Milan-Cortina 2026 : Le CIO satisfait des progrès réalisés jusqu’à présent

Dix mois après l’installation de la Commission de Coordination chargée de superviser les préparatifs des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, la première réunion avec les organisateurs italiens s’est déroulée ce mardi 29 septembre par visioconférence, contexte sanitaire oblige.

(Crédits – CONI)

Ce mardi 29 septembre, le Comité International Olympique (CIO) – via sa Commission de Coordination – et le Comité d’Organisation des JO 2026, ont fait un point d’étape dans le cadre de la préparation de l’événement hivernale dans moins de six ans.

La Commission, présidée par Sari Essayah, a profité de cette entrevue organisée à distance, pour souligner les avancées du projet transalpin et ce, malgré les incidences de la crise du Covid-19, qui a particulièrement touchée l’Italie au cours du printemps.

La Commission a ainsi salué l’adoption, en mai dernier, de la Loi Olympique par le Parlement italien, texte qui permet d’ores et déjà de mettre sur orbite les différentes structures chargées de veiller au bon déroulement des préparatifs, mais aussi à l’héritage que laisseront les Jeux de 2026 pour la Lombardie, la Vénétie, le Trentin-Haut-Adige et, plus globalement, l’ensemble du pays, vingt ans après la tenue des Jeux d’hiver de Turin 2006.

Au préalable de cette adoption parlementaire, le Comité d’Organisation des Jeux s’était structuré dès la fin de l’année 2019, ne perdant ainsi pas de temps pour enclencher les discussions avec les autorités locales et nationales, notamment en ce qui concerne le financement des infrastructures dans le domaine hautement stratégique des transports.

De fait, les pouvoirs publics participeront à une enveloppe d’un milliard d’euros pour améliorer et moderniser les réseaux existants, tout en engageant des aménagements nouveaux qui profiteront aux spectateurs des Jeux et, in fine, aux habitants et aux touristes des régions concernées par l’organisation de la manifestation olympique et paralympique. Dans le détail, la Lombardie se verra attribuer un package de 473 millions d’euros, tandis que la Vénétie disposera de 325 millions d’euros et que le Trentin-Haut-Adige bénéficiera de travaux avec une contribution d’au moins 100 millions d’euros.

Outre ces progrès importants réalisés au cours de l’année écoulée, les organisateurs des Jeux ont également pu débuter un processus de visites et d’examen des sites proposés pour accueillir l’événement planétaire et ce, afin d’en affiner progressivement le concept et de tâcher de gommer les carences soulevées par la Commission d’Évaluation du CIO au printemps 2019, notamment en ce qui concerne les aspects relatifs à la durabilité et à l’héritage du Centre de glisse et de l’Anneau de vitesse.

Aussi, l’établissement du Plan directeur des sites constituera un sujet majeur à débattre dans les mois à venir, tout comme l’évolution du projet de construction du Village principal destiné aux compétiteurs et qui doit prendre place sur une ancienne gare ferroviaire à Milan. Si le projet avance à bon rythme, les mois qui viennent permettront de préciser les objectifs concernant l’accueil des athlètes et surtout la reconversion du site après les Jeux.

Au-delà des questions liées aux sites, la Commission de Coordination a aussi pu prendre connaissance du modèle de dotation en personnel de Milan-Cortina 2026.

A ce jour, plus de 50 salariés travaillent au service du Comité d’Organisation, un chiffre qui va peu à peu croître pour finalement s’établir à environ 600 membres à l’horizon 2026, soit au moment des ultimes préparatifs et surtout du déroulement des compétitions. Au fur et à mesure des recrutement, les employés du Comité se répartiront comme de coutume autour de pôles thématiques au regard de leurs compétences respectives, avec tout de même un accent particulier sur la gouvernance, la livraison des Jeux, le numérique, sans oublier le secteur-clé des revenus.

La délégation italienne à l’annonce de l’attribution des Jeux d’hiver de 2026 à Milan-Cortina 2026, le 24 juin 2019 (Crédits – CIO / Greg Martin)

Avec cette première réunion de la Commission de Coordination des JO 2026, Milan-Cortina 2026 a atteint un palier essentiel.

Comme l’a d’ailleurs exposé Sari Essayah à l’issue de la réunion de ce mardi :

Milan-Cortina 2026 a fait d’énormes progrès malgré les enjeux soulevés par la pandémie de Covid-19.

L’intégration des réformes de l’Agenda olympique 2020 et de la Nouvelle Norme dans le projet olympique, en particulier s’agissant de l’utilisation des sites existants, laissera un héritage durable au sport international et aux collectivités locales en Italie.

Nous ne sommes qu’au début de notre voyage et alors que de nombreuses décisions clés doivent encore être prises, j’espère que ces Jeux seront présentés comme un exemple pour les futures éditions olympiques d’hiver.

Il n’empêche, bien que Milan-Cortina 2026 soit aujourd’hui engagé sur de bons rails, des tensions sont à relever entre les autorités italiennes et le CIO.

Ce dernier, attentif à l’évolution des discussions parlementaires portant sur un projet de loi relatif à la gouvernance du sport et, en filigrane, aux prérogatives du Comité National Olympique Italien (CONI), a ainsi lancé un avertissement à l’attention du Gouvernement de Giuseppe Conte.

Présent récemment en Italie à l’occasion des Championnats du Monde de cyclisme sur route, le Président de l’institution olympique a notamment exposé :

Nous sommes très préoccupés par la situation et par le fonctionnement du CONI. Cette inquiétude grandit. Nous avons écrit une lettre au Ministre des Sports, Vincenzo Spadafora, pour souligner la grave préoccupation qui est la nôtre car nous constatons qu’avec une telle loi, le CONI ne serait pas conforme à la Charte Olympique.

Je comprends que le CONI recherche une autre solution afin de pouvoir répondre aux exigences pour se conformer à la Charte Olympique et satisfaire pleinement l’accord signé sur la Charte Olympique.

Nous espérons qu’une solution sera trouvée très bientôt, car Tokyo n’attend pas et Milan-Cortina n’attend pas.

Thomas Bach, Président du CIO, lors de la réunion de la Commission Exécutive le 22 juillet 2020 (Crédits – CIO / Greg Martin)

Pour le CIO, la menace vient de l’instauration éventuelle d’un organisme qui pourrait se voir attribuer des compétences aujourd’hui dévolues au CONI qui, de son côté, serait cantonné à un rôle de préparateur des Jeux. Avec ce projet de loi, le Gouvernement pourrait par ailleurs s’intéresser au fonctionnement du CONI, en particulier en ce qui concerne l’exercice des fonctions et des mandats de l’institution du Foro Italico.

Or, comme le précise la Charte Olympique au travers de la Règle 27, paragraphe 6 :

Les CNO doivent préserver leur autonomie et résister à toutes les pressions, y compris, mais sans s’y restreindre, les pressions politiques, juridiques, religieuses ou économiques qui pourraient les empêcher de se conformer à la Charte Olympique.

Ce paragraphe est à mettre en parallèle avec le paragraphe 9 issu de la même Règle 27 et qui expose :

En dehors des mesures et sanctions prévues en cas de transgression de la Charte Olympique, la Commission Exécutive du CIO peut prendre toutes décisions appropriées pour la protection du Mouvement Olympique dans le pays d’un CNO, notamment la suspension ou le retrait de la reconnaissance d’un tel CNO, si la constitution, la législation, ou d’autres réglementations en vigueur dans ce pays, ou tout acte d’un organisme gouvernemental ou de toute autre entité, ont pour effet d’entraver l’activité du CNO ou la formation ou l’expression de sa volonté. Avant de prendre une telle décision, la Commission Exécutive du CIO offrira au CNO concerné la possibilité d’être entendu.

De fait, si les tensions venaient à persister entre les autorités gouvernementales transalpines et le CIO, et si le Parlement venait à adopter le projet de loi tel que présenté à ce jour, l’institution de Lausanne (Suisse) pourrait décider de la suspension du CONI, ce qui pourrait avoir de graves répercussions en vue des Jeux de Tokyo 2020, reportés à l’année prochaine, mais surtout, en vue des Jeux de Milan-Cortina 2026.

Sur ces deux points, et comme le mentionne là-encore la Charte Olympique, les sanctions sont sans équivoque en cas de non-respect des règles fixées par ladite Charte.

Ainsi, comme précisé à la Règle 59 paragraphe 1, alinéa 1.4 :

Les mesures ou les sanctions qui peuvent être prises par la Session, la Commission Exécutive ou la Commission Disciplinaire […] sont : à l’égard des CNO : a) la suspension ; en pareille hypothèse, la Commission Exécutive détermine dans chaque cas les conséquences pour le CNO concerné et ses athlètes ; b) le retrait de la reconnaissance provisoire (Commission Exécutive du CIO) ; c) le retrait de la reconnaissance définitive (Session) ; dans pareil cas, le CNO perd tous les droits qui lui sont accordés conformément à la Charte Olympique ; d) le retrait du droit d’organiser une Session ou un Congrès olympique (Session).

La Règle 59 paragraphe 1, alinéa 6 va même plus loin en évoquant purement et simplement le possible retrait du droit d’organiser les Jeux.

Cette « arme atomique » qui, dans l’histoire du Mouvement Olympique, n’a jamais été enclenchée, serait à l’initiative de la Session du CIO, autrement dit, la réunion de l’ensemble de la centaine de membres votants de l’institution.

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