L’extension de Roland Garros : « Serpent de mer » du tennis français

C’est ce lundi, que le Tribunal Administratif de Paris doit rendre son délibéré concernant la légalité du projet d’extension du complexe sportif de Roland-Garros.

Porté par la Fédération Française de Tennis (FFT), le projet est l’un des plus importants pour le sport tricolore, puisqu’il prévoit de moderniser en profondeur, les infrastructures du célèbre Tournoi du Grand Chelem.

Ainsi, le Court Central Philippe Chatrier doit être équipé d’un toit rétractable, permettant le maintien des matchs en cas de pluie mais aussi en session nocturne, comme cela est déjà le cas, sur nombre de tournois du circuit international. L’actuel Court n°1 serait par ailleurs détruit et un nouvel espace de 4 950 places doit être aménagé près des Serres d’Auteuil. C’est précisément ce dernier projet qui pose problème et qui soulève la contestation de riverains mais surtout d’associations écologistes, qui craignent pour la pérennité et la sauvegarde des collections botaniques entreposées à Auteuil.

Pour les élus écologistes de la Ville de Paris, un autre projet pourrait convenir à tous le monde et satisfaire les exigences de la FFT : la couverture du boulevard périphérique pour permettre la construction de la nouvelle enceinte.

Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë et les promoteurs du projet à la FFT, estiment toutefois que le projet-bis est plus coûteux que celui porté par la Fédération et évalué entre 320 et 340 millions d’euros.

En 2005 déjà, la polémique avait été vive entre la Ville de Paris et les écologistes qui protestaient alors contre le projet de construction d’un Dôme de 15 000 places, dans le bois de Boulogne, dans le cadre de la candidature de la capitale aux JO d’été 2012. Cette nouvelle enceinte devait accueillir les compétitions de judo et de badminton puis devenir une pièce-maitresse du nouveau Roland Garros.

Comme l’indiquait le dossier de candidature (volume 2), « le Dôme est une extension prévue du stade historique de Roland Garros. Cette salle à toit rétractable sera capable d’accueillir des compétitions internationales de tennis. Le Dôme sera soigneusement intégré à l’environnement naturel, en bordure du Bois de Boulogne. La couverture d’un échangeur routier offrira l’occasion d’un aménagement paysager nouveau, reliant le Bois aux quartiers environnants ».

Dôme - Roland Garros - 15 000 places

L’échec de la candidature française a enterré le projet de Dôme mais un autre concept avait par la suite émergé, avec l’architecte Marc Mimram en 2009.

La FFT avait ainsi choisi de moderniser son complexe tennistique au travers du projet de création d’un nouveau Court Central d’une capacité de 14 600 places, avec toit rétractable. L’enceinte devait être dotée de deux courts annexes d’une capacité de 1 000 et 2 500 places. L’ensemble du projet, devait être aménagé sur l’emplacement de l’actuel Stade Georges Hébert, à 500 mètres du complexe historique.

Mais là encore, le projet ambitieux d’un montant compris entre 100 et 116 millions d’euros, n’a pas vu le jour, et a repoussé encore davantage la nécessaire extension de Roland Garros et ce, afin de faire face à la montée des nouveaux tournois du tennis mondial (Madrid…) et la concurrence sans cesse accrue des autres tournois du Grand Chelem.

Roland Garros - Marc Mimram

Avec son nouveau concept, qui a donné lieu à réflexions et débats autour de l’opportunité de conserver ou non le stade de Roland Garros sur l’emplacement de la Porte d’Auteuil, la FFT a souhaité faire monter les enchères entre Paris et des villes candidates comme Marne-La-Vallée, Gonesse et Versailles.

Sensible à l’aspect historique du tournoi, la FFT a préféré redonner les clés du « French Open », à la capitale, plutôt que de tenter l’aventure dans une autre localité implantée dans le périmètre de la métropole que doit devenir le Grand Paris.

Aujourd’hui, les ex-candidates doivent se frotter les mains à l’idée de voir le projet parisien capoter de nouveau et en se disant sans nul doute, que le choix de la délocalisation aurait permis un gain de temps et d’argent à la Fédération…

Dans une interview accordée au quotidien « Le Figaro », le directeur du tournoi, Gilbert Ysern, « reste optimiste ».

Selon lui, « il est prévu de débuter [les travaux] sur le Centre National d’Entrainement à l’issue de Roland Garros 2013. Dans le stade même, nous espérons démarrer en 2014 les travaux du nouveau court dans le jardin des serres, qui doit être livré pour l’édition 2016. Le stade dans sa version définitive est désormais prévu pour le tournoi 2018« .

Mais Gilbert Ysern reconnait néanmoins que le « risque existe toujours » de voir les travaux s’achever au delà de cette date.

Illustrations :
– Vidéo de présentation du projet parisien (Ville de Paris)
– Projet d’aménagement du Dôme (Dossier de Candidature de Paris 2012)
– Projet d’aménagement d’un nouveau Court Central (Arte Factory / Marc Mimram)

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