Plus de quatre ans après avoir adopté une résolution en six points portant, notamment, sur l’exclusion des athlètes russes et biélorusses des compétitions sportives, le Comité International Olympique (CIO) a adopté cette semaine une position nouvelle, la Commission Exécutive recommandant désormais la levée des restrictions visant la participation des compétiteurs biélorusses.

Au cours de sa dernière réunion opérée les 06 et 07 mai 2026 depuis la Maison olympique à Lausanne (Suisse), la Commission Exécutive du CIO a amorcé le retour des athlètes biélorusses sur la scène sportive internationale.
Ce changement de position survient plus de quatre ans après l’adoption par ladite Commission d’une résolution en six points dans laquelle l’instance olympique recommandait expressément aux Fédérations et aux organisateurs d’événements sportifs de ne pas inviter et de ne pas autoriser la participation d’athlètes et la présence d’officiels russes et biélorusses dans le cadre des compétitions internationales.
Depuis, de nouvelles recommandations avaient été engagées au printemps 2023 et seuls quelques athlètes furent in fine autorisés à concourir sous bannière neutre et en l’absence de signes distinctifs et d’hymnes, tant sur les Jeux de Paris 2024 que lors du rendez-vous hivernal de Milan-Cortina 2026.
Comme l’a justifié d’une part le CIO ce jeudi 07 mai, la participation des athlètes aux grandes compétitions ne saurait être conditionnée aux actions de leurs gouvernements.
Un point qui peut en toute logique interpeller compte-tenu du positionnement jusqu’alors exprimé, mais qui renvoie ici à l’approche au cas par cas du CIO.
Dans sa communication ayant suivi la réunion de la Commission Exécutive cette semaine, le CIO estime d’autre part que depuis 2023, des athlètes biélorusses ont pu participer à des manifestations sportives en qualité d’athlètes individuels neutres (AIN), sans relever pour autant le moindre incident sur ou en dehors de l’aire de compétition.
Aussi, en recommandant la levée des restrictions à la participation des athlètes biélorusses – individuels et en équipes – l’institution ouvre la voie à l’engagement desdits athlètes dans l’optique des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, ainsi que des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d’hiver de Dolomiti Valtellina 2028, deux événements majeurs dont la période de qualification débutera dès cet été.

La recommandation formulée cette semaine à l’attention des organisateurs et des Fédérations Internationales qui peuvent toujours s’y opposer, ne s’applique pas en revanche aux athlètes russes qui restent – pour l’heure – soumis aux restrictions prises au sortir des Jeux d’hiver de Pékin 2022 et renouvelée depuis lors.
Sur ce point, la Commission Exécutive du CIO estime en effet que la situation du Comité Olympique Russe diffère de celle du Comité Olympique Biélorusse.
Ainsi que l’a fait savoir l’institution :
Le Comité National Olympique du Bélarus est en règle et se conforme à la Charte olympique.
Bien que le [Comité Olympique de Russie] ait entretenu des échanges constructifs avec le CIO concernant sa suspension, il demeure suspendu, tandis que la Commission des Affaires juridiques du CIO poursuit l’examen du dossier.
La Commission Exécutive du CIO a également exprimé ses préoccupations à la suite d’une information récente ayant conduit l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) à examiner le système antidopage russe.
Dans ce contexte, la Commission Exécutive du CIO souhaite disposer d’éléments complémentaires afin de mieux appréhender la situation.
Au-delà du contexte géopolitique, force est de constater que l’attitude du Comité Olympique Russe continue de poser problème, tant dans sa gouvernance qu’au regard des engagements à prendre en matière de lutte contre le dopage, plus de dix ans après les révélations autour d’un système organisé avant et pendant les Jeux de Sotchi 2014.
Il n’empêche, en fonction des prochains développements et de la poursuite des échanges entre les parties, la réintégration des athlètes russes pourrait elle aussi survenir bien avant la tenue des Jeux de Los Angeles 2028.
Des Jeux qui seraient dès lors les premiers auxquels les athlètes biélorusses et russes pourraient participer depuis les Jeux de Pékin 2022.
Reste toutefois à savoir le cas échéant si le CIO poussera ou non le retour de la Russie sous un format antérieur à celui des Jeux de PyeongChang 2018 et l’adoption des sanctions relatives au scandale de dopage d’État.

En attendant les possibles évolutions sur le dossier russe, nul doute que le CIO sera encore l’objet de critiques quant à son positionnement en matière de géopolitique, l’institution se laissant la liberté de prendre des mesures au cas par cas.
D’ailleurs, face aux critiques parfois vives ayant pu poindre à l’encontre de l’institution aux cinq anneaux en 2023, l’ancien Président du CIO, Thomas Bach, n’avait pas manqué de dénoncer une certaine hypocrisie de la part des gouvernements.
Comme il l’avait à l’époque affirmé :
Il est déplorable de voir que des gouvernements ne veulent pas respecter la volonté de la majorité des parties prenantes du Mouvement olympique, ni l’autonomie du sport.
Il est déplorable de voir que ces gouvernements ne traitent pas la question des doubles standards.
Nous n’avons pas vu un seul commentaire sur leur attitude à l’égard de la participation d’athlètes des pays des 70 autres guerres et conflits armés à travers le monde.
Un propos qui pourrait bien être à nouveau d’actualité.
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