La sortie de crise n’est pas encore au rendez-vous, et ne le sera peut-être jamais vraiment au regard de la chaotique gouvernance actuellement en place, mais les représentants des Alpes françaises 2030 ont néanmoins tenté de faire bonne figure devant l’institution olympique dont les membres étaient réunis les 03 et 04 février 2026 à Milan (Italie) dans le cadre de la 145ème Session du Comité International Olympique (CIO).

Tandis qu’une nouvelle série de démissions est venue ébranler la gouvernance des Jeux des Alpes françaises 2030, le Comité d’Organisation de la future édition hivernale (COJO) s’est présenté cette semaine devant la 145ème Session du Comité International Olympique (CIO) avec l’envie de rassurer et la volonté d’avancer en direction d’objectifs structurants pour les prochains mois.
Aussi, à quatre ans presque jour pour jour de la Cérémonie d’ouverture dont le périmètre territorial demeure incertain, la délégation tricolore a distillé un message résolument optimiste à l’attention des membres du CIO, évoquant notamment l’engagement de toutes les parties concernées pour assurer l’élaboration d’une vision à long terme et in fine la livraison effective des Jeux.
Absente du rendez-vous olympique de ce 03 février 2026, la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, a en ce sens réaffirmé le soutien de l’État au travers d’un message en vidéo, sachant que le projet de loi olympique et paralympique a été adopté cette semaine par le Parlement à l’issue d’une longue période de discussions, marquée par des amendements dans les deux Chambres législatives pour finalement convenir d’un cadre commun via les travaux d’une Commission Mixte Paritaire réunie le 27 janvier dernier.

Pour sa part, le Président du COJO est intervenu à la tribune de la Session olympique pour se projeter en direction des chantiers du projet français, tout comme le Directeur Général de l’instance organisatrice, Cyril Linette, avec lequel les relations se sont tendues ces derniers mois.
Comme l’a notamment affirmé Edgar Grospiron :
Nos montagnes doivent se réinventer pour répondre aux défis d’aujourd’hui.
Accompagner, anticiper et répondre aux transitions, au changement climatique, à l’évolution du sport, mais aussi aux nouvelles aspirations des jeunes générations.
Un propos somme toute consensuel, digne de la présentation d’une candidature. Sauf que les Alpes françaises 2030 ne sont plus aujourd’hui au stade de la candidature, mais au contraire dans l’étape de la construction du projet à la suite de l’attribution des Jeux opérée en juillet 2024.
Conscients des attentes et du retard pris au cours des mois passés sur fond de crise ouverte, les intervenants tricolores ont dès lors voulu mettre en exergue deux prochaines échéances qui doivent contribuer à consolider le fragile cadre organisationnel des Jeux.
De fait, après la réception du drapeau olympique et du drapeau paralympique à l’issue des Jeux de Milan-Cortina 2026, et une présentation respective de ces derniers à Albertville pour le premier le 23 février 2026, et à Chamrousse pour le second le 16 mars, les Alpes françaises 2030 révéleront les emblèmes des Jeux dans le courant du mois d’avril 2026.
Devrait suivre, à l’été 2026, le dévoilement – enfin – du Plan directeur des sites, soit la carte des installations appelées à abriter les compétitions en 2030. Le programme sportif devrait également être présenté durant cette période.

Bien que la sortie des Jeux de Milan-Cortina 2026 conduira à une vigilance accrue de la part du CIO quant aux préparatifs des JO 2030, les futurs jalons annoncés – notamment concernant le positionnement des sites des Jeux – pourraient être impactés si d’aventure la crise actuelle au sein du COJO venait à se renforcer.
Mais à quatre ans de la livraison prévue des Jeux, une nouvelle faute de carre pourrait être particulièrement préjudiciable au projet alpin.
Cela serait d’autant plus néfaste en considérant que l’un des chantiers majeurs à conduire au cours des mois qui viennent reposera sur la quête de généreux sponsors qui, après la réussite des Jeux de Paris 2024, ne se sont pas encore manifestés pour appuyer la tenue de l’édition hivernale de 2030, préférant certainement attendre le retour – espéré – d’une forme de sérénité autour d’un projet dans lequel tant de choses restent à faire.
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