Milan-Cortina 2026 : L’élégance italienne au service d’une Cérémonie d’ouverture épurée

Ce vendredi 06 février 2026, athlètes, spectateurs et officiels ont pris place au cœur du mythique Stade San Siro – mais aussi en trois autres lieux appelés à abriter des compétitions de Milan-Cortina 2026 – pour célébrer le retour des Jeux d’hiver en Italie, vingt ans tout juste après l’édition turinoise.

Les anneaux olympiques s’embrasent dans le Stade de San Siro pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina 2026 (Crédits – IOC)

En présentant le concept de la Cérémonie d’ouverture à l’automne 2025, les organisateurs des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 promettaient un grand spectacle, alliant célébration de la culture italienne et de l’innovation à plus d’un titre.

Sur ces deux points, le pari a été relevé.

D’entrée de jeu bien sûr, il convient d’écarter toute comparaison avec la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’été de Paris 2024, tant cette dernière a cassé les codes sur le plan de son déroulement et de sa scénographie en pleine ville et le long de la Seine et de quelques-uns des plus beaux monuments de la « Ville Lumière ».

Pour Milan-Cortina 2026 en effet, le cadre général est revenu à un schéma plus traditionnel, intégrant le Stade San Siro comme principal point d’appui du spectacle, tout en apportant une touche singulière – eu égard au concept même des JO 2026 à cheval sur trois Régions du Nord de l’Italie – avec la mobilisation exceptionnelle de trois autres sites, à Cortina d’Ampezzo, Livigno et Predazzo.

Ces derniers ont ainsi pu faire vivre le défilé des athlètes comme pour rappeler le fait que les JO 2026 constituent les premiers Jeux « disséminés » – le terme a été employé officiellement hier soir.

Tableau de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 (Crédits – IOC)

Aussi, lesdits athlètes avaient la possibilité de choisir leur lieu de passage en fonction des compétitions dans lesquelles ils doivent évoluer dans les jours suivants la Cérémonie d’ouverture.

Pour cette séquence périlleuse – jamais un Hôte des Jeux a démultiplié la Cérémonie de la sorte – les organisateurs ont fait le choix d’une symbolique autour des anneaux olympiques disposés au sein des sites précités et successivement traversés par les délégations, tel le franchissement de failles spatio-temporelles.

Séduisante, l’idée a en partie fonctionné à la télévision, même si la présence plus ou moins évidente de spectateurs auprès des athlètes a pu offrir un certain décalage entre les sites. Sur place, l’expérience a semble-t-il été différemment appréciée, notamment au sein du Stade San Siro où plusieurs délégations n’ont tout simplement pas défilé dans l’écrin milanais car présentes sur l’un des autres lieux de la Cérémonie.

Avec sa Cérémonie d’ouverture en pleine ville, Paris 2024 avait ouvert la voie, Milan-Cortina 2026 l’a confirmé lors de sa propre soirée : l’ouverture des Jeux s’installe davantage comme un spectacle télévisuel, avec des captations simultanées en divers endroits grâce à des moyens techniques sans précédent et que seul un tel événement peut aujourd’hui mobiliser.

(Crédits – CNOSF / KMSP)

D’ailleurs, la démultiplication de la Cérémonie milanaise a aussi été matérialisée par l’arrivée de la flamme, ou plutôt des flammes olympiques.

Là-encore, afin de rappeler la dualité des Jeux d’hiver de 2026 mobilisant plusieurs clusters sportifs – sept entre Milan, Bormio, Livigno, Anterselva, Predazzo, Tesero et Cortina d’Ampezzo – et deux villes-capitales, les organisateurs avaient précisé ces dernières semaines la mise en place de deux vasques dans deux villes pour la toute première fois de l’histoire des Jeux, hiver et été confondus.

Apparaissant d’abord dans l’enceinte de San Siro au rythme de l’interprétation magistrale du classique « Nessun Dorma » par Andrea Bocelli, le feu olympique a par la suite irrigué Milan et Cortina pour finalement embraser les vasques installées respectivement sous l’Arco della Pace à Milan et sur la Piazza Angelo Dibona à Cortina d’Ampezzo.

Un double embrasement possible grâce au concours de deux légendes du sport italien : A Milan avec l’icône Alberto Tomba, quintuple médaillé olympique, dont trois titres remportés en Slalom et en Slalom Géant à Calgary 1988 et en slalom géant à Albertville 1992, et Deborah Compagnoni, quadruple médaillée aux Jeux entre Albertville et Nagano 1998 et première championne dans son sport à avoir glané trois titres sur trois éditions des Jeux, avec le Super G à Albertville, le Géant à Lillehammer et à Nagano. A Cortina d’Ampezzo avec Sofia Goggia, Championne Olympique de Descente lors des Jeux de PyeongChang 2018.

A l’évidence, la prouesse technique réalisée tant par Milan-Cortina 2026 que par les équipes de l’Olympic Broadcasting Services (OBS) représente sans doute les contours d’un nouveau modèle du genre qui pourrait être dupliqué auprès de Futurs Hôtes en fonction du cadrage des prochaines Cérémonies.

Cela pourrait notamment être le cas avec les Alpes françaises 2030, d’autant plus si les organisateurs tricolores comptent mobiliser – au moins sur quelques séquences – les précédentes Villes Hôtes hexagonales des Jeux d’hiver (Chamonix, Grenoble et Albertville).

La vasque olympique sous l’Arco della Pace à Milan, Lombardie, Italie, vendredi 06 février 2026 (Crédits – IOC)

Pour Milan-Cortina 2026, plusieurs temps-forts sont venus ponctuer une Cérémonie placée sous le signe de l’Harmonie, soit le thème-phare du show diffusé en mondovision durant près de trois heures trente.

L’art et la culture ont ici été magnifiés en diverses occasions, et la mode italienne – savoir-faire reconnu dans le monde entier – a été célébrée avec grâce, notamment lors d’un hommage appuyé à Giorgio Armani disparu le 04 septembre 2025 et qui était l’un des ambassadeurs des JO 2026.

Pour l’arrivée du drapeau italien, un portrait en noir et blanc du célèbre styliste avait ainsi été projeté sur les écrans géants du stade milanais, tandis qu’un défilé orchestré sur la scène dans des tailleurs aux couleurs de l’Italie précédait l’entrée de la mannequin Vittoria Ceretti dans une robe immaculée signée de la maison de couture Armani.

Cette arrivée du drapeau tricolore n’était d’ailleurs pas sans rappeler celle opérée il y a vingt ans sur la scène du Stade Olympique de Turin, avec à l’époque la présence de Carla Bruni qui s’est fendue d’un post sur ses réseaux sociaux à l’issue de la Cérémonie d’ouverture milanaise.

Comme l’a notamment évoqué l’ancienne mannequin et chanteuse en publiant deux photos, pour sa présence à Turin dans une robe immaculée et tenant le drapeau, et pour la venue de Vittoria Ceretti à Milan :

Quel plaisir de regarder la Cérémonie d’ouverture de Milan-Cortina 2026 et de remonter le temps, il y a 20 ans lors de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Turin 2006.

Quelle émotion de voir la sublime Vittoria Ceretti habillée par Giorgio Armani portant le drapeau italien avec tant d’élégance et de grâce. […]

Quelle beauté cette Cérémonie d’ouverture qui est si élégante et si profondément italienne.

Comme je suis fière d’avoir participé il y a 20 ans et comme je suis émue de voir les nouvelles générations d’artistes et d’athlètes nous offrir leurs talents.

Mariah Carey lors de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 (Crédits – CNOSF / KMSP)

La mode italienne toujours, qui s’est aussi invitée dans la robe époustouflante, blanche et scintillante, du styliste Fausto Puglisi pour la maison Roberto Cavalli portée par Mariah Carey – dont la prestation ne restera sans doute pas dans les annales olympiques au regard des critiques ayant ciblé l’artiste américaine aux plus de 200 millions de disques vendus -, ou encore dans la robe noire de Versace portée par Charlize Theron présente sur scène pour célébrer la paix au travers de la lecture d’un texte de Nelson Mandela.

Au-delà, la présence d’artistes d’envergure comme Laura Pausini – dont l’interprétation réorchestrée de l’hymne italien a émerveillé spectateurs et téléspectateurs – ou Andrea Bocelli est venue rappeler l’importance de la musique italienne dans le monde.

Parmi les autres séquences artistiques mémorables, il faut aussi noter la présentation de l’hymne olympique par la mezzo-soprano de renommée mondiale, Cecilia Bartoli, accompagnée par le célèbre pianiste, Lang Lang, ce dernier officiant une nouvelle fois lors d’une Cérémonie d’ouverture des Jeux.

Au cours de la Cérémonie milanaise, des temps-forts ont par ailleurs rendus hommage aux Jeux Olympiques de Chamonix 1924 – les premiers reconnus comme tel par le Comité International Olympique (CIO) – et au mode de vie italien dans une séquence cocasse autour de la gestuelle prononcée des habitants de la péninsule.

Tableau de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 (Crédits – CNOSF / KMSP)

Autre moment singulier, l’arrivée du Président de la République italienne, Sergio Mattarella, à bord d’un tramway milanais conduit pour l’occasion par le pilote Valentino Rossi. Un Chef de l’État – figure respectée en Italie – qui a par la suite été chaleureusement accueilli et applaudi par le public présent à San Siro et ce, lors de chacune de ses apparitions sur les écrans du stade et encore pour la traditionnelle phrase prononcée pour acter l’ouverture officielle des Jeux.

Le cadre protocolaire a aussi été marqué par les interventions au milieu du Stade Olympique du Président du Comité d’Organisation des Jeux de 2026, Giovanni Malagò, et de la Présidente du CIO, Kirsty Coventry.

Ainsi que l’a notamment affirmé cette dernière :

L’esprit des Jeux Olympiques va bien au-delà du sport. Il s’agit de nous – et de ce qui fait de nous des êtres humains.  

En Afrique, d’où je suis originaire, nous avons un mot : ubuntu. Cela signifie : Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous. Nous pouvons seulement nous élever en portant les autres. Notre force vient de l’attention que nous portons les uns aux autres.  

Peu importe nos origines, nous reconnaissons tous cet esprit : il est présent dans chaque communauté. […]

Que ces Jeux soient donc une célébration de ce qui nous unit, de tout ce qui fait de nous des êtres humains. 

C’est là toute la magie des Jeux Olympiques : nous encourager toutes et tous à donner le meilleur de nous-mêmes – ensemble.  

Ce soir, nous sommes reconnaissants à nos aimables hôtes italiens, qui ont préparé cette spectaculaire scène olympique avec tant de passion et de soin.

Kirsty Coventry officiait d’ailleurs pour la toute première fois à ce poste, elle qui est devenue l’an passée la première femme et la première personnalité issue du continent africain à être élue à la tête de l’institution olympique.

Un moment forcément émouvant pour la double Championne Olympique de natation qui scrutera à n’en pas douter le déroulement de cette édition 2026 des Jeux, les premiers de sa mandature. Les premiers aussi qui seront analysés pour éventuellement adapter le modèle olympique, sachant que Kirsty Coventry a engagé – dès son installation dans le fauteuil du Baron Pierre de Coubertin – une réflexion sur la vision olympique sous l’intitulé « Fit for the Future », notamment en ce qui concerne le processus de sélection des Futurs Hôtes des Jeux.

Milan-Cortina 2026 constituera dès lors une base supplémentaire à la réflexion en cours.

En attendant, place aux Jeux qui retrouvent l’Italie qui, ces dernières années, s’était laissée prendre au rêve des cinq anneaux sans pour autant parvenir à convaincre en interne et auprès du CIO.

Kirsty Coventry, Présidente du Comité International Olympique, et Giovanni Malagò, Président du Comité d’Organisation des Jeux de Milan-Cortina 2026, lors de la Cérémonie d’ouverture, vendredi 06 février 2026 à Milan, Lombardie, Italie (Crédits – IOC / Quinton Meyer)


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