Les Alpes françaises 2030 présentent un schéma préférentiel des sites

Avec un schéma préférentiel dévoilé cette semaine, le Comité d’Organisation des Jeux d’hiver de 2030 préfigure ce que pourrait être la carte des sites et ce, avant la poursuite des discussions avec les diverses parties prenantes et la réunion de la Commission Exécutive du Comité International Olympique (CIO) attendue pour la fin de l’année.

Edgar Grospiron, Président du Comité d’Organisation des Jeux des Alpes françaises 2030, mardi 18 février 2025 à Décines-Charpieu, Rhône (Crédits – CNOSF / KMSP)

Un an presque jour pour jour après la désignation officielle des Alpes françaises 2030 comme Hôtes des Jeux, la carte des sites reste pour l’heure une succession de pointillés.

Alors que les dernières semaines ont été marquées par de nouveaux remous autour du dossier olympique et paralympique provoqués par les dissensions apparentes entre les orientations du COJO et la volonté de Méribel (Savoie) pour la sectorisation des épreuves de ski alpin, l’instance organisatrice a souhaité reprendre la main, ce lundi 21 juillet 2025, en présentant son schéma préférentiel des sites.

Comme annoncé depuis la phase de candidature, la répartition des sites s’opère selon quatre clusters territoriaux que sont le pôle Haute-Savoie ; le pôle Savoie ; le pôle Briançonnais ; et le pôle Nice Côte d’Azur.

Si les sites jusqu’alors projetés sont bien intégrés au sein du schéma préférentiel, il est surtout à noter le come-back de Val d’Isère qui, après en avoir été écarté en 2023, effectue aujourd’hui un retour au premier plan pour orchestrer une partie des compétitions de ski alpin.

Ce retour – évoqué avec insistance au cours des semaines passées – avait soulevé la colère de Méribel qui, jusqu’à présent, devait accueillir les épreuves féminines de ski alpin lorsque Courchevel devait quant à elle recevoir les épreuves masculines. Mais avec l’intégration au projet de Val d’Isère et de sa célèbre Face de Bellevarde, Méribel aurait inévitablement dû céder sa place pour assurer seulement la tenue des épreuves de para-ski alpin.

Une option inenvisageable pour la station savoyarde – co-organisatrice des Mondiaux 2023 avec Courchevel – qui a dès lors choisi de se retirer du dispositif avant que le COJO n’annonce son schéma préférentiel des sites.

Ledit schéma se présente ainsi de la sorte :

  • Pôle Haute-Savoie : Grand Bornand, La Clusaz
  • Pôle Savoie : Courchevel, La Plagne, Val d’Isère 
  • Pôle Briançonnais : Serre Chevalier, Montgenèvre 
  • Pôle Nice Côte d’Azur : Nice
Vue des tremplins de saut à ski de Courchevel, Savoie, mardi 23 avril 2024 (Crédits – Région Auvergne-Rhône-Alpes / Kylian Debbache)

Cette présentation – que l’on peut considérer comme une préfiguration de la future cartographie – doit permettre au COJO de pouvoir mener à bien les échanges nécessaires avec l’ensemble des acteurs du projet, en particulier les Collectivités Territoriales appelées à recevoir l’événement olympique et paralympique dans moins de cinq années.

Au-delà des discussions en cours et à venir, l’étude de la faisabilité technique et logistique assurera ou non le maintien des pistes aujourd’hui évoquées pour la réception des Jeux entre les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le tout, en considérant toujours l’un des engagements de départ du projet, à savoir un juste équilibre entre les deux territoires.

Une fois ces étapes franchies, des conventions pourront être actées entre les parties et ce, dans le but de formaliser la participation des sites avec les périmètres d’intervention de chacun, à savoir le COJO à l’intérieur des sites et les pouvoirs publics au niveau du domaine public.

Il y aura lieu en parallèle que les Fédérations Internationales approuvent les sites destinés aux sports et para-sports du programme des Jeux d’hiver, la Commission Exécutive du CIO devant quant à elle entériner les choix des Alpes françaises 2030, avec notamment une réunion prévue pour décembre 2025.

Comme l’a fait savoir Edgar Grospiron, Président du COJO, au sortir de la réunion du Conseil d’administration de cette semaine :

Avec ce schéma préférentiel abouti, et une équipe en ordre de marche pour valider définitivement chaque site d’un point de vue budgétaire et technique, le COJO passe la vitesse supérieure !

Mon objectif, c’est de faire des Jeux spectaculaires, dans le respect de la contrainte budgétaire et en bâtissant un héritage durable.

Certes, le COJO peut aujourd’hui se satisfaire d’avoir complété 80% de son objectif.

Il n’en demeure pas moins trois sujets majeurs qui, selon l’instance, sont « en cours de finalisation ».

Premier sujet à traiter : Val d’Isère. Bien que la station soit à nouveau intégrée au dispositif des JO 2030, des discussions avec les autorités locales doivent encore garantir l’équilibre budgétaire du projet, soit précisément l’une des critiques pointées par Méribel.

Deuxième sujet : les Jeux Paralympiques. La défection de Méribel – même si le COJO espère toujours sa présence – va conduire les parties prenantes au projet à repenser la tenue des épreuves de neige du rendez-vous paralympique. En ce sens, le COJO va poursuivre ses échanges avec le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) et avec le Comité International Paralympique (IPC) pour statuer sur les meilleures options, sachant que Tignes pourrait être une alternative.

Troisième sujet enfin : l’Anneau de vitesse. Ainsi que l’a précisé le COJO, un processus de sélection est lancé dans le cadre d’un appel à proposition, l’idée étant de mobiliser un site d’ores et déjà existant, avec la probabilité d’une enceinte étrangère, aux Pays-Bas ou en Italie. Sur ce point, Edgar Grospiron avait récemment indiqué qu’une décision devait être prise d’ici l’automne 2025.

Vue du Thialf, célèbre anneau de vitesse à Heerenveen, Pays-Bas, qui constitue l’une des pistes pour l’Anneau de vitesse des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 (Crédits – Site officiel du Thialf)

La rentrée qui s’annonce après la période estivale sera d’ailleurs un rendez-vous charnière pour les Alpes françaises 2030.

En effet, au-delà des problématiques portant sur la carte des sites, le COJO va devoir finaliser le recrutement du Comité de Direction pour une mise en place effective dès le mois de septembre 2025 ; plusieurs cadres ayant d’ores et déjà rejoint les rangs des Alpes françaises ces dernières semaines.

La question des finances devra également être arbitrée et tranchée, avec une présentation du budget d’organisation des Jeux annoncée pour l’automne.

Les Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 – qui entrent dans les derniers 200 jours avant la Cérémonie d’ouverture – seront aussi une perspective importante pour les Alpes françaises 2030, que ce soit pour la préparation de la passation des drapeaux olympique et paralympique bien sûr, mais encore en ce qui concerne le travail à réaliser sur la marque et le futur emblème des Jeux qui succéderont à l’édition italienne.


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