Suite à l’annulation par les autorités indonésiennes des visas d’entrée des gymnastes israéliens à l’approche des Mondiaux de gymnastique artistique, la Commission Exécutive du Comité International Olympique (CIO) a pris une série de mesures, décidant en particulier de suspendre toute forme de dialogue avec le Comité National Olympique Indonésien, rendant dès lors caduque la candidature aux JO 2036.

Le CIO avait récemment prévenu que la prochaine réunion de sa Commission Exécutive aurait notamment à discuter de la situation engendrée par le refus des autorités indonésiennes d’accorder des visas à la délégation israélienne engagée pour les Championnats du Monde de gymnastique artistique qui se déroulent cette année à Jakarta (19 au 25 octobre 2025).
Aussi, eu égard à la déclaration alors formulée par l’institution olympique, il apparaissait certain que la Commission Exécutive adopterait des mesures visant à sanctionner l’Indonésie et à prévenir d’éventuelles futures actions ailleurs dans le monde similaires à la décision prise par les autorités du pays.
Restait à savoir sur quel degré de mesures allait in fine s’engager ladite Commission.
En ce mercredi 22 octobre 2025, force est de constater que l’instance a fait le choix de la sévérité pour l’exemple.
Certes, aucune suspension du CNO n’a été actée, pas plus que des sanctions individuelles visant les autorités gouvernementales et sportives du pays.
Il n’empêche, la Commission Exécutive du CIO a décidé de frapper un grand coup en sortant du tiroir une arme redoutable dont elle dispose grâce à la Charte olympique.
L’instance annonce mettre fin à toute forme de dialogue avec le CNO d’Indonésie concernant l’organisation de futures éditions des Jeux Olympiques, des Jeux Olympiques de la Jeunesse, ainsi que d’autres événements ou manifestations olympiques et ce, tant que le gouvernement indonésien n’aura pas fourni au CIO des garanties suffisantes pour assurer la participation dans le pays de l’ensemble des compétiteurs, quelle que soit leur nationalité.
En d’autres termes, avec cette décision, le CIO écarte purement et simplement toute discussion autour de la candidature olympique et paralympique en développement pour les Jeux d’été de 2036.

L’institution de Lausanne (Suisse) inflige ici un véritable camouflet aux autorités indonésiennes, sachant que la candidature constitue un axe prioritaire depuis plusieurs années, le pays ayant un temps songé à l’édition de 2032 avant de réorienter son ambition sur l’échéance de 2036, consécutivement à la désignation de Brisbane et du Queensland (Australie).
Preuve de cet intérêt, l’Indonésie fut l’un des premiers pays à se positionner sur la future édition disponible, le Président de la République de l’époque, Joko Widodo, multipliant par la suite les initiatives pour formaliser un projet basé sur l’émergence de Nusantara comme nouvelle capitale, et échangeant régulièrement avec le pouvoir olympique alors incarné par Thomas Bach.
Déjà fragilisé ces dernières années, notamment suite à l’annulation des Jeux Mondiaux de Plage (World Beach Games), le rêve olympique et paralympique de l’Indonésie s’envole aujourd’hui avec une mise au ban qui pourrait bien avoir des conséquences durables pour le pays, d’autant plus si ce dernier poursuit à l’avenir ses actions politico-diplomatiques à l’égard de délégations sportives étrangères.
Au-delà de l’impact sur la candidature aux JO 2036, la décision olympique comporte d’autres mesures à l’encontre de l’Indonésie.
Ainsi, la Commission recommande à toutes les Fédérations Internationales de ne pas organiser de réunions, ni de manifestations sportives internationales en Indonésie, tant que le gouvernement indonésien ne leur aura pas fourni des garanties suffisantes pour assurer la présence in situ de tous les participants, quelle que soit leur nationalité.
De plus, l’instance olympique demande expressément au CNO d’Indonésie et à la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) de se rendre au siège du CIO pour discuter de la situation qui s’est produite avant l’ouverture des Championnats du Monde de gymnastique artistique organisés à Jakarta, présageant de possibles nouvelles mesures.

Mais en agissant de la sorte sur le cas indonésien, la Commission Exécutive du CIO entend surtout lancer un signal puissant et démontrer sa fermeté face à des décisions gouvernementales qui – au travers de restrictions d’accès imposées à des athlètes, mais encore de boycotts ou d’annulations d’épreuves pour cause de tensions politiques – nuisent à l’esprit sportif et aux idéaux olympiques.
A ce titre, l’instance a décidé par ailleurs d’adapter les principes de qualification pour les Jeux Olympiques en demandant aux Fédérations Internationales d’intégrer, dans leurs Contrats Hôtes, des garanties pour permettre d’assurer l’accès aux pays concernés pour tous les athlètes et ce, dans le cadre de toute compétition de qualification olympique organisée à travers le monde.
Une manière ici de retenir les leçons de l’impuissance de la FIG face à l’Indonésie, Fédération qui s’est de facto retrouvée face à une équation impossible, ne pouvant contraindre d’aucune façon le pays-hôte du rendez-vous mondial de gymnastique sur le point de s’ouvrir au moment où la décision gouvernementale fut prise et que les recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) furent déposés.
Comme l’a finalement résumé le CIO dans son communiqué du jour :
[La Commission Exécutive] a de nouveau mis en évidence la position de principe du CIO : tous les athlètes, équipes et officiels sportifs remplissant les critères d’admissibilité doivent pouvoir participer aux compétitions et manifestations sportives internationales, sans subir aucune forme de discrimination de la part du pays hôte, conformément à la Charte olympique et aux principes fondamentaux de non-discrimination, d’autonomie et de neutralité politique qui régissent le Mouvement olympique.
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