JO 2030 : La Catalogne acte un double référendum pour le 24 juillet 2022

Alors que la Communauté autonome d’Aragon doit présenter une contre-proposition au schéma technique validé par le Comité Olympique Espagnol (COE) pour une candidature aux Jeux d’hiver de 2030, la Catalogne a, de son côté, précisé les modalités d’organisation de la consultation populaire qui aura lieu le 24 juillet prochain.

Vue du domaine skiable de Baqueira Beret dans le Val d’Aran (Crédits – Catalunya Experience)

Bien que fragilisée par la récente prise de position du Président aragonais, la candidature olympique et paralympique espagnole poursuit son chemin du côté de la Catalogne où les dirigeants régionaux ont levé le voile, ce lundi, sur les contours de la prochaine consultation populaire ou plutôt des consultations.

Face à la pression des autorités locales, la Generalitat a en effet choisi de mettre en place deux référendums au lieu d’un et ce, au moyen de deux décrets-lois signés aujourd’hui par Pere Aragonès, Président de la Communauté autonome de Catalogne.

Si les deux scrutins se dérouleront sur la même journée, soit le 24 juillet prochain, les résultats pourraient en revanche ne pas avoir la même incidence sur le devenir de la candidature.

De fait, l’enjeu majeur résidera ce jour-là dans la consultation qui s’opérera dans les secteurs de l’Alt Pirineu et du Val d’Aran. La population de ces deux territoires pyrénéens sera alors invitée à se prononcer sur l’opportunité d’accueillir, le cas échéant, une partie des compétitions olympiques et paralympiques comme mentionné dans le concept récemment présenté, sachant qu’un résultat défavorable entraînera ni plus ni moins que l’abandon de la candidature.

Pour ce scrutin à hauts risques, toute personne de 16 ans et plus pourra participer, à la condition néanmoins de justifier d’une résidence effective sur le territoire depuis au moins un an. Cela devrait concerner quelques 55 000 électeurs potentiels.

Concernant l’autre scrutin référendaire, les modalités d’organisation sont identiques avec, cette fois-ci, environ 63 000 électeurs attendus dans les secteurs de Berguedà, Solsonès et Ripollès.

Dans ces trois comtés, la population sera consultée pour approuver ou non une possible intégration au projet, mais, contrairement aux deux autres territoires précités, avec la perspective ici de servir de sites d’entraînement avant et pendant les Jeux. A la différence de la consultation prévue dans l’Alt Pirineu et dans le Val d’Aran, les résultats de ce référendum ne seront pas contraignants, autrement dit, un rejet populaire ne conduira pas au retrait de la candidature.

Vue des installations de la colline de Montjuïc, avec notamment le Palau Sant Jordi (Crédits – Barcelona / Official Website)

Du côté de Barcelone en revanche, aucune consultation populaire n’est aujourd’hui envisagée. Au moins trois éléments peuvent expliquer cette décision.

D’une part, l’intégration de la principale cité catalane serait de nature à impacter fortement le potentiel électoral, en amenant un déséquilibre inévitable par rapport aux cinq territoires moins densément peuplés soumis à un référendum au mois de juillet.

D’autre part, la bataille des égos politiques a sans doute aussi pesé dans la balance pour exclure Barcelone du scrutin, les dirigeants catalans n’étant pas forcément enthousiastes à l’idée de coopérer avec la Maire Ada Colau, cette dernière pouvant chercher à s’immiscer dans la candidature ou tout du moins à utiliser à son avantage les résultats de la consultation.

Enfin, le concept présenté la semaine dernière ne comporte – indépendamment du choix pour les Cérémonies et l’emplacement du ou des Village(s) des Athlètes – qu’un seul site barcelonais pour les compétitions olympiques et paralympiques, avec la mobilisation souhaitée du Palau Sant Jordi pour le hockey-sur-glace.

Ce concept diffère d’ailleurs largement de celui proposé pour les JO 2022 et un temps, pour une candidature aux JO 2026, où la Ville Hôte de l’Olympiade de 1992 avait une place prépondérante.

(Crédits – Stop JJOO)

La tenue des deux scrutins référendaires devrait coûter 1,1 million d’euros selon les estimations annoncées par les autorités catalanes.

Cette somme n’inclut toutefois pas les dépenses liées à la campagne promotionnelle qui devrait se mettre en mouvement pour convaincre les futurs électeurs, mais aussi pour contrecarrer les arguments des opposants rassemblés sous la bannière « Stop JJOO ».

Ces derniers seront à n’en pas douter particulièrement actifs sur le terrain, mais également sur les réseaux sociaux, pour faire entendre leurs voix.

A ce stade, le mouvement contestataire bénéficie en tout cas de 4 395 followers sur Twitter et 2 945 abonnés sur Instagram. En novembre 2021, et à titre de comparaison, ils étaient respectivement 1 800 sur le premier réseau cité et 2 110 sur le second.

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