JO 2030 : Le collectif « Stop JJOO » mobilise des milliers d’opposants dans les Pyrénées

Au moment où les porteurs du projet olympique et paralympique espagnol pour les Jeux d’hiver de 2030 se retrouvent au bord du gouffre, les opposants à la candidature de Pyrénées-Barcelone se sont mobilisés ce dimanche à l’initiative du collectif « Stop JJOO ».

Vue de la tête du cortège de manifestants mobilisés contre la candidature espagnole pour les Jeux d’hiver de 2030, dimanche 15 mai 2022 à Puigcerdà, au Nord de la Catalogne (Crédits – Stop JJOO)

Annoncée depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux, la manifestation contre la candidature de Pyrénées-Barcelone pour les Jeux d’hiver de 2030 a massivement mobilisé dans les rues de Puigcerdà, ville de 9 500 habitants au Nord de la Catalogne, non loin de la frontière franco-espagnole.

Selon les forces de l’ordre, quelques 2 000 personnes ont ainsi pris part au cortège largement pavoisé de drapeaux aux couleurs du territoire catalan, tandis que les organisateurs ont fait état de plus de 5 000 participants venus de toute la région pour affirmer que les Pyrénées ne veulent pas des Jeux sur leur sol.

Scientifiques, agriculteurs, sportifs, ou simples citoyens, les manifestants de ce dimanche 15 mai comptaient également dans leurs rangs des membres du collectif « Aragon Stop JJOO » qui ont fait le déplacement pour soutenir et épaulé l’action de leurs homologues catalans.

Outre la manifestation, une tribune a aussi été installée au cœur de la ville pour permettre des prises de paroles, destinées à contrer les arguments des partisans de la candidature espagnole aux JO 2030 qui entendent profiter de l’événement pour moderniser les infrastructures de montagne, notamment dans les stations appelées à recevoir les épreuves alpines.

Parmi les intervenants, Bernat Lavaquiol, porte-parole du collectif « Stop JJOO », a tenu à délivrer un message à consonance sociale, faisant clairement une opposition entre le modèle rural – et pour partie préservé – des Pyrénées, et le modèle olympique.

Comme il l’a notamment exprimé face à la foule réunie sur la Plaça del Call :

Notre lutte a pour but d’élever la voix, et ils voudraient que nous nous taisions à nouveau en ayant la tête baissée. Notre lutte est une lutte pour la justice sociale et ils nous disent que sans les Jeux, nous n’aurons rien. Nous voulons un abri, du travail, de la terre, du pain, de la santé, de l’éducation et de la culture.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Misant grandement sur les réseaux sociaux, qui se sont progressivement installés comme un porte-voix majeur pour les opposants aux Jeux depuis plusieurs années – avec les actions menées contre l’intérêt des candidatures de Munich 2018 et 2022, mais surtout Boston 2024 et Hambourg 2024 – le collectif « Stop JJOO » espère que cette manifestation permettra de créer une dynamique susceptible d’affaiblir encore davantage un projet déjà en mauvaise posture.

L’initiative de ce week-end a d’ailleurs permis d’évaluer la capacité de mobilisation des opposants sur le terrain, en ayant à l’esprit la perspective du double référendum prévu en Catalogne pour le 24 juillet prochain.

D’ici-là, la candidature doit encore parvenir à convaincre les parties institutionnelles, l’Aragon étant toujours vent debout contre le concept des sites présenté par le Comité Olympique Espagnol (COE), avec l’appui de la Catalogne et du gouvernement central.

Pour l’instance présidée par Alejandro Blanco, la semaine qui s’ouvre sera en tout cas déterminante, dans la mesure où un accord technique est à présent souhaité avant le 20 mai, soit une dizaine de jours avant la visite à Madrid du Président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach.

Dans l’optique d’un échec des négociations en cours, le maintien de la candidature espagnole serait plus que menacé, sauf à envisager la poursuite des discussions dans un cadre ne faisant plus mention des Jeux de 2030, mais de l’édition suivante, à savoir celle de 2034. Avec cette éventuelle stratégie, le COE démontrerait alors sa capacité d’adaptation en sortant de l’impasse et ce, à l’heure où le CIO promeut davantage de souplesse dans l’approche des candidatures, avec une priorité désormais donnée au dialogue.

Laisser un commentaire