Attendue depuis plusieurs mois, la carte des sites des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 continue de faire l’objet de discussions entre les parties prenantes, avant une validation qui – sauf bouleversement – devrait intervenir dans le cadre de la prochaine Session du Comité International Olympique (CIO) en juin 2026.

Le 21 juillet dernier, le Comité d’Organisation (COJO) des Alpes françaises 2030 dévoilait un « schéma préférentiel des sites » plutôt qu’une carte clairement établie.
Une manière alors de préciser les contours potentiels des enceintes et autres lieux destinés à recevoir les compétitions de la prochaine édition des Jeux d’hiver, tout en se laissant un temps supplémentaire pour sanctuariser lesdits sites.
Cette semaine, devant la Commission sénatoriale chargée de la Culture, de l’Éducation, de la Communication et du Sport, Edgar Grospiron, Président du COJO des Alpes françaises 2030, a d’ailleurs précisé la deadline désormais espérée pour la présentation de la carte.
Comme il l’a ainsi affirmé ce mercredi 25 février 2026 :
Pour la carte des sites, nous avons […] un peu de retard, puisque la finalisation de la carte des sites sera complètement validée par le Comité International Olympique lors de la Session qui aura lieu à la fin juin 2026, ce qui veut dire que nous avons pris à peu près quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites, mais quatre mois de retard sur 15% de la carte des sites car 85% de la carte, nous la connaissons.
De fait, lors du dévoilement l’an passé du schéma préférentiel après le retrait de Méribel de la course et le retour programmé de Val d’Isère dans le jeu, le COJO avait confirmé l’orientation des Jeux sur quatre clusters sportifs, de la Haute-Savoie, à la Savoie pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en passant par le Briançonnais et Nice pour la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Sur les deux premiers clusters, les Alpes françaises 2030 avaient alors prévu d’agencer les épreuves de biathlon au Grand-Bornand et de ski de fond à La Clusaz, mais encore les compétitions de ski alpin entre Courchevel et Val d’Isère, avec par ailleurs les épreuves du combiné nordique et de saut à ski à positionner, et le bobsleigh, la luge et le skeleton sur la piste de La Plagne.
Sur les deux autres pôles sportifs, le COJO avait ici confirmé le positionnement des stations de Serre-Chevalier et de Montgenèvre pour accueillir les épreuves de ski acrobatique (ski de bosses, saut acrobatique, big air pour la première ; slopestyle, half-pipe, ski cross et slalom géant parallèle pour la seconde), tandis que Nice se voyait confortée dans sa mission d’abriter les matchs de hockey-sur-glace, les épreuves de patinage artistique, les compétitions de short-track (patinage de vitesse sur piste courte), ainsi que le curling.
Aujourd’hui, les discussions se poursuivent entre l’ensemble des acteurs mobilisés, à savoir bien sûr les Fédérations Internationales des sports olympiques d’hiver, les territoires-hôtes, et le CIO.
Ainsi que l’a mentionné Edgar Grospiron :
Les 15% restants concernent le ski alpin, avec la répartition des épreuves de ski alpin entre Courchevel et Val d’Isère, également l’anneau de vitesse dont le site est actuellement en cours d’instruction entre l’Italie et les Pays-Bas, mais aussi les épreuves paralympiques que nous cherchons à réunir sur un seul site en Savoie. Cela est à l’étude. Et enfin les sports additionnels qui sont non pas une obligation mais une possibilité que nous avons d’ajouter quatre sports additionnels à notre programme, qui doivent correspondre à la vision qui est la nôtre et à un encadrement de notre budget.
Sur ces quatre grands sujets, nous avons effectivement pris du retard.

Concernant le premier point – et suite au feu vert récemment donné par les élus locaux à la participation de Val d’Isère au dispositif des Jeux – la répartition doit se jouer sur les épreuves techniques ou bien sur une répartition entre compétitions féminines d’un côté et masculines de l’autre.
Avant la réintégration de Val d’Isère, le projet prévoyait à ce sujet l’installation des épreuves alpines féminines à Méribel, et les épreuves masculines à Courchevel, cette dernière ayant aussi été proposée pour les compétitions de saut à ski et de combiné nordique.
Pour ce qui est du second point en suspens, l’idée d’un anneau de vitesse en dehors des frontières françaises avait émergé dès la phase de candidature, eu égard à la volonté des autorités de ne pas conduire un aménagement pérenne potentiellement coûteux sur le plan budgétaire et de l’héritage.
Aussi, les échanges de ces derniers mois – qui auraient dû aboutir à l’annonce d’un site lauréat à l’automne 2025 – ciblent l’Oval Lingotto de Turin (Italie), hôte des épreuves lors des JO 2006, et le Thialf à Heerenveen (Pays-Bas), dont la qualité technique est apprécié des compétiteurs.
Concernant la localisation des épreuves paralympiques – et c’est sans doute là l’un des principaux défis à relever – les organisateurs semblent désireux de suivre les recommandations formulées durant l’étape de la candidature par la Commission de Futur Hôte du CIO, et même d’aller plus loin.
De fait, dans son Rapport publié au mois de juin 2024, un mois avant la désignation officielle sous conditions des Alpes françaises 2030, ladite Commission avait plaidé pour un resserrement du concept dédié aux Jeux Paralympiques (1er au 10 mars 2030) et ce, afin de réduire les contraintes logistiques et de mutualiser les infrastructures.
Ainsi que l’avait notamment mentionné la Commission de Futur Hôte au sujet du Plan directeur des Jeux alors présenté :
L’équipe des Alpes françaises 2030 s’attelle actuellement à revoir le Plan directeur des Jeux Paralympiques dans l’optique de réduire éventuellement les zones au nombre de deux, voire à trois au maximum, afin d’offrir aux athlètes et aux spectateurs la meilleure expérience possible.
Cette réduction jouerait également favorablement sur le déroulement des opérations et le coût des Jeux.
Or, après avoir au départ envisagé une répartition entre Le Grand-Bornand, Méribel, Montgenèvre et Nice, et suivants les propos formulés cette semaine par le Président du COJO, les parties au projet entendent à présent réunir les compétitions paralympiques au sein d’un seul et même cluster localisé sur la Savoie.
Reste à savoir si ce resserrement drastique sera du goût des entités régionales, en particulier en Provence-Alpes-Côte-d’Azur où le maintien de l’équilibre territorial entre les Alpes du nord et les Alpes du sud constitue un point essentiel du projet qui a guidé l’avancement de celui-ci depuis la formalisation d’une candidature.
Pour ce qui est enfin des sports additionnels, les Alpes françaises 2030 laissent planer le doute quant au(x) choix qui sera ou seront opéré(s) pour proposer une ou plusieurs disciplines ou sports de qualité additionnelle au programme de l’édition 2030.
Les Alpes françaises 2030 pourraient de fait avancer un contenu dense, ou au contraire suivre l’exemple de Milan-Cortina 2026 qui n’avait fait le choix que du ski alpinisme pour lequel le succès a d’ailleurs été au rendez-vous dans les tribunes avec des épreuves « sold out ».

L’annonce d’une présentation de la carte des sites pour la fin juin 2026 survient un peu plus de trois mois après la décision du CIO de reporter l’officialisation du programme initial des sports.
De fait, alors que ledit programme aurait dû être arrêté lors de la réunion de la Commission Exécutive du CIO de décembre 2025, l’instance olympique avait acté un report de la décision pour juin 2026, soit en même temps que les décisions à prendre pour les épreuves et les quotas d’athlètes autorisés à prendre part aux Jeux de 2030.
La Commission Exécutive avait par ailleurs aussi revu le calendrier relatif aux sports additionnels, avec une proposition soumise à l’appréciation de la Session du CIO de juin 2026.
Les semaines à venir seront dès lors capitales pour les Alpes françaises 2030, avec une série de décisions d’importance majeure qui se profilent pour la fin du printemps.
Mais intrinsèquement lié aux discussions en cours, il ne faudra pas négliger le fait que la question budgétaire sera déterminante, les organisateurs étant soucieux de ne pas alourdir outre-mesure les prévisions actuelles et de ne pas, en plus, ajouter de la complexité organisationnelle au défi d’accueillir les Jeux d’hiver sur un périmètre territorial aussi vaste que celui unissant les deux Régions Hôtes.
De surcroît, il ne faudra pas non plus négliger le résultat des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 qui, dans le cas de Nice (Alpes-Maritimes) pourrait avoir une incidence sur la structuration même du projet, le candidat aujourd’hui grand favori des sondages, Eric Ciotti, ayant exprimé sa volonté de mettre en avant un projet alternatif concernant l’implantation des épreuves précitées, de même qu’en ce qui concerne l’implantation du Village des Athlètes près de l’Allianz Riviera.
Une perspective qui pourrait amener à de nouvelles discussions et, de facto, à de nouveaux retards quant à la détermination de la carte des sites.
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Merci Kevin, tout le monde a bien pris les futures élections en considération bien sûr. GD
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