Depuis la visite de représentants au siège du Comité International Olympique (CIO) en fin d’année dernière, le gouvernement sud-africain s’attelle à étudier la possibilité de soumettre une candidature dans la perspective des Jeux d’été de 2036 voire de 2040. Les semaines qui viennent pourraient être déterminantes pour poursuivre cette ambition.

Dans la course aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’été, un regain d’intérêt très net a été constaté au cours des années passées.
Cela s’explique pour partie par la refonte profonde du processus de sélection des Futurs Hôtes conduite par le CIO à l’initiative de son Président, Thomas Bach, et pour partie aussi grâce au succès des Jeux de Paris 2024 qui ont été perçus comme une source d’inspiration pour nombre de prétendants à travers le monde.
Le modèle de candidature et d’organisation repensé, plusieurs villes et pays qui avaient déserté les couloirs olympiques se trouvent de fait à nouveau présents sur la piste. De nouveaux postulants ont également fait leur apparition de manière plus ou moins officielle.
Car – faut-il le rappeler – le nouveau processus donne la possibilité aux candidatures d’avancer dans les discussions avec le CIO sans avoir une quelconque obligation de se dévoiler aux yeux du monde et, de facto, de la concurrence. Tout du moins jusqu’à l’étape-clé où l’institution olympique peut être amenée à choisir l’un des prétendants pour engager un dialogue ciblé synonyme, sauf catastrophe, d’attribution des Jeux.
Les trois dernières courses aux Jeux ont été dictées selon cette philosophie, Brisbane 2032 remportant la mise en juillet 2021, quelques mois seulement après son entrée dans le jeu ; les Alpes françaises et Salt Lake City – Utah (États-Unis) faisant de même pour les éditions hivernales de 2030 et de 2034, toutes deux octroyées de façon simultanée lors de la 142e Session du CIO orchestrée l’été dernier en marge de l’ouverture des Jeux de Paris 2024.
L’échéance de 2036 sera ainsi la prochaine sur la liste, avec possiblement aussi l’édition de 2040, le CIO ne s’interdisant plus l’opportunité de procéder à une double attribution si les conditions sont réunies.
Or, avec un nombre de candidats à deux chiffres ainsi que le martèle depuis des mois le Président du CIO, l’institution de Lausanne (Suisse) pourrait fort bien s’engager dans une telle démarche d’ici 2026-2027, soit les deux années au cours desquelles le CIO pourrait à un instant T choisir les Futurs Hôtes des Jeux d’été.

Dans cette dynamique, l’Afrique du Sud s’est révélée être l’une des possibles candidates.
De la réflexion conduite par le think-tank « Cape Town 2040 » à la visite officielle de représentants du gouvernement sud-africains et de responsables de la Confédération sud-africaine des sports et Comité Olympique (SASCOC), les mois se sont écoulés et la démarche se précise.
Vendredi 07 février 2025, devant les autres membres du gouvernement qui composent le Cabinet, le Ministre des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie – qui faisait partie de la délégation reçue au siège du CIO en novembre 2024 – a ainsi mis sur la table la possibilité de présenter une candidature.
Des discussions plus poussées devraient avoir lieu au cours de cette semaine avant que le Cabinet gouvernemental ne fasse connaître sa position quant au soutien à une entreprise de la dimension d’une candidature aux Jeux d’été.
Comme l’a en tout cas fait savoir le Président du SASCOC, Barry Hendricks, lors d’un échange en fin de semaine avec la Commission aux Sports, aux Arts et à la Culture de l’Assemblée Nationale sud-africaine :
Nos discussions avec le Ministre et avec le CIO définissent pour l’heure une intention.
Le Ministre a présenté un document au Cabinet et nous attendrons la réponse du Cabinet pour aller de l’avant.
Mais il y a trois phases : les échanges informels où nous essayons de savoir si des entités sont intéressées par l’organisation de ces Jeux, puis nous entamerons un dialogue plus constructif, appelé dialogue continu [avec le CIO]. Enfin, si nous réussissons et que nous trouvons un soutien significatif, nous passerons au stade du dialogue ciblé au cours des prochaines années avant 2036.

Si la balle est aujourd’hui dans le camp des autorités gouvernementales, le SASCOC entend bien rester actif sur le sujet, le concept d’une candidature étant un élément primordial à définir.
Aussi, dans l’optique où la démarche d’une candidature viendrait à se concrétiser, le Président de l’instance – qui était lui-aussi du voyage à Lausanne l’an passé – a indiqué que le SASCOC se chargerait, en temps voulu, de sélectionner les territoires susceptibles de recevoir les compétitions et les athlètes à l’horizon 2036-2040.
Avec pragmatisme et en se fondant sur les dispositions d’examen propres du CIO en la matière, l’instance pourrait à ce moment-là se positionner avec une ville-centre et des villes périphériques. Elle pourrait aussi se laisser tenter par une association entre plusieurs villes majeures du pays. Cela pourrait par exemple se formaliser au travers d’une candidature réunissant Le Cap et Durban.
Une chose est certaine. A ce stade, le SASCOC se veut ouvert à la discussion et à la réflexion quant à l’élaboration d’un projet concurrentiel sur la scène internationale, trente ans après la candidature du Cap développée durant la seconde moitié de la décennie 1990 en vue des Jeux de 2004 finalement attribués à Athènes (Grèce).
Évidemment, l’une des clés réside dans le modèle de financement et dans la répartition de l’effort budgétaire à consentir si, le cas échéant, le Cabinet gouvernemental venait à se positionner en faveur d’une candidature.
Sur ce point, et comme l’a indiqué le Président du SASCOC :
Le financement est un facteur majeur.
Nos discussions avec le Cabinet détermineront si nous disposons du soutien financier nécessaire.
Nous mobilisons également le secteur privé pour explorer les possibilités de soutien et de partenariat.
Quoiqu’il en soit – et à l’instar d’autres possibles prétendantes comme l’Allemagne – une candidature sud-africaine pourrait de surcroît se mettre en place en tirant les leçons des Jeux de Paris 2024 qui se sont déroulés selon un concept reposant sur près de 95% de sites existants ou temporaires.
A titre de comparaison et en gardant à l’esprit qu’une candidature pourrait s’installer à l’échelle de plusieurs villes, les travaux menés jusqu’à présent par le think-tank « Cape Town 2040 » ont mis en évidence un ensemble conséquent de 84% de sites répondant à ces caractéristiques dans et autour de la capitale parlementaire du pays.

Récemment, ledit think-tank a publié un rapport complémentaire d’une cinquantaine de pages faisant le parallèle entre Paris 2024 et une éventuelle organisation des Jeux dans le secteur du Cap, entre analyse des points communs et projections pour bâtir un modèle et une vision de l’événement planétaire.
Ce rapport se fonde notamment sur les enseignements de la visite opérée in situ à l’été 2024 sur plusieurs sites en région francilienne et jusqu’à Marseille (Bouches-du-Rhône) au moment des Jeux.
Sur divers points-clés des Jeux et de l’organisation de l’événement, « CT 2040 » estime dès lors que Le Cap pourrait être en mesure d’avancer ses propres marqueurs.
Concernant l’identité visuelle des Jeux, cela pourrait se traduire par des animations agencées dans chacun des quartiers pour créer un véritable élan populaire autour des Jeux.
Sur le déroulement de la Cérémonie d’ouverture, cette dernière – tout en s’inspirer de Paris 2024 et de la spectaculaire déambulation le long de la Seine – pourrait prendre appui sur le Cape Town Minstrel Carnival, avec aussi la mobilisation des nouvelles technologies pour proposer un show immersif au public, mais encore le concours de sites emblématiques de la région comme Table Mountain ou Robben Island.
Ces sites pourraient aussi être associés à l’installation de la vasque olympique, sur le modèle de ce qu’a pu faire Paris 2024 avec la perspective monumentale comprenant le Musée du Louvre, le Jardin des Tuileries et l’Avenue des Champs-Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe.
Le parallèle avec Paris 2024 se retrouve en outre sur le concept du Parc des Champions. Tandis que la « Ville Lumière » avait pris le parti de sanctuariser les Jardins du Trocadéro via des tribunes temporaires en forme de fer à cheval faisant face à la Tour Eiffel pour agencer cet espace-phare de célébration durant les Jeux, « CT 2040 » avance l’idée de créer un site similaire sur Grand Parade qui n’est autre que l’une des principales places publiques du Cap.
Nul doute en tout cas que ces nouveaux développements pourront servir, sur les semaines et mois à venir, la réflexion globale pour faire émerger une candidature sud-africaine avec Le Cap comme tête d’affiche ou en composante du projet.
En savoir plus sur Sport & Société
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
