En cette fin d’année 2025, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) des Alpes françaises 2030 peaufine la structuration de sa gouvernance avec, outre la finalisation de son Comité de Direction, l’installation de la Commission des Athlètes qui accompagnera les préparatifs dans l’intérêt des futurs compétiteurs.

A quelques jours de la première visite sur le terrain de la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO), instaurée en septembre dernier sous la présidence de Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, les organisateurs des JO 2030 veillent à apporter de nouveaux éléments-clés quant à la gouvernance des Jeux à venir.
En parallèle d’un douzième recrutement pour assurer la finalisation du Comité de Direction, le COJO a en effet annoncé l’établissement de sa Commission des Athlètes et ce, après validation de la composition de l’instance lors du Bureau Exécutif dudit COJO dont la réunion s’est tenue ce lundi 24 novembre 2025.
Comme l’a précisé Edgar Grospiron, Président du COJO, qui fut Champion Olympique de bosses aux Jeux d’Albertville 1992 :
Ayant eu la chance de participer aux derniers Jeux Olympiques en France, à Albertville, en tant qu’athlète, je sais combien il est important de les engager au cœur du projet, et de mettre en place les outils pour qu’ils contribuent à leur succès, en mettant en place les conditions optimales pour que les athlètes nous offrent les plus belles performances et les célébrations les plus vibrantes. […]
Je remercie le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) et les Fédérations Olympiques et Paralympiques d’hiver pour le travail mené ensemble. Et je remercie les 22 athlètes composant notre Commission, tous ceux qui ont participé, en tant que candidat ou électeur, au processus de sélection, et l’ensemble des athlètes qui contribueront au succès des Jeux de 2030 !

L’installation de cette Commission paritaire composée donc de 22 athlètes constitue un jalon supplémentaire dans les préparatifs des Jeux des Alpes françaises 2030, sachant que le COJO se prépare déjà à prendre le relais de Milan-Cortina 2026 à l’issue du rendez-vous planétaire programmée en Italie du 06 au 22 février 2026 pour le volet olympique et du 06 au 15 mars 2026 pour la composante paralympique.
Dès les prochains jours, la Commission – qui élira ses deux co-Présidents (une femme et un homme) lors de sa première réunion – se mettra à l’ouvrage pour remplir sa mission consistant à recueillir et à transmettre au COJO les besoins, les attentes et autres priorités des athlètes.
Elle participera en ce sens à l’élaboration du projet sur les sujets liés à l’expérience des athlètes pour garantir à ces derniers des conditions optimales de performance pendant les Jeux.
La mise en place de la Commission des Athlètes intervient d’ailleurs à un moment charnière des préparatifs, moins de cinq ans avant la Cérémonie d’ouverture, et alors que des chantiers majeurs restent à définir, en particulier la sectorisation des sites sportifs et la validation complète des quatre Villages où logeront les athlètes au moment des Jeux.
L’instance aura également un rôle de maintien du lien entre les structures nationales et internationales, notamment avec la Commission des Athlètes du CIO et celle du Comité Paralympique International (IPC), mais sera aussi une composante de la promotion des Jeux d’hiver de 2030 auprès des athlètes, du public et des territoires par-delà les seuls secteurs appelés à accueillir les futures épreuves.
Pour permettre d’insuffler une dynamique et afin d’assurer une représentativité la plus large possible, l’établissement de la Commission s’est fondée sur un double système mêlant nominations et élections.
Concrètement, 10 des membres de l’instance ont été désignés par le COJO en plus des 4 athlètes membres de droit du fait de leurs fonctions de co-Présidents de la Commission des Athlètes du CNOSF et de la Commission des Athlètes du CPSF.
Surtout, suivant un processus ayant mobilisé la Fédération Française de Ski (FFS), la Fédération Française de Hockey-sur-glace (FFHG), la Fédération Française des Sports de Glace (FFSG) et enfin la Fédération Française Handisport, 8 des 22 athlètes membres de l’instance ont été élus par leurs pairs, à raison de 2 athlètes par Fédération précitée.
Avec ce schéma, les parties au projet se sont dès lors entendues sur les personnalités suivantes, à savoir :
- Sarah ABITBOL (patinage artistique), membre nommée – Médaillée de bronze aux Mondiaux de Nice 2000, double Vice-Championne d’Europe et cinq fois médaillée européenne en bronze ;
- Arthur BAUCHET (para-ski alpin), membre nommé – Champion Paralympique en descente, combiné, slalom et slalom géant aux Jeux de Pékin 2022, Vice-Champion Paralympique aux Jeux de PyeongChang 2018, et Champion du Monde à 12 reprises ;
- Anaïs BESCOND (biathlon), membre nommée – Championne Olympique de relais mixte, double médaillée de bronze en poursuite et relais féminin aux Jeux de PyeongChang 2018, Championne du Monde en relais, six fois médaillée en argent, médaillée de bronze, et auréolée de 46 podiums en Coupe du Monde ;
- Margot BOCH (bobsleigh), membre nommée – Vice-Championne d’Europe junior en 2019, Championne du Monde U23 en 2021 et Championne d’Europe junior en 2023 ;
- Marie BOCHET (para-ski alpin), membre de droit – Championne Paralympique en descente, Super G et Géant aux Jeux de Sotchi 2014 et de PyeongChang 2018, Championne Paralympique de Super combiné à Sotchi et en Slalom à PyeongChang, Vice-Championne Paralympique de Super G aux Jeux de Pékin 2022, titrée à 22 reprises en Championnats du Monde entre 2011 et 2022, avec aussi six autres médailles mondiales (cinq en argent et une en bronze) ;
- Axel CLERGET (judo), membre de droit – Champion Olympique par équipe mixte aux Jeux de Tokyo 2020, double médaillé mondial senior, sept fois médaillé mondial par équipe, et médaillé mondial junior ;
- Alexis CONTIN (patinage de vitesse), membre nommé – Vice-Champion du Monde et double médaillé de bronze (simple distance), quatrième sur 10 000 mètres aux Jeux de Vancouver 2010, et vainqueur de la Coupe du Monde de mass-start en 2011-2012 ;
- Benjamin DAVIET (para-ski nordique), membre élu – Champion Paralympique de sprint debout et de biathlon 12,5 km et Vice-Champion Paralympique au ski de fond 12,5 km et du relais 4×2,5 km aux Jeux de Pékin 2022, Champion Paralympique de biathlon sprint, biathlon 12,5 km et relais 4×2,5 km, et Vice-Champion Paralympique de biathlon 15 km et de ski de fond 20 km aux Jeux de PyeongChang 2018, médaillé de bronze du relais 4×2,5 km aux Jeux de Sotchi 2014, et titulaires de neuf titres mondiaux ;
- Damien FLEURY (hockey-sur-glace), membre élu – Titulaires en équipe de 4 Championnats de France, 4 Coupes de France et 2 Coupes de la Ligue, comptant par ailleurs 280 sélections en Équipe de France et 11 participations aux Championnats du Monde ;
- Romain HEINRICH (bobsleigh), membre élu – Olympien à trois reprises (Sotchi 2014, PyeongChang 2018 et Pékin 2022) et comptant 5 participations aux Championnats du Monde ;
- Cécile HERNANDEZ (para-snowboard), membre élue – Championne Paralympique de snowboardcross aux Jeux de Pékin 2022, Vice-Championne Paralympique en snowboardcross aux Jeux de Sotchi 2014 et en banked slalom aux Jeux de PyeongChang 2018, également médaillée de bonze en snowboardcross sur cette même édition ; cinq fois titrée en Championnats du Monde entre 2015 et 2025, avec aussi trois médailles d’argent et une médaille de bronze au niveau mondial ;
- Cristobal HUET (hockey-sur-glace), membre nommé – Olympien à deux reprises aux Jeux de Nagano 1998 et de Salt Lake City 2002, et comptabilisant 11 participations en Championnats, avec un titre de Champion de France en 1998 et un titre de Champion NHL en 2010 ;
- Tifany HUOT-MARCHAND (patinage de vitesse sur piste courte), membre élue – Olympienne à deux reprises aux Jeux de PyeongChang 2018 et de Pékin 2022, et médaillée mondiale d’argent en relais ;
- Sandra LAOURA (ski acrobatique), membre nommée – Médaillée de bronze en bosses aux Jeux Olympiques de Turin 2006 ;
- Marie MARTINOD (ski acrobatique), membre de droit – Médaillée d’argent aux Jeux de Sotchi 2014 et de PyeongChang 2018, Vice-Championne du Monde en 2017 et deux fois médaillée de bronze aux X Games ;
- Maxime MONTAGGIONI (para-snowboard), membre nommé – Champion Paralympique en banked slalom SB-UL aux Jeux de Pékin 2022 ; six fois Champion du Monde ;
- Carole MONTILLET (ski alpin), membre nommée – Championne Olympique de descente aux Jeux de Salt Lake City 2002, médaillée de bronze par équipes aux Mondiaux 2005, et comptabilisant 8 victoires en Coupe du Monde, un Globe de cristal de Super G en 2003, et 25 podiums en Coupe du Monde ;
- Victor MUFFAT-JEANDET (ski alpin), membre élu – Médaillée de bronze du combiné aux Jeux de PyeongChang 2018, et comptant une victoire et 11 podiums en Coupe du Monde ;
- Clara ROZIER (hockey-sur-glace), membre élue – Trois titres de Championne du Monde (U18 et seniors) ;
- Pierre VAULTIER (snowboard), membre nommé – Champion Olympique en snowboardcross aux Jeux de Sotchi 2014 et de PyeongChang 2018 ; Champion du Monde en 2017 ;
- Thomas WALGRAEF (boccia), membre de droit – Champion d’Europe 2019 en paire mixte (BC3), médaillé d’or en paire mixte (BC3) à l’Olbia Open Européen 2018, médaillé d’argent en individuel (BC3) à l’Olbia Open Européen 2019, et médaillé d’argent en paire mixte (BC3) au Montréal Open Mondial 2016 ;
- Tessa WORLEY (ski alpin), membre élue – Olympienne aux Jeux de PyeongChang 2018, double Championne du Monde en géant en 2013 et en 2017, médaillée de bronze en géant aux Mondiaux 2011, et Championne du Monde par équipe en 2011 et en 2017.

Il est toutefois à souligner une absence de marque, en la personne de Martin Fourcade.
Malgré son statut d’athlète français le plus titré aux Jeux Olympiques – éditions d’hiver et d’été confondues – et l’un des plus beaux palmarès sportifs de l’histoire, avec sept médailles dont six titres glanés entre les Jeux de Vancouver 2010 et PyeongChang 2018, avec en outre la bagatelle de 28 médailles mondiales, dont 13 en or, sans compter par ailleurs 7 Gros Globes de cristal et 26 petits Globes, et le nombre ahurissant de 186 podiums, l’ancien biathlète considéré comme l’un des meilleurs de son sport au niveau planétaire, ne figure pas sur la liste dévoilée cette semaine.
Il faut dire que l’histoire a été quelque peu mouvementée entre Martin Fourcade et les Alpes françaises 2030, le sportif tricolore ayant choisi depuis de prendre de la distance.
Après le lancement de la candidature alors incarnée par les deux Présidents de Régions alors en poste – Laurent Wauquiez pour Auvergne-Rhône-Alpes et Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte-d’Azur – la quête d’un leader sportif appelé à Présider le futur COJO semblait être une formalité, tant Martin Fourcade a marqué de son empreinte le sport tricolore et plus spécifiquement les sports et Jeux d’hiver.
De surcroît, celui qui officiait comme Président de la Commission des Athlètes de Paris 2024 avait la bénédiction du CIO, dont il est membre depuis son élection par ses pairs opérée lors des Jeux de Pékin 2022.
La nomination de Martin Fourcade à la tête du COJO apparaissait dès lors comme une issue logique et comme une marque de sérieux pour un projet dont la candidature a pu soulever un certain nombre d’interrogations, eu égard notamment à la rapidité avec laquelle elle a été ficelée alors que, dans le même temps, des prétendantes comme Salt Lake City (Utah, États-Unis) se présentaient devant l’institution olympique fortes de plusieurs années de réflexion et de la planification.
Or, la pression de la sphère régionale à la manœuvre sur le projet et les doutes qu’il a lui-même pu partager quant à la vision – ou plutôt l’absence de vision – des Alpes françaises 2030 ont fini par provoquer un séisme au tout début du mois de février dernier avec le renoncement de celui qui s’était pourtant positionné pour relever le défi de la présidence du COJO en octobre 2024.

Au moment de son retrait – conscient que sa voix ne suffirait pas à faire infléchir des décideurs politiques davantage soucieux de s’assurer une répartition homogène des compétitions en fonction de l’intérêt de tel ou tel territoire – Martin Fourcade avait pris soin d’exposer les raisons de sa décision, donnant à voir en filigrane les challenges du projet des Alpes françaises 2030.
Comme il l’avait ainsi affirmé l’ancien biathlète quelques heures avant d’être pris à partie avec virulence par Renaud Muselier :
Je me suis engagé dans le projet des Alpes 2030 persuadé que la France était le pays le mieux armé pour relever l’immense défi lancé aux sports d’hiver, et plus largement à nos territoires de montagnes. Car les Jeux sont bien plus qu’une compétition sportive, ils ont le pouvoir de rassembler pour transformer.
J’ai construit cette conviction lors des trois éditions auxquelles j’ai participé.
Je l’ai renforcée, chaque jour depuis 2018, aux côtés de Tony Estanguet et des équipes de Paris 2024 ainsi qu’au sein de la Commission des Athlètes du CIO.
C’est fort de cette volonté, avec le soutien indéfectible des athlètes, des Mouvements olympique et paralympique et de l’État, que j’échange depuis plus de sept mois sur la présidence du Comité d’Organisation des Alpes 2030. Le défi d’une vie, au service d’un projet hors norme, qui justifie bien des concessions sur le plan personnel comme professionnel.
Et de poursuivre en ces termes :
Cependant, aujourd’hui, les désaccords restent trop nombreux pour pouvoir envisager sereinement cette mission.
Le mode de gouvernance, la vision, l’ancrage territorial : nous n’avons pas réussi à nous retrouver sur ces sujets fondateurs. Mon ambition pour ces Jeux est claire : ils doivent être en phase avec leur époque, pleinement conscients des enjeux écologiques et ancrés dans la réalité économique de notre pays.
Aussi, organiser ces Jeux depuis un territoire de montagne est à mes yeux essentiel.
Permettre à chaque acteur de comprendre les spécificités de la montagne d’aujourd’hui me paraît indispensable pour appréhender pleinement les défis propres aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver. Cette vision n’est pas partagée par tous les acteurs de ce dossier, et je le regrette. Je ne peux me résoudre à sacrifier mes convictions.
Dans ces conditions, j’ai pris la difficile de me retirer des discussions autour de la présidence des Jeux d’hiver de 2030.
Aujourd’hui, et bien que Martin Fourcade ait fait le choix de ne pas s’impliquer dans le COJO, il est tout de même à espérer que le COJO saura trouver les mots – avec au préalable l’envie – pour réparer la relation et travailler in fine d’une façon ou d’une autre avec l’icône du biathlon.
Se priver du talent et de l’expertise – sportive et institutionnelle compte tenu de ses fonctions passées et actuelles jusqu’au sein du CIO – serait une grave erreur pour les Alpes françaises 2030, d’autant plus en sachant que le COJO va devoir se retrousser les manches pour donner un coup de fouet aux préparatifs et ce, à moins de cinq années de la Cérémonie d’ouverture des JO 2030.
Quoiqu’il en soit, Martin Fourcade devrait à n’en pas douter porter un œil attentif sur lesdits préparatifs, au moins en sa qualité de membre de l’institution olympique et de la Commission des Athlètes de cette dernière.
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