Interview – Thierry Braillard : « L’unité est un atout pour Paris »

Quelques heures avant la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Rio 2016, le Secrétaire d’État aux Sports a accepté de répondre en exclusivité aux questions de « Sport & Société ».

Revenant sur les politiques publiques déployées en faveur du sport et des sportifs, Thierry Braillard évoque également les objectifs de la délégation française au Brésil, sans oublier bien sûr la candidature de Paris à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

(Crédits - Portail du Gouvernement)
(Crédits – Portail du Gouvernement)
  • Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche de l’ouverture des JO 2016 et après avoir fait le point sur la politique en faveur des sportifs, ce mercredi matin en Conseil des Ministres ?

Nous avons le sentiment d’avoir accompli des choses qui n’ont jamais été faites, et d’avoir décidé de préparer au mieux cette Olympiade.

Nous avons tout d’abord maintenu l’existant, c’est-à-dire les subventions aux différentes Fédérations Olympiques, avec aussi le maintien des moyens accordés au niveau technique. Pour les sportifs, il y a eu la poursuite du soutien des administrations ; je pense à l’armée, je pense à l’Intérieur, je pense aux douanes.

Nous avons également accordé une subvention assez exceptionnelle de 850 000 euros pour la délégation. Nous avons prévu et budgété les primes olympiques.

Nous avons ensuite, dans le cadre de la préparation physique, créé un lieu unique à l’INSEP, rassemblant les forces du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et la Mission d’Optimisation et de la Performance du Ministère, et le personnel du Ministère, ce qui permet davantage d’efficacité dans le management du sport de haut niveau français.

Nous avons aussi validé la création du Grand INSEP qui permet à tous les sportifs d’aller dans n’importe quel lieu et de trouver des conditions d’entraînement de très haute qualité. Pour aller dans ce sens là, il y a aussi eu le lancement de la labellisation des Centres de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive (CREPS) en lien avec le Comité du Sport de Haut Niveau du CNOSF. Il y a quelques jours, j’ai d’ailleurs remis les premiers labels aux CREPS et il y en aura d’autres, pour monter en pression et en puissance.

Nous nous sommes également intéressés aux sportifs, avec la Loi du 27 novembre 2015 sur le statut, avec notamment l’instauration de la « protection sociale » qui n’existait pas. Il y a aussi eu le Pacte de Performance, avec le soutien financier de l’entreprise pendant la carrière du sportif, et la possibilité d’une intégration dans l’entreprise, après la carrière. On est actuellement à 90 entreprises, avec la prise en charge de 185 sportifs olympiques et paralympiques.

C’est donc ici un ensemble de mesures concernant la préparation de cette Olympiade.

Le Président de la République, François Hollande, en compagnie de Tony Estanguet, coprésident de Paris 2024, et Thierry Braillard, lors d'une visite à l'INSEP, le 29 mars 2016 (Crédits - Paris 2024)
Le Président de la République, François Hollande, en compagnie de Tony Estanguet, coprésident de Paris 2024, et Thierry Braillard, lors d’une visite à l’INSEP, le 29 mars 2016 (Crédits – Paris 2024)

Il y a d’abord l’objectif d’aller voir les Français dans les compétitions. Je rappelle que nous avons battu le record de la délégation, avec 395 athlètes qui vont nous représenter aux Jeux Olympiques. Il y a ensuite le souhait d’atteindre cet objectif assez fabuleux d’atteindre le top 5 mondial et pour cela, d’essayer d’avoir au moins 15 médailles d’or alors que nous n’en avions eu que 11 à Londres.

Dans le cadre de la candidature olympique, des rencontres sont prévues, pour présenter ce projet, notamment au sein du Club France où un espace est consacré à Paris 2024, tout en respectant les règles fixées par le Comité International Olympique (CIO).

Cette unité est une réalité. Elle s’est constituée derrière le Mouvement Sportif qui porte la candidature, cela est une nouveauté par rapport à ce qui a pu se faire par le passé.

De ce fait, je reste persuadé que cette unité est un atout pour la candidature.

Bernard Lapasset et Tony Estanguet ont créé – la référence rugbystique plaira au premier – un « pack » où chacun à son rôle et où chacun pousse en même temps, au même moment et avec la même force. C’est comme cela que nous avons une force collective qui, à mon avis, va beaucoup aider la candidature de Paris 2024.

  • Les Villes Candidates à l’organisation des JO 2024 ont connu ou vont connaître des échéances électorales d’ici septembre 2017. Ce sera le cas pour Paris et la France au printemps prochain. Quel est votre sentiment à l’approche de la campagne présidentielle et de son impact éventuel sur la candidature de Paris 2024 ?

L’unité dont nous avons parlé fait qu’il n’y aura pas de remise en cause de la candidature, quel que soit le résultat des élections en 2017.

Le seul petit hiatus qu’il faut y voir, c’est que la Commission d’évaluation présidée par Frankie Fredericks a prévu de visiter les sites dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Ce sera donc dans une ambiance un peu particulière, mais l’unité fera que nous irons au-delà des intérêts partisans et que l’intérêt général prédominera. Nous saurons accueillir la Commission d’évaluation comme il se doit, afin qu’elle vérifie le bien fondé du dossier de Paris 2024.

(Crédits - Paris 2024 / Philippe Millereau / KMSP)
(Crédits – Paris 2024 / Philippe Millereau / KMSP)

Tout à fait ! D’ailleurs, deux groupes se sont constitués à l’Assemblée Nationale et au Sénat, respectivement présidés par Régis Juanico, Député de la Loire, et par Michel Savin, Sénateur de l’Isère. Ces deux groupes de soutien ont déjà eu l’occasion de dialoguer avec des représentants du Comité de Candidature de Paris 2024.

Bien entendu, je pense que le moment venu, les deux assemblées apporteront un soutien très clair à cette candidature. Beaucoup de Députés et de Sénateurs ont en tous cas montré un intérêt pour cette initiative.

  • On remarque depuis plusieurs années que la question de la sécurité est un élément majeur des préparatifs olympiques, mais aussi pour les Villes Candidates. Paris va certainement étudier le dispositif mis en place à Rio ainsi que le retour d’expérience des anciennes Villes Olympiques. Quel regard portez-vous sur la question sécuritaire des Jeux et plus globalement des grands événements sportifs au moment où la France a connu plusieurs attaques dramatiques ?

La sécurité est une priorité. Nous en avons fait la démonstration lors de l’Euro 2016 de football, notamment dans le cadre de la mise en place des « fans zones ».

Nous avons démontré, au travers de cette compétition importante, notre savoir-faire, et nous serons toujours exigeants en matière de sécurité dans le dossier de candidature de Paris 2024.

  • En octobre, les Villes Candidates devront fournir au CIO le second volet du dossier de candidature. Quelles sont les garanties qui seront alors apportées par l’État ?

C’est un volet sur lequel nous travaillons, en lien bien sûr avec le Ministère de l’Économie et des Finances. Nous trouverons le dispositif qu’il faut pour que le dossier de candidature soit le plus fort possible.

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