Moins de six mois après la désignation des Alpes françaises comme Hôtes des Jeux d’hiver de 2030, la structuration de la gouvernance se précise lentement mais sûrement avec, pour la future Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO), la confirmation d’une implantation à Marseille (Bouches-du-Rhône) et la recherche actuelle d’un Directeur Général.

La deuxième réunion au sommet organisée autour du Premier Ministre, Michel Barnier, à l’Hôtel de Matignon, jeudi 28 novembre 2024, n’aura pas permis de déterminer l’identité du futur Président du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030.
Si Martin Fourcade – auréolé de son immense palmarès et de sa position de membre du Comité International Olympique (CIO) – fait figure de favori, des questions restent en effet en suspens, en particulier en ce qui concerne de possibles conflits d’intérêts eu égard à certains sponsors de l’ex-biathlète.
En revanche, la réunion a consacré l’emplacement du siège dudit Comité d’Organisation (COJO), mais également celui de la SOLIDEO, soit l’entité chargée de superviser les divers chantiers liés à la tenue des Jeux et ce, sur le modèle de l’instance établie dans l’optique de Paris 2024.
Ainsi, en lieu et place de l’hypothèse du Bourget-du-Lac (Savoie), les décideurs institutionnels – mêlant acteurs politiques et sportifs – ont choisi de sanctuariser le périmètre de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône) pour installer le COJO, ce périmètre stratégique offrant une parfaite desserte alors que le COJO sera la pièce centrale des préparatifs d’organisation des Jeux.
Concernant la SOLIDEO, le quartier-général de l’instance – qui pourrait compter dans ses rangs jusqu’à 70 salariés à horizon 2027 avec des recrutements supplémentaires possibles jusqu’en 2030 – sera quant à lui délimité du côté de Marseille, comme le souhaitait ardemment le Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud Muselier.
Ce dernier occupera d’ailleurs les fonctions de Président de la SOLIDEO « version 2030 », en alternance avec son homologue de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke.
Cette présidence tournante illustre si besoin le souci constant des organisateurs des JO 2030 de respecter les engagements pris dès la phase de candidature d’une juste répartition des postes et des responsabilités entre les deux Régions qui accueilleront les compétitions olympiques et paralympiques en 2030.

La SOLIDEO devrait en tout cas entamer ses travaux très rapidement, l’installation effective de l’instance étant programmée pour le 1er janvier 2025.
A ce sujet, un avis de recrutement a été publié dans les colonnes du Journal Officiel de la République Française en date du 30 novembre dernier, visant spécifiquement le poste de Directeur Général de la SOLIDEO 2030, soit la personne qui épaulera les Présidents de Régions dans le cadre des futurs chantiers à conduire.
Pour ledit poste, une date de prise de fonction est souhaitée au cours du premier trimestre 2025, avec un engagement d’une durée de six années comportant une possible prorogation jusqu’à la dissolution de la SOLIDEO après la tenue des Jeux d’hiver qui auront lieu du 1er au 17 février 2030 dans leur configuration olympique et du 1er au 10 mars 2030 dans leur dimension paralympique.
L’avis de recrutement fait en outre mention des contours de la mission de la SOLIDEO 2030.
Comme il est ainsi exposé :
A l’instar de la SOLIDEO, la SOLIDEO 2030 aura pour principales missions de :
a) Coordonner, notamment en organisant leurs interventions, les maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués responsables des ouvrages et des opérations d’aménagement nécessaires à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030, en veillant au respect du calendrier de livraison de ces ouvrages et aménagements dans les délais fixés par le Comité international olympique. La SOLIDEO 2030 pourra se substituer au maître d’ouvrage, en cas de défaillance grave de celui-ci ;
b) Assurer la maîtrise d’ouvrage ou la maîtrise d’ouvrage déléguée de certains des ouvrages ou de certaines opérations d’aménagement. Pour la réalisation de cette mission, la société exercera les compétences reconnues aux établissements publics d’aménagement d’État ;
c) Participer au financement de tout ou partie des coûts des ouvrages et des opérations d’aménagement olympiques.
Bien sûr, les discussions en cours entre les autorités et les organisateurs des Jeux devront permettre prochainement de délimiter l’ensemble des investissements à mettre en œuvre dans la perspective des JO 2030, avec évidemment des précisions quant aux coûts des futurs travaux.
En ce qui concerne le profil du futur Directeur Général, l’avis de recrutement précise que ce dernier devra présenter un profil d’aménageur opérationnel et/ou de constructeur d’équipements publics.
De surcroît, il devra avoir une expérience au sein d’une administration de l’État ou d’une Collectivité Territoriale, ou bien dans une direction d’un Établissement Public.
A l’heure où la problématique du changement climatique et ses conséquences sur les activités de pleine montagne occupe une place prépondérante pour les organisateurs des Jeux d’hiver, le profil recherché devra également répondre – dans l’idéal – à une certaine expérience en matière de développement durable et d’environnement.
Ces divers critères seront considérés à l’aune des candidatures déposées, sachant que le Directeur Général aura un rôle central dans les préparatifs d’organisation des Jeux et comme interlocuteur privilégié des multiples échelons institutionnels associés à la tenue de l’événement.
Il devra en ce sens être en mesure de surmonter les défis imposés par une telle entreprise qui, bien qu’ayant été engagée cet été avec Paris 2024, ne s’est plus présentée dans sa version hivernale dans l’Hexagone depuis l’édition des Jeux d’Albertville 1992 avec toutes les spécificités d’un rendez-vous quadriennal bien distinct des Jeux de l’Olympiade.
Surtout – et en considérant la forte empreinte politique entourant le projet des Alpes françaises 2030 depuis les prémices de celui-ci – le Directeur Général de la SOLIDEO 2030 devra être en capacité de dialoguer, de négocier, de satisfaire aux exigences, mais aussi dans le même temps de maintenir un cap et une ligne de conduite face aux pressions qui se feront sans nul doute jour de part et d’autre en fonction des intérêts territoriaux.
Dans une approche souple, l’avis de recrutement évoque d’ailleurs sur ce point :
La gouvernance de la SOLIDEO 2030 sera largement partenariale et associera étroitement l’ensemble des partenaires publics du projet (État, Collectivités locales, en particulier Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Région Auvergne-Rhône-Alpes) ainsi que les structures et organismes du monde olympique.
Le Directeur Général devra veiller dans son activité quotidienne à associer l’ensemble des parties prenantes de manière à favoriser le consensus et à faire partager collectivement l’objectif de livraison des ouvrages olympiques dans les délais et le respect des engagements pris auprès du CIO.
Il devra veiller à la qualité et la fréquence des informations fournies aux partenaires et de préparation des dossiers qui seront débattus en conseil d’administration. Il mettra en place pour cela une comitologie destinée à faciliter la prise de décision et objectiver les débats.
Il s’impliquera personnellement dans les relations avec les élus concernés par les Jeux, sous l’autorité du délégué interministériel aux jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP) et en lien avec les Préfets de Région et de Département concernés.
Il accompagnera les actions d’association et de participation du public portées par le COJO et les Collectivités Territoriales, sans se substituer à ces derniers. Il s’agira, en particulier, des actions qui favoriseront l’appropriation par les habitants de l’héritage olympique et paralympique.
Tout un programme pour un dirigeant dont la rémunération comportera une part fixe – avec une classification correspondant à une part fonctionnelle comprise entre 139 000 et 151 000 euros bruts – et une part variable calculée à l’aune des résultats et des objectifs discutés, en tenant compte d’un plafond maximal ne dépassant pas 25% de la part fonctionnelle précitée.

Désormais, les prétendants intéressés par ce poste stratégique ont jusqu’à la fin du mois de décembre 2024 pour présenter leur candidature qui devra disposer d’une lettre de motivation et d’un curriculum vitae, le tout étant notamment destiné aux Ministres chargés de l’Urbanisme, du Logement, de la Transition écologique, des Sports, du Budget.
L’étape des candidatures – qui seront communiquées aux services des deux Régions – sera par la suite complétée par une phase de présélection sur dossier à l’initiative de la Délégation Interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP), avec le concours de la Direction des Sports, de la Direction du Budget, de la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP), avec également l’appui de la Direction Générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature.
Les personnes qui auront dès lors été présélectionnées seront auditionnées par un jury présidé par le Délégué Interministériel aux Jeux, avec la participation de représentants des Ministres compétents, des Préfets des Régions et de représentants des deux entités régionales associées au projet olympique et paralympique.
Enfin, une fois le choix du futur Directeur Général de la SOLIDEO 2030 arrêté, la nomination de ce dernier prendra la forme d’un décret du Président de la République.
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