Budget 2026 : Le CNOSF et le CPSF dénoncent un « contresens historique »

Alors que les discussions vont encore se poursuivre jusqu’à l’automne dans les différents Ministères, l’orientation prise à ce jour en ce qui concerne le resserrement budgétaire laisse apparaître une baisse drastique des crédits alloués au sport, à la jeunesse et à la vie associative. Pour le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), une telle décision est à rebours de l’héritage des Jeux de Paris 2024.

Vue de la vasque des Jeux de Paris 2024 à la fin du printemps 2025 (Crédits – Henri Garat / Ville de Paris)

Avec une baisse conséquente de ses crédits de l’ordre de 17,6% envisagée dans l’optique du budget 2026, et avec près de 300 millions d’euros déjà ponctionnés depuis le début de l’année, le Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative paie déjà un lourd tribut dans le cadre de l’effort budgétaire et la maîtrise des dépenses souhaités par le Premier Ministre, François Bayrou.

Or, et ainsi que le dénonce d’une même voix, le CNOSF et le CPSF, la saignée engagée sur les crédits sportifs est jugée « incompréhensible, injuste et dangereuse », un an après les Jeux d’été de Paris 2024 et moins de cinq ans avant la tenue des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030.

Comme le pointe les deux instances précitées :

La situation budgétaire actuelle du pays impose un effort pour chaque secteur et le mouvement sportif est prêt à faire sa part notamment en poursuivant la transformation et la modernisation des modèles économiques de ses structures avec une détermination renouvelée. Mais le sport ne peut pas être traité avec autant de mépris. […]

Après les coupes budgétaires qui sont déjà intervenues sur le Pass’Sport et les services civiques, cette nouvelle injustice va à contresens de l’envie de sport des Français, de la dynamique observée des prises de licences au lendemain des Jeux et de l’enthousiasme suscité par la perspective de l’organisation en France des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Alpes 2030.

Or, la part du sport dans le budget tricolore est déjà infime – 0,10% du budget de l’État – et les décisions à venir préfigure un effacement sans précédent qui annonce par effet domino des répercussions à divers échelons, du local au national, que ce soit pour le sport amateur ou le haut-niveau.

Un véritable paradoxe au moment où la France s’apprête à célébrer l’anniversaire des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, une édition jalonnée de records et dont le succès a été unanimement salué.

Aussi, le CNOSF et le CPSF rappellent à juste titre que :

Chaque euro investi dans le sport génère 13 euros d’économie pour la collectivité. L’utilité de cet investissement est prouvée, son efficacité mesurée. Ce qui doit compter pour une équipe gouvernementale qui se dit attachée à l’efficacité de la dépense publique. […]

À travers ce projet de loi de finances, c’est toute une génération, tout un modèle, tout un héritage que l’on piétine. Les Jeux n’auront duré qu’un été alors que leur promesse, elle, devrait vivre encore longtemps.

Si la promesse de la pérennisation de l’héritage des Jeux apparaissait déjà comme un doux rêve eu égard à la place habituellement accordée au sport par les politiques publiques françaises, il semble aujourd’hui impérieux de repenser ce modèle, en changeant par ailleurs la perception que peuvent avoir les décideurs.

L’orientation gouvernementale pose en effet une fois encore la question de l’engagement en faveur du sport et la considération que l’on souhaite portée à celui-ci.

A l’aune des grands événements que la France est régulièrement amenée à orchestrer sur son sol et en regardant la vitalité des clubs, des associations, sans compter la force du bénévolat sportif dans l’Hexagone, il y a plus que jamais lieu d’installer le sport à la place qu’il mérite.

Comme le résume le CNOSF et le CPSF :

Le sport est une politique publique de première nécessité. Nous appelons l’ensemble des acteurs du sport – athlètes, fédérations, clubs, bénévoles, arbitres, entraîneurs, éducateurs… -, les collectivités, les parlementaires, tous les soutiens du sport et les citoyens conscients de son importance, à se mobiliser à nos côtés pour refuser ce déclassement.

Le sport et le parasport sont une chance pour la France.

C’est un bien public trop précieux pour être sacrifié, d’autant plus dans un contexte où notre pays s’alarme des problèmes de santé physique et mentale des jeunes. Le CNOSF et le CPSF, aux côtés de toutes les forces vives qui le soutiendront, ne laisseront pas se faire un tel gâchis.

Reste à savoir désormais si cette mobilisation entraînera ou non un sursaut à l’approche des débats dans l’hémicycle qui se profilent pour la rentrée.

Certains seraient sans doute tentés de porter leur espoir sur la perspective d’une motion de censure visant le Gouvernement de François Bayrou et la chute de ce dernier.

Mais l’adoption d’une telle motion ne peut être une solution, ni même l’éventualité d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée Nationale, prérogative du Chef de l’État.

Car au-delà de la simplicité de faire du sport un outil ludique, il semble nécessaire que les pouvoirs publics prennent enfin conscience que le sport est davantage un objet sociétal qui participe à la vie économique de la cité et à l’aménagement du territoire, mais également à l’épanouissement et au bien-être de la population, sans compter les bénéfices que peuvent procurer le sport quant à la cohésion sociale dans le pays.

Marie Barsacq et Amélie Oudéa-Castéra – respectivement Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, et Présidente du CNOSF – devront à n’en pas douter parvenir à jouer des coudes et à faire preuve de persuasion pour essayer de remporter des arbitrages décisifs.

A défaut, l’héritage de Paris 2024, dont elles ont contribué chacune aux postes qu’elles occupaient l’an passé, sera sérieusement écorné. De quoi aussi affaiblir l’image et la crédibilité de la France dans les sphères sportives internationaux.


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