Madrid écarte une nouvelle candidature et repense son Parc Olympique

Candidate à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2012, 2016 et 2020, la capitale espagnole n’a jamais su convaincre les membres électeurs du Comité International Olympique (CIO).

Battue par Londres (2012), Rio de Janeiro (2016) puis Tokyo (2020), Madrid aurait pu retenter sa chance pour l’échéance 2024 mais depuis un an déjà, l’optique d’une nouvelle candidature s’est peu à peu éloignée.

Aujourd’hui, la ville de Madrid entérine ce changement de stratégie.

La municipalité, dirigée par Ana Botella, a ainsi adopté une modification du « Plan General de Ordenación Urbana » qui prévoit notamment l’aménagement d’un parc paysager, de logements et d’un grand centre commercial.

Parc Olympique de Madrid - projet 2014

De fait, en lieu et place du Parc Olympique qui devait comprendre – outre le Stade Olympique – un Centre Aquatique, un Vélodrome, une piste de BMX ou encore un Pavillon de gymnastique, les élus locaux ont décidé de promouvoir la construction de 12 000 logements.

Ces derniers seront érigés sur l’emplacement de ce qui devait être le Village des Athlètes (46 hectares consacrés aux immeubles et 18 hectares d’espaces verts). Un grand centre commercial devrait également voir le jour à proximité des futures habitations.

Actuellement en cours de rénovation et d’agrandissement, le Stade de La Peineta sera sans doute achevé dans le courant de l’année 2016 et ce, afin de permettre l’accueil des rencontres du club de football de l’Atlético Madrid.

Mais au-delà de ce projet sportif pérenne, les autres aménagements olympiques ne devraient pas sortir de terre.

Les investissements nécessaires auraient pu être conséquents si Madrid avait été désignée Ville Hôte : 652 millions d’euros pour le Village, 79 millions pour le Pavillon de gymnastique, 17 millions pour le Vélodrome et 8 millions pour la piste de BMX, sachant que ces deux dernières installations n’avaient qu’une vocation temporaire.

Près de 200 millions d’euros supplémentaires auraient par ailleurs été nécessaires pour aménager le parc urbain et équiper le site des divers moyens logistiques (réseaux divers…).

Centre Aquatique 5

Site emblématique du Parc Madrilène, le Centre Aquatique ne ressemblera finalement pas aux projections déployées successivement depuis la candidature de Madrid 2012.

Prévue pour recevoir les meilleurs nageurs de la planète devant plus de 18 000 spectateurs, cette infrastructure est aujourd’hui inachevée malgré la mobilisation de 90 millions d’euros, ce qui pose un réel problème logistique pour la ville de Madrid.

La capitale espagnole souhaite en effet en faire un centre sportif, à la condition d’une « participation d’investisseurs étrangers intéressés par le site ». Dans le cas inverse, cet édifice pourrait bien devenir une immense coquille vide, une sorte « d’éléphant blanc » olympique.

Afin de permettre la parfaite connexion du quartier et une accessibilité optimale des Madrilènes, les liaisons routières et les lignes de métro devraient connaître une extension, notamment en direction du futur Stade de l’Atlético Madrid. De nouvelles places de parkings devraient en outre être aménagées à proximité de l’enceinte sportive et du futur centre commercial.

En dépit de ce qui peut apparaître comme un échec total, les candidatures successives de Madrid ont permis d’aménager un site jusque-là délaissé par les pouvoirs publics mais ont aussi, plus largement, facilité la construction de nouvelles installations, à l’image de la « Caja Magica » qui accueille chaque année le Masters de Madrid.

Illustrations : Cartographie du futur quartier du Parc Olympique de Madrid (Crédits – El Pais) / Vue aérienne du Centre Aquatique et du Stade de La Peineta (Crédits – Madrid 2020)

14 pensées

  1. Le timing pour Madrid a toujours été mauvais.

    2012 était trop proche de Barcelone 1992 et la ville ne pouvait raisonnablement pas l’emporter face à Paris, Londres ou NYC, même si elle réussit à se classer 3e lors du vote.

    Après la victoire britannique pour 2012, penser que Madrid gagnerait 2016 était irréaliste alors que le Japon, le Brésil et les États-Unis frappaient à la porte. La ville réussit néanmoins un beau parcours, en terminant 2e.

    Enfin, la conjoncture économique de 2013 a définitivement tué Madrid 2020 avant même le vote du CIO. Ce fut même une claque monumentale pour le dossier madrilène et une humiliation complète pour la délégation, alors que la ville était éliminée au 1er tour (battue néanmoins par Istanbul en ballottage pour accéder au 2e tour).

    Sans Barcelone 1992, Madrid aurait sans doute finit par décrocher la timbale.

    J'aime

    1. Je suis tout à fait d’accord, leur timing était très mauvais surtout dans le sens que beaucoup de pays (et donc de villes européennes surtout) n’aurait pas forcement apprécier que l’Espagne obtienne les jeux d’été quelques années après Barcelone alors que des villes comme Paris, par exemple, depuis bientôt un siècle (c’est dire) bataille mais n’y arrive toujours pas.

      Surtout qu’en 1992, Barcelone avait battue…Paris pour les jeux de la XXV ème Olympiades en « cadeau » au président de l’époque, feu Juan Antanio Samaranch Sr natif de…Barcelone.

      Mais maintenant avec le projet que la mairie de Madrid, met en place, pourrions nous dire que le projet Olympique de cette ville soit définitivement terminer, même pour les années avenir, malgré qu’il y est je pense encore suffisamment d’espace et donc de terrains libres ?

      J'aime

      1. La ville de Madrid a sans doute encore son rêve olympique bien ancré. Néanmoins, pour 2024 ou 2028, il ne faudra pas compter sur la candidature de la capitale espagnole, d’autant plus si Barcelone tente le coup de poker d’obtenir les JO d’hiver 2026. Sur ce point, j’ai pu consacrer plusieurs articles sur la tentative avortée de candidature aux JO 2022.

        Madrid dispose d’ores et déjà d’installations de qualité (Caja Magica…). Son dossier de candidature faisait d’ailleurs état de l’existence d’environ 80% d’infrastructures nécessaires aux Jeux.
        Nul doute donc que la cité Madrilène saura trouver les bons arguments pour présenter une nouvelle candidature, mais sûrement pas dans un avenir proche…

        J'aime

      2. Il est certain qu’un dossier madrilène n’est plus d’actualité. Concernant une nouvelle candidature l’horizon se bouche car avec des pointures comme Istanbul, Paris, Rome, Berlin, voire la Russie dans quelques années, il y a peu de chance que le tour de l’Espagne revienne avant longtemps pour l’Europe. Sans même parler des pays émergents, de la Chine (Shanghai me semble être une prochaine destination) et des États-Unis. Après 3 échecs en ligne, dont le dernier est tout de même significatif, je comprends la réticence de Madrid à se relancer dans la bataille.

        J'aime

  2. La mairie de Madrid a encore écarté il y a quelques jours la possibilité d’une candidature pour les Jeux olympiques de 2032. La couleur de la mairie peut certes tout à fait changer d’ici-là mais je pense qu’une candidature de la capitale espagnole est très clairement à écarter pour les décennies à venir – en tout cas, une candidature couronnée de succès.
    Comme dit plus haut, la concurrence est de plus en plus rude mais, au-delà de cette concurrence, il est très clair que le CIO ne veut pas voir des jeux à Madrid – en tout cas pas avant les années 2050 ou 2060 au moins… C’est ainsi !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.