet, si l’anglais est si important et que la seule chance de gagner pour n’importe quelle candidature serait de promouvoir la candidature uniquement dans cette langue, alors pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas aller au bout et faire de l’anglais la seule langue officielle du mouvement olympique ? À quoi bon conserver le français comme deuxième langue officielle puisque d’après vos arguments, cette langue ne parle pas à suffisamment de gens.

    Je peux retourner certains de vos arguments contre vous. Comme vous le dites vous-même, les dossiers doivent être déposés en anglais et en français. Alors où est le mal à ce que les membres du CIO ou autres ne soit exposé qu’au français lors des différentes présentation ? Puisque de toute façon, tous les membres du CIO disposent du dossier complet en anglais. Et il me semble que lors des présentations, les membres non-francophones bénéficient d’une traduction en temps réel par écouteurs.

    Si on est si obsédé par le fait d’être « compris » par le plus grand nombre, alors qu’ils bénéficient déjà de textes en anglais et de traductions de tout ce qui est en français, on ne fait plus rien dans sa langue, que celle-ci soit le français ou pas. Je m’étais déjà plaint il y quelques mois sur une vidéo de promotion de Paris 2024 faite exclusivement en anglais et vous m’aviez répondu en disant que la vidéo était faite pour un public international et que les français auraient sûrement droit à une vidéo en français.

    Quand on traite le français comme une langue ne devant être vue, entendue, ou parlée que par les locuteurs de langue maternelle française, cela réduit la langue à une langue locale. Il ne faut pas que seuls les francophones soient exposés au français, qu’ils le comprennent ou pas. Ils ne mourront pas d’y être exposés, je vous assure !

    Au-delà des seuls jeux olympiques, cette obsession du « tout anglais » est tout bonnement ridicule. Défendre et promouvoir le français aux JO n’est plus qu’une question du français mais de diversité linguistique et culturelle. Moi, je ne veux pas vivre dans un monde où seul l’anglais est parlé. C’est comme si tout le monde portait les mêmes vêtements tous les jours ! Ce serait « pratique » mais tellement triste et ennuyeux !

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