Milan-Cortina 2026 : Le CIO reste ferme face aux organisateurs

Tandis que Milan-Cortina 2026 a approuvé en début de semaine le projet visant à réaménager la piste historique de bobsleigh, de luge et de skeleton à Cortina d’Ampezzo, le Comité International Olympique (CIO) maintient aujourd’hui la pression sur les organisateurs italiens pour convenir d’une option moins onéreuse et plus viable sur le plan de l’héritage.

Visuel de présentation de la piste du futur Centre de glisse de Cortina d’Ampezzo, Italie (Crédits – Infrastrutture Milano Cortina 2026 S.p.A.)

Le bras de fer dans lequel sont engagés le Comité d’Organisation des Jeux d’hiver de 2026 d’une part, et l’institution olympique à Lausanne (Suisse) d’autre part, se renforce, avec de surcroît la position ferme affichée depuis des mois par le gouvernement transalpin en ce qui concerne la localisation des épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton.

De fait, malgré les réticences du CIO – pour ne pas dire la franche opposition – à l’idée de conserver lesdites épreuves en Italie, moyennant la reconstruction ou la rénovation lourde de pistes abandonnées, les autorités italiennes entendent bien mener à terme le projet initial portant sur la requalification du site de Cortina d’Ampezzo.

Preuve de cette détermination sans faille, le Conseil d’administration de Milan-Cortina 2026 a approuvé le nouveau projet issu d’un appel d’offres n’ayant pourtant recueilli l’intérêt que d’un seul et unique candidat. Ce projet – d’un montant prévisionnel de 81,6 millions d’euros hors-taxes – se focalise sur le réaménagement complet de la piste Eugenio Monti et ce, selon un schéma peu ou prou similaire à celui adopté dès la phase de candidature aux JO 2026.

Pourtant, le projet de Cortina d’Ampezzo comporte des risques et non des moindres.

D’une part, il se fonde sur un site certes existant mais fermé au public et aux compétitions depuis plusieurs années, ce qui conduira nécessairement à un chantier coûteux, surtout si l’on regarde la flambée des projections budgétaires au cours des mois passés. D’autre part, le volet relatif à l’héritage des Jeux – élément-clé pour le CIO à l’aune des réformes de l’Agenda 2020 et de l’Agenda 2020+5 – ne semble pas viable à en croire l’institution olympique qui avait déjà mis en garde l’Italie au moment de la visite in situ de la Commission d’Évaluation au printemps 2019.

Aussi, le CIO reste plus que jamais droit dans ses bottes et réaffirme cette semaine sa position en la matière.

Comme l’a fait savoir l’institution dans un communiqué publié en marge des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Gangwon 2024 :

Le CIO est fermement convaincu que le nombre actuel de centres de glisse, au niveau mondial, est suffisant pour le nombre d’athlètes et de compétitions dans les disciplines de bobsleigh, de luge et de skeleton.

Seules les pistes existantes et d’ores et déjà opérationnelles devraient être prises en compte en raison du délai très court restant avant les Jeux.

Cette déclaration survient quelques semaines après un propos similaire tenu par le Directeur Exécutif des Jeux Olympiques au sein du CIO.

Ainsi que l’avait alors exposé Christophe Dubi :

Nous avons dès le début pensé que ce site [de Cortina d’Ampezzo] était extrêmement complexe en termes de coût, d’héritage et de timing, et nous avons favorisé l’utilisation d’une piste existante.

Visuel d’une partie du projet du nouveau Centre de glisse de Cortina d’Ampezzo, Italie (Crédits – SIMICO)

Car au-delà de la question relative à l’enveloppe budgétaire qui devra in fine être déployée et à la problématique liée à la durabilité du site, le CIO s’inquiète aussi des délais, deux ans seulement avant l’ouverture des JO 2026 et en sachant par ailleurs que des tests techniques et sportifs doivent impérativement être menés en 2025.

Sur ce point, le Comité d’Organisation et les autorités italiennes se veulent rassurantes, estimant être en capacité d’engager le redémarrage du chantier de la piste historique dans le courant du mois de février 2024, pour un achèvement annoncé en fin d’année, puis l’installation de tests divers en janvier 2025 ou tout au plus en mars de l’année prochaine.

Pas sûr que cela soit suffisant pour convaincre l’institution olympique, soucieuse de ne pas subir un camouflet face à des organisateurs peut-être davantage intéressés par la vision d’un projet strictement national au détriment des considérations économiques et de durabilité élevées au rang de priorités par le CIO.

Il n’empêche – sauf improbable retournement de situation – Milan-Cortina 2026 devrait persister et mettre en œuvre son projet, au risque de se froisser encore un peu plus avec le CIO dont la vigilance à l’égard de l’Italie n’a jamais été aussi forte, notamment en considérant les atermoiements passés en ce qui concerne d’autres sites ayant pu donner des sueurs froides aux parties prenantes du dossier olympique et paralympique.


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