JO 2036-2044 : Avant le référendum, Hambourg présente ses projections budgétaires

Alors que se profile à l’horizon le référendum du 31 mai 2026 qui s’annonce déterminant pour la suite de l’aventure de Hambourg dans la course aux Jeux mise en place par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), les autorités locales ont récemment exposé les orientations budgétaires pour un projet ambitieux mais néanmoins maîtrisé.

Visuel des tribunes et plateformes flottantes disposées sur le lac Binnenalster à Hambourg, Allemagne, dans l’optique de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’été de 2040 (Crédits – Neuland Concerts)

Soucieux de présenter un concept olympique et paralympique répondant tout autant au rêve retrouvé des Jeux après l’échec de la candidature pour 2024, mais aussi aux exigences de sobriété souhaitées par les pouvoirs publics et la population face aux dérives budgétaires qui ont pu impacter certaines éditions passées, les porteurs du projet de Hambourg entendent s’appuyer sur un modèle équilibré.

De fait, le 11 mars dernier, les acteurs dudit projet ont levé le voile sur les projections budgétaires de l’événement qui pourrait s’installer sur les rives de l’Elbe à l’horizon 2036, voire 2040 ou 2044.

Bien sûr, ces projections portent davantage sur un rendez-vous à courte échéance, autrement dit 2036, les créneaux de 2040 et 2044 constituant à l’évidence des jalons sur lesquels des adaptations devront être intégrées.

Il n’empêche, avec pragmatisme, la candidature de Hambourg s’avance dans l’arène forte d’un budget d’organisation des Jeux d’été aujourd’hui évalué à 4,813 milliards d’euros pour le volet des dépenses, et à 4,910 milliards d’euros pour le segment des recettes.

Visuel du Stade Olympique projeté par la candidature de Hambourg, Allemagne, pour une future édition des Jeux d’été (Crédits – Hamburg+)

Dans le détail, les dépenses comprendraient notamment 1,183 milliard d’euros consacrés aux infrastructures, avec plus particulièrement, un global de 980 millions d’euros fléchés sur les aménagements temporaires, sachant que le concept de Hambourg pour les Jeux repose sur 76% d’infrastructures sportives d’ores et déjà existantes.

Sur ce package, 448 millions d’euros seraient orientés sur les sites destinés aux compétitions, tandis qu’une enveloppe de 181 millions d’euros irait en direction des sites d’entraînement et autres sites événementiels.

Les aménagements à la charge des organisateurs seraient par ailleurs de l’ordre de 234 millions d’euros au sein du futur Village des Athlètes, et de 92 millions pour les installations du Centre Principal de Presse et du Centre International de Radio-Télévision.

Parmi les autres postes majeurs, il est à noter que les opérations sportives, les services événementiels et la gestion opérationnelle des Jeux – incluant les frais de location et d’exploitation des sites, le transport et la restauration des athlètes, mais encore le recours aux services médicaux et à la sécurité – se chiffreraient à quelques 940 millions d’euros pour le Comité d’Organisation.

Les ressources humaines, l’administration et la communication dans son ensemble seraient également des postes importants pour les organisateurs, avec respectivement 580 millions, 200 millions et 165 millions d’euros de dépenses, tout comme la gestion des aléas et autres imprévus qui bénéficie d’une enveloppe prévisionnelle de 628 millions d’euros.

Enfin, envisagées en cœur de ville, les Cérémonies d’ouverture et de clôture et les festivités culturelles durant les Jeux pourraient représenter un coût de 110 millions d’euros pour les organisateurs et ce, même si la faisabilité logistique pourrait atténuer ou au contraire rehausser cette projection.

Du côté des recettes cette fois, la candidature de Hambourg se fonde sur des revenus issus du secteur privé à hauteur de 95% et surtout, sur des projections basées sur l’étude des cas européens en la matière de Londres 2012 et de Paris 2024.

Aussi, avec des recettes de 4,910 milliards d’euros, Hambourg envisage un solde positif d’environ 100 millions d’euros, grâce notamment à une contribution du Comité International Olympique (CIO) évaluée à 1,230 milliard d’euros, mais encore des revenus de sponsoring de quelques 1,550 milliard d’euros.

La billetterie et les services d’hospitalité des Jeux pourraient quant à eux générer 1,470 milliard d’euros de recettes dans les caisses du Comité d’Organisation, les ventes de produits officiels sous licences étant quant à elles chiffrées à 110 millions d’euros.

A côté de cette potentielle manne financière, les porteurs du projet olympique et paralympique de Hambourg espèrent l’apport complémentaire de 200 millions d’euros au titre d’une subvention fédérale qui constituerait dès lors une part essentielle de la participation du secteur public au financement du Comité d’Organisation.

Car au-delà du budget propre à l’organisation effective des Jeux, Hambourg mise aussi sur un investissement de l’ordre de 1,3 milliard d’euros sur une décennie et ce, afin de moderniser les infrastructures – notamment le réseau des transports – et pour améliorer tant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite et en situation de handicap, que la pratique sportive auprès des plus jeunes.

Visuel du stade temporaire destiné au beach-volley sur le site de l’Heiligengeistfeld à Hambourg, Allemagne (Crédits – Hamburg+)

Pour la candidature de Hambourg, la présentation de ces données chiffrées intervient à un moment charnière de son parcours dans la quête des Jeux.

Plus de dix ans après la déconvenue subie à la suite du référendum pour les JO 2024, la cité hanséatique veut croire que la nouvelle approche développée pour la conception d’un projet – loin des coûteuses et grandes transformations urbaines envisagées pour 2024 – sera de nature à convaincre la population locale d’approuver l’ambition olympique et paralympique du territoire.

Comme ses rivales internes – Munich, Berlin et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr avec Cologne en figure de proue – Hambourg mise aussi sur le travail réalisé jusqu’à présent par le DOSB qui, depuis plus de deux ans maintenant, a revu du sol au plafond le processus de sélection d’une candidature dans le but de créer les conditions d’un succès auprès de l’opinion publique allemande et, au-delà, auprès des membres électeurs du CIO.

Pour la ville, le couperet tombera en tout cas au soir du 31 mai 2026.

Ce jour-là, jusqu’à 1,3 million de citoyens pourront se prononcer entre 08h00 et 18h00 sur la nouvelle mouture du projet olympique et paralympique porté par Hambourg et sa région avec trois issues possibles.

Un résultat serré pourrait au fil des mois venir altérer la solidité du projet et la capacité de celui-ci à convaincre les instances sportives allemandes et les autorités fédérales, indispensables appuis pour une candidature sur la scène internationale.

Un succès référendaire à la manière de Munich à l’automne 2025 serait en revanche de nature à mettre sur orbite la candidature de Hambourg et à faire de cette dernière la principale concurrente de Munich et ce, même si avant le rendez-vous du mois de mai, la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr sollicitera elle-aussi sa population.

Le résultat des urnes pourrait aussi se solder par un rejet massif de la population.

Cette voie serait de facto sans issue pour la candidature de Hambourg qui, comme pour les Jeux de 2024, serait contrainte de se retirer. Le revers serait toutefois encore plus fort cette année qu’il y a une décennie, l’ambition olympique et paralympique pour 2024 ayant en effet été freinée à l’époque après la sélection interne réalisée par le DOSB.


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